Ce fil, mon ami.

À l’ère numérique où nous sommes, plus de fil qui nous relie à quelque
chose. Ou du moins, on est poussés à consommer du sans-fil.Water, stone and Citrouille

Quand je prends les transports en commun, je vois très souvent un fil sortir des manteaux, ne serait ce que pour avoir des écouteurs pour
écouter de la musique, téléphoner, ou je ne sais quelle activité.

Moi, étant sourde je n’aurai jamais ce fil qui sort du manteau puisque c’est un outil qui ne me sert pas pour l’audition.

Durant mon adolescence, j’ai tenté m’intéresser à la musique, avoir mon walkman, mon casque que je plaçais de telle manière sur mes appareils que je pouvais percevoir la musique, ou ce qu’il m’était
possible d’entendre. Ce que j’ai laissé tomber au fil du temps.

Aujourd’hui, j’ai moi aussi ce fil qui pend de mon manteau, il est
parfois, rêche, fragile, souple, doux, poilu, coloré le plus souvent
et non pas noir ou blanc comme on peut le voir si souvent dans les
transports en commun parisiens.

C’est mon tricot qui est souvent dans ma poche, ce fil qui me permet
parfois d’avoir un sourire dans les transports, un regard attendri
d’une grand-mère, le regard rebelle intrigué d’une adolescente, le
regard ébahi d’un enfant qui ne connaît pas cette chose, qui est douce
au regard, qui ne fait pas de bruit, de la matière qui sort de ces
aiguilles…

Ce fil qui me permet aussi de tenir face aux moments difficiles que je
peux traverser.

Ce fil qui me procure de la joie quand j’ai fini un tricot après de
longues heures, jours, mois. La satisfaction de faire quelque chose
d’utile de ses mains, de matérialiste, dans cet univers professionnel
qu’est le web, où les pixels ne sont pas figés.

Ce fil qui m’a permis de rencontrer des personnes, qui sont devenues
des amies avec le temps passé.
Ces amies à qui je peux, sans crainte, demander de répéter, où je peux
être moi tout simplement…
C’est juste formidable, jamais j’aurais imaginé pouvoir le faire un jour.

Ce fil avec qui j’ai noué des rencontres qui sont sur d’autres continents, ces personnes que je n’ai jamais rencontrées mais que j’apprécie beaucoup.

Ce fil, m’a montré aussi que je pouvais braver ma timidité, avoir
confiance en moi. Au point d’aller tricoter dans une « vitrine » et
alpaguer les passants à travers la vitre pour en rigoler ensuite de bon cœur.
Jamais j’aurais imaginé que je le ferais.
Ce fil, j’espère qu’il me suivra toute ma vie. C’est la vie tout simplement.

19 pensées sur “Ce fil, mon ami.”

  1. Je comprends bien ce que tu dis là. Pour moi aussi, un brin de fil de laine fait toute la différence. Il me permet de rester debout malgré toutes les difficultés que j’ai pu rencontrer ces derniers temps.
    Bonne continuation…

  2. Que d’émotions! Un très beau billet :-)! Merci!
    Et un grand merci pour tous les moments qu’on passe ensemble. J’espère qu’ils seront de plus en plus nombreux. Pleins de bisous, de grimasses et de fou rire en perspective!

  3. Merci pour ce bel article! Très touchant.
    Je suis heureuse que tu puisses passer une journée entière avec nous et être toi même 😉
    Des bisous!

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