Mes conversations « Roland-Garros »

On peut pratiquer du tennis sur terre battue, sur gazon, moquette et j’en passe…
Le sport, c’est bon pour la santé !
Mais comment ça, le tennis ç’est fatiguant ?!

Suivre des conversations c’est pareil. Faut être tout terrain. hein.
Ne va pas croire que je vais te parler de Roland Garros 2012, ca t’aurait plu d’avoir mon avis sur cet événement mais non. c’est pas pour cette fois-ci. Et il me semble que ça a commencé hier !

Se mettre à la place de l’arbitre, c’est peut-être rigolo tu me diras, surtout quand on est en haut de la chaise.
Tel un pacha sur le terrain de tennis.

Juste à ma place, là, ici, entre 2, 3, 4, 5 personnes voire plus. La plupart du temps, les conversations en groupe, c’est aussi sportif que du tennis.
Hein, quoi ? Je suis sportive oui, mais pas de la raquette ou de la petite balle jaune, non, pas du tout. Sportive ès conversations.

Suivre des conversations peut s’avérer un exploit aussi, tu regardes une personne, tu vois qu’elle a fini sa phrase, tu tournes la tête pour voir qui répond, et parfois à la limite répondre ça peut arriver aussi quand tu veux participer à la conversation, quand tu PEUX participer surtout.

Suivre une personne, encore une autre, et ainsi de suite, c’est presque pire que le tennis.
Pire ? pourquoi donc ? Parce que la plupart du temps, soit t’as raté (non pas ta vie), soit t’as pas compris le début de la phrase.
Bien souvent je suis sur la touche parce que quelqu’un a déjà pris la parole.

Dans mes rêves, il faudrait qu’on parle chacun son tour, qu’on évite de se couper la parole aussi vite histoire que j’arrive à suivre les différentes conversations.

Il faudrait aussi éviter les mains sur la bouche, ne pas prendre la posture du penseur de Rodin tout en continuant à parler.
« Évite de parler la bouche pleine » ce n’est pas la grand-mère qui parle, c’est moi qui regarde tes lèvres bouger et le fond de ta bouche pour te comprendre.

Mais bien souvent, je ne dis pas aux gens de ne pas parler la bouche pleine.
Faites l’expérience pour voir : ne regardez plus les yeux de votre interlocuteur mais la bouche.
Des fois, au détour d’une canine je découvre un chewing-gum qui passe d’une dent à l’autre…
C’est fou le nombre de choses qu’on peut trouver entre les dents !

Je suis polie, j’essaie de pas interrompre mon interlocuteur. J’apprécie que ça soit réciproque avec les personnes qui m’entourent pour la simple raison, cela me permet de pouvoir suivre plus facilement. Les conversations en français c’est déjà difficile, mais si vous changez de langue n’oubliez pas de me prévenir !

Souvent je suis dans le cas où je complète les phrases à ma façon, grâce à mon cerveau qui, telle une gymnaste qui a fait sa pirouette, moi je la fais dans mon cerveau (peut-être parfois inconsciemment).
Mais parfois compléter une phrase peut ressembler à l’auto-complétion de Google quand tu commences à taper un mot, des fois il te sort des choses un peu bizarres, voire même inattendues.

Moi, c’est pareil. Mais je ne suis pas Google.

Il arrive parfois que je décroche totalement, que mon regard se balade de groupe en groupe quand on est bien plus de 10 personnes, je laisse mes yeux naviguer comme un bateau en papier sur l’eau, je me laisse flotter.

Après ce court moment de répit que je me suis accordé, laps de temps où je n’aurai rien capté, où je me serai reposée, revenir à la charge est parfois compliqué, car réintégrer une conversation n’est pas toujours évident. J’ai toujours une bonne âme, la plupart du temps, à côté de moi qui me fait un rapide résumé ou qui me restitue la thématique de la conversation ce qui me permet de reprendre le fil.

Moi, dans mes conversations « Roland Garros« , je suis souvent spectatrice mais je joue rarement sur le court.

8 pensées sur “Mes conversations « Roland-Garros »”

  1. Moi aussi qui suis « entendante », j’ai souvent eu le même sentiment il y a 12 ans en arrivant en Allemagne.
    Les prases fusaient comme des balles autours de moi et je manquais chaque passe.

    Depuis heureusement ca va mieux. Mais qui sait, on aurait peut-être de l’avenir dans le tennis ?!

  2. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le handicap de certains entendants.

    Leurs oreilles fonctionnent bien, c’est le cerveau qui n’arrive pas à faire le tri dans tous les sons qui lui arrivent. Parfois même, quand un son est isolé, il ne fait pas sens et la parole reçue reste une langue étrangère.

    Le problème est inverse, océan sonore contre silence, mais le résultat est le même : l’impossibilité de communiquer normalement. Mais ils entendent, alors c’est très mal diagnostiqué.

  3. Eh bien ça me rassure et ça me conforte dans les idées que j’inculque à mes enfants:
    – on ne parle pas la bouche pleine (parce que même si tu entends eh bien entendre qq’un parler en mâchant c’est franchement désagréable, aussi désagréable que de voir ce qu’il y a entre les dents).
    – on ne coupe pas la parole: parce que celui qui se fait couper la parole commence à s’énerver qu’on la lui coupe et au final il ne sait plus ce qu’il voulait dire, fin de toutes discussions possible.
    – Mettre sa main devant sa bouche en parlant = ne pas articuler, c’est pareil chez nous, tu articules parce qu’on ne regarde peut-être pas quand tu parles mais on ne t’entend pas clairement non plus.
    Nous on est nul on ne sait pas lire sur les lèvres, j’ai tenté plusieurs fois de couper le son de la télé lors du JT j’ai jamais rien compris.

    20/20 pour toi Sophie 🙂

  4. @maiailabreizh C’est trompeur 🙂

    @helene peut-etre qu’on remportera une coupe, qui sait ?

    @claire c’est pas faux…

    @amandine ça devrait être pareil pour tout le monde … malheureusement.. 🙂

  5. tout a fait d’accord avec vous sur le fait de ne pas parler la bouche pleine, de plus ce qui mange la bouche ouverte aie.
    Pour ma part, j’ai pris l’habitude de regarder les personnes à qui je m’adresse. Dans mon travail, les patients non plus l’ouie très fine; si ils ne lisent pas sur les lèvres ils captent mieux nos propos, nos intentions, notre regard les informent, notre corps s’exprime pour nous si nous y faisons attention ça aide.Je ne suis pas toujours au top mais essaye le plus possible

  6. @Claire : je suis atteinte de ce handicap !
    Colle moi dans un groupe, dans un bar par exemple, c’est horrible.
    Même certains repas à plus de 4 personnes, je décroche.
    Et si y a la télé ou la radio en même temps, c’est fini.

    D’ailleurs à notre première rencontre avec Sophie, elle s’est tournée vers moi et m’a dit « Je comprends rien », et j’ai répondu « Moi non plus ». J’étais larguée. (Ilse, tes copines parlent trop !)

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