Mon premier mot…

J’ai fait toute ma petite enfance, sans le LPC, sans la LSF, j’oralise aujourd’hui. Mes parents, lorsqu’ils ont appris ma surdité, étaient plutôt désemparés, il faut dire aussi que les moyens d’information, de soutien, n’étaient pas les mêmes à l’époque.

J’ai fait toute ma petite enfance, sans le LPC, sans la LSF, j’oralise aujourd’hui. Mes parents, lorsqu’ils ont appris ma surdité, étaient plutôt désemparés, il faut dire aussi que les moyens d’information, de soutien, n’étaient pas les mêmes à l’époque.

Ma mère a été et est encore une personne très présente dans ma vie, elle m’a incitée à parler, elle accompagnait toute action de parole. Exemple : tendre un verre, et me disait : « Tu veux boire ? » m’incitant à répéter tout ce qu’elle disait.
L’un de mes jeux favoris quand j’étais petite, je ne m’en rappelle pas, je devais avoir dans les 1 an et demi ou 2 ans, ma mère m’a raconté, nous avions un très grand miroir à la maison et la possibilité de faire un tour complet dans l’appartement, elle me prenait sur le dos, traversait l’appartement en courant et s’arrêtait devant le miroir pour me dire « encore ? », je rigolais, mais je rigolais tellement fort que je ne pouvais essayer de prononcer quoi ce soit.

Ma mère a continué ce petit manège, jusqu’à ce que je prononce ce mot, il faut dire que je ne me lassais pas de ce petit tour sur son dos. Elle était folle de joie !

Et le mot « encore » fut mon premier mot « audible » ou « compréhensible »….
J’ajoute quand même que j’ai fait beaucoup d’orthophonie, si je n’en avais pas fait autant, je ne sais pas où j’en serai aujourd’hui. J’ai toujours eu des cours d’orthophonie 2 à 3 fois par semaine depuis toute petite jusqu’à mes 20 ans. Je peux dire que le fait de parler tous les jours fait la fierté de ma mère et je lui en suis reconnaissante, quels que soient les moyens et les efforts qu’elle a apportés. Sa fierté était d’autant plus grande quand je suis passée à la radio pour ma boîte, Medias-soustitres (personnellement j’avais peur que ma voix ne soit pas si audible que ca à la radio, vu que c’est bien déformé).

Mon handicap, je vis avec, sans problème. La vie est tellement courte qu’elle vaut la peine d’être vécue. D’autant plus que c’est vrai que c’est enrichissant. C’est un combat permanent, mais on n’en ressort que plus fort.

Le fait d’être traitée comme « normale » joue beaucoup. Je suis peut-être sourde, handicapée, malentendante tous les mots que l’on peut me donner mais je suis avant tout une personne à part entière.

Mon témoignage a été repris sur le forum de l’afideo, et a été réécrit par No.

1 pensée sur “Mon premier mot…”

  1. En tout cas, quand je suis avec toi j’oublie complètement que tu es sourde, ou disons que je me sens exactement comme avec tous mes autres amis entendants. Je me suis souvent trouvée dans la situation de te parler sans penser à te regarder, et comme tu ne répondais pas, me rappeler alors que tu n’entends pas.

    Je crois que tu es la personne avec la plus grande force de caractère que je connaisse. Sans elle, tu ne serais pas parvenue où tu en es. Et c’est super que ta mère t’ait accompagnée toutes ces années et aidée à exploiter ces ressources qui sont en toi.

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