Qui suis-je ?

Diplômée de l’école des Gobelins en 1997, j’ai connu la bulle internet au plus haut de son euphorie. Un parcours varié de l’atelier PAO à l’agence de communication en full flash en passant par la production industrielle en SSII m’a amenée à regarder les standards du web et leur accessibilité en dehors même de mon handicap.

Après l’éclatement de la bulle internet, je lance Etrecréatif en 2004.

Suite aux apéroweb de Paris Web en 2011, j’intègre une web agency ce qui me permet de retrouver le travail en équipe.

En parallèle, je lance le site Medias-soustitres en 2003, pour défendre le sous-titrage sourd et malentendant en France aussi bien à la télévision que sur tous les supports possibles. Pour rappel le sous-titrage en 2001 n’était que de l’ordre de 10%. Depuis 2005, j’aide les associations de sourds et malentendants à leur demande sur les dossiers du sous-titrage.

Je suis sourde, mais je communique facilement. Je n’entends pas mais je lis sur les lèvres. Je parle normalement et tout le monde peut me comprendre. Le travail en équipe est possible. Je ne peux pas répondre au téléphone mais si mes interlocuteurs sont prévenus, la communication par mail permet de surmonter ce problème facilement et sans gêner notre collaboration.

A travers ce blog que j’ai créé, j’expose les situations auxquelles je suis confrontée au quotidien et montre la surdité d’un autre point de vue, celui d’une femme active qui veut faire tomber les barrières.

Signaler son handicap ?

Libre comme l’air.
Voilà que je suis libre de tout engagement depuis hier.
J’avais posé ma démission il y a 8 jours maintenant.
8 jours pour réaliser que j’étais à nouveau sur le marché de l’emploi.

Pleine d’enthousiasme, de motivation pour retrouver un travail dans lequel je pourrais m’épanouir, évoluer avec ma surdité, ce n’est pas chose impossible je pense.

En pleine figure.
Refaire façe à des choses qui vous reviennent en plein fouet dans la figure, même si ce n’est pas volontaire. C’est juste un peu dur.

Stipuler sur son CV qu’on est « sourde oraliste« , je me demande parfois si cela sert à quelque chose. Ou est-ce un frein pour ceux qui ne connaissent pas, ou qui ne veulent pas faire face aux aléas de cet handicap ?

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Trouver du travail

Le monde professionnel.
Celui d’avant 2005.
Quoi 2005 ? Date de la loi du 11 février 2005 qui traite entre autre le quota d’embauche de personnes handicapées. Ben oui, sinon c’est pas marrant hein.

Je vais provoquer certains je pense avec ce qui a été écrit.

Arriver dans le monde du travail au moment de la bulle internet, c’était juste chouette. Tout le monde se foutait de savoir si j’entendais ou pas. Il y avait du boulot pour tout le monde. Je pouvais changer de boulot d’une semaine à l’autre. Une bulle ça dure jamais.

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S’intégrer dans une équipe

Un nouvel épisode, écrit à chaud pour que toi, lecteur entendant puisse comprendre mes émotions.

ça fait plusieurs fois que ça se produit, je ne vise personne en particulier.

Être au sein d’une équipe/groupe, c’est super car il y a des échanges, des réflexions, et surtout je ne suis plus seule. Que du positif.

Oui mais non, c’est à double tranchant.

Double tranchant pourquoi ? Parce que tu veux faire bonne impression d’une part, et d’autre part il faut ré-expliquer ton handicap.

C’est pas toujours chose aisée.

La surdité c’est plus compliqué que ça.

Suffit pas de parler plus fort (entre nous, ça me sert à rien),
Suffit pas de se rapprocher de moi et baisser la tête vers le bas (c’est pire parce que je dois « descendre » physiquement pour être à ton niveau),
Suffit pas de ne pas bouger le corps, mais dodeliner de la tête, ça aide pas non plus… (j’essaie de faire avec mais des fois avec la fatigue je laisse tomber),

Lecteur entendant, si tu n’articules pas, que tu me regardes pas, je peux pas comprendre ce que tu me dis.
Pardon si je pète un cable, mais j’ai beau faire des efforts, mais parfois c’est sur-humain ce que tu me demandes.

Ne pas comprendre une conversation « ping-pong » ça arrive souvent, oui parce que ça va très vite, et moi le temps que je comprenne…

C’est à retardement, c’est très chiant d’arriver après.
Mais surtout c’est nul d’avoir un train voire un wagon de retard dans la conversation : j’ai l’air con au final, et j’aime pas ça.