La veille du début de ma nouvelle vie sonore

À la veille de mon opération, je suis plutôt sereine. Mon sommeil a été agité avec une insomnie en milieu de nuit en début de semaine. La nuit dernière, j’ai dormi comme un bébé. Je me suis impressionnée toute seule.

Je réalise que c’est demain jeudi 17 novembre que je me coupe de ce monde sonore que je connais avec mes appareils auditifs depuis ma naissance. Ça me fait drôle, quand j’y pense j’ai limite la boule dans la gorge, les larmes aux yeux.

Ma journée d’hier a consisté à enregistrer tous les sons possibles dans ma mémoire pour éviter ce silence et pouvoir réapprendre à reconnaître ces bruits, le bruit du métro qui roule dans les tunnels, l’annonce automatique des noms des stations, le couinement de l’ouverture des portes, le bruit du vent dans les couloirs à nation (les parisiens comprendront), le bruit du papier des gâteaux pim’s quand je mets ma main dedans.

J’avais remis mon appareil de l’oreille droite et changé les piles des deux appareils auditifs au cas où, pour ces derniers jours en tant que personne sourde appareillée. Je me rends compte que j’entends rien. Il me sert à rien. Que les bruits sont faibles voire étouffés.

J’ai déjeuné avec des collègues que j’apprécie beaucoup, simplement parler de tout et de rien. Juste ce qu’il me fallait pour cette sortie d’hier, même si j’étais fatiguée par ma gastro de dimanche.

J’ai fait le plein de bonnes ondes pour les semaines difficiles à venir. J’en ai déjà beaucoup autour de moi, et ça me touche énormément.

Je me rends compte que j’ai déjà hâte d’être à l’après. Étrange coïncidence, je n’ai pas peur, je sens que je suis prête à passer à autre chose. Apprendre à modérer ma patience même si j’en ai, je sais que ça va pas être facile de ne pas aller plus vite que la musique…

Aujourd’hui, veille de l’opération

Je me suis réveillée sereinement, je me suis offert le luxe de me faire un thé pour accompagner les délicieux cookies de Catherine et Ludo.

Il y a eu un petit couac ce matin, l’opération ayant été avancée dans les dates à cause de la bi-implantation, un rendez-vous qui avait déjà eu lieu et qui n’a pas été déprogrammé. L’hôpital a un système qui vous rappelle les rendez-vous avec un joli numéro de téléphone pour appeler en cas de désistement.

Seulement, mon cher et tendre mari n’a jamais réussi à les avoir entre 8h30 et 9h30 pour être certain qu’il n’y avait pas de rendez-vous comme ça avait été convenu verbalement.

Je suis partie donc en catastrophe à l’hôpital ce matin pour éviter tout problème mais aussi pour pas que l’opération soit repoussée. Arrivée sur place, j’apprends qu’effectivement que j’ai rendez-vous.

Rassurée à moitié, j’attends. Je vois la chirurgienne, elle vient me voir et me confirme que non nous avons pas rendez vous. Qu’il y a eu erreur dans la programmation des rendez-vous, elle s’excuse et me dit à demain. L’opération est donc bien maintenue.

Sur le coup, j’ai été un peu déconfite d’avoir fait l’aller-retour. J’en ai profité pour demander au secrétariat leur numéro direct pour éviter ce genre de désagrément la prochaine fois.

Une fois ma déception passée, je suis repartie à pied pour ensuite reprendre mes transports habituels. J’avais besoin de marcher. Je suis rentrée à la maison.

Je n’y suis pas restée finalement longtemps puisque 2h après je repartais avec mon sac que j’avais préparé la veille (j’avais un pressentiment) et pour de bon cette fois-ci.

Arrivée à l’hôpital, dossier d’hospitalisation rempli, chambre attribuée. Infirmière très sympathique qui vient pour vérifier 2/3 choses genre tension, et qui me confirme que oui je passe bien demain matin à 11h.

L’attente

On en a quand même profité pour aller manger un petit encas tous les deux pour pas embêter ma voisine de chambre.

Peu de temps avant le repas qui est à 18h30, on m’explique le protocole de la douche à la bétadine. Autant vous dire que je préfère mon gel douche !

Le repas arrive, brandade de morue et épinards qui font peine à voir, salade frisée (pas ma préférée mais je la mange) yaourt à peine sucré, je mange tout. Y compris les clémentines.

Là, je suis toute seule avec mes affaires, mon amoureux est rentré. Ca me fait drôle. Je suis calme mais un peu angoissée, je vais faire un peu de pliage d’origami, écrire un peu et lire et ça sera l’heure de dormir. L’attente, ça va pas durer très longtemps.

La matinée de demain matin va vite passer je pense.

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La suite des nouvelles

Je reviendrai vous mettre un petit mot demain soir ou vendredi matin pour donner des nouvelles. Ou monsieur en donnera par le biais de ma page Facebook.

8 pensées sur “La veille du début de ma nouvelle vie sonore”

  1. J’ai hâte d’être à demain et lire de tes nouvelles. Je sais que je t’ai fait peur par mes récits le mois dernier mais là j’ai envie de te dire fonce, tu vois ce que tu dis de pas aller plus vite que la musique, c’est mes sentiments de ces derniers jours, hâte d’avancer, de progresser. Y a déjà plein de positif en tout cas à une semaine d’activation. Je te souhaite d’aussi belles sensations, des fêtes de fin d’année bionique.
    Je t’embrasse très fort, douce nuit.

  2. Je te lis depuis un bon moment, sans pour autant poster de commentaires. Je suis passée par là, double implantation en 2007… C’est rude, angoissant et tellement plein d’espoir! La veille au soir, une aide soignante est passée dans la chambre pour me demander un truc, je pleurais tellement que je n’ai pas réussi à lire sur ses lèvres (cophose bilatérale suite à une méningite), en fait elle voulait juste me proposer une tisane, qu’elle m’a octroyée d’office vu mon état de stress.
    Le lendemain, plus de cinq heures au bloc, personnel en salle de réveil top et qui articule! 9 ans plus tard, je ne regrette rien.
    J’attends de tes nouvelles! Courage! Demain soir, une étape sera franchie.
    Anne-Marie

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