Je suis Charlie

A midi, un collègue m’apprend la terrible nouvelle. Sur le coup, je ne réalise pas trop.
Je regarde sur internet, et là… plus de mots. Je réalise que c’est bel et bien arrivé.

L’après-midi qui a suivi a été bizarre, avec un oeil permanent sur mon twitter et les différents journaux, j’aperçois par moments quelques tweets déplacés, qui n’ont pas vraiment leur place en ces moments difficiles.

J’essaie de continuer à travailler mais c’est difficile.

Vient l’heure d’aller chercher mon fils, je pars du bureau, l’ambiance du côté des Galeries Lafayettes et du Printemps est bizarre, c’est plutôt vide pour un 1er jour de soldes. On voit distinctement les vitrines de noël, comme si c’était le matin à 9h.

Bizarre. Plus j’approchais du centre de loisirs, plus je me demandais intérieurement comment lui expliquer.
A lui, ce petit garçon qui m’attendait. Comment lui dire qu’on avait osé toucher à la liberté d’expression ? Avec autant de haine, d’horreur ?

J’ai opté pour ne rien dire au moment où je l’ai récupéré. J’ai pris sur moi, j’ai continué notre routine.

Arrivés à la maison, mon mari était déjà là. La télé allumée avec ces images en boucle. Sans le son.  Mon fils a regardé d’un coin de l’œil sans pour autant s’y intéresser. On a fait attention aux images. J’ai fini par éteindre la télévision, ça devenait trop lourd.

On s’est mis d’accord. C’est difficile quand on est face à un enfant, on se demande si on doit lui dire ou pas. On lui a expliqué, on lui a dit qu’un journal de presse où des personnes qui écrivent et dessinent ainsi que la protection policière avaient été tués. Il a compris, il l’a assimilé avec son journal qu’il reçoit tous les jours. Avec ses mots à lui, avec son expression. Il me semblait important de lui expliquer que la liberté d’expression, la liberté avait été touchée en plein cœur. C’est un droit inaliénable. On a passé un moment à en parler ensemble. Il saura au moins demain pourquoi il y a une minute de silence à l’école.

J’ai ensuite regardé le journal avec le son de la télévision puisque je n’avais pas pu le faire dans la journée ainsi que l’allocution du président de la république. Un peu déçue car le sous-titrage n’était pas vraiment simultané pour comprendre.

Je peux le comprendre, c’est une situation exceptionnelle.  Je me suis concentrée pour suivre et j’ai versé ma larme devant autant d’incompréhension, face à cette attaque à la liberté.

J’ai essayé d’adoucir cette soirée en racontant une histoire drôle à mon fils, car il ne faut pas avoir peur.

Il faut juste « être Charlie ». Je suis Charlie.

2 pensées sur “Je suis Charlie”

  1. Moi aussi, tout comme toi… Il m’ a fallut du temps pour essayer de décrocher et puis avec les événements de ce matin à 2 pas de chez moi, je n’ai toujours pas pu… et je n’ai pas envie….

    Je l’ai aussi tout simplement expliquer à mes korrigans et ma Princesse s’est assise, attérée puis révoltée du haut de ses 8 ans « Mais maman, comment peut-on toucher à l’Art? Moi aussi on pourrait me tuer pour le contenu de mes dessins, de mes peintures? J’ai le droit tout de même… »

    J’ai pleuré…… une fois qu’ils étaient couchés….

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