L’accessibilité, on s’en fout de plus en plus ?

L’accessibilité on s’en fout de plus en plus ? forum.alsacreations.com/topic-9-66981-… (très interessant point de vue d’un concerné) #a11y

— Raphaël Goetter (@goetter) 23 avril 2013

 

Je ne peux pas rester insensible à ce tweet. On ne peut pas s’en foutre, c’est pas possible !

La loi du 11 février 2005 a été votée et doit être mise en application d’ici 2015, web ou pas web.

Il est vrai que le web est devenu plus « lourd« , les pages se sont pas allégées au fil du temps, mais ça c’est un peu la faute au « haut débit« , se dire que « Okay, c’est bon, on a plus de bande passante du coup, on y va« . Fatale erreur qui va se payer cher puisque de nouveaux supports multimédia sont apparus tels que les smartphones, tablettes entre autres. C’est une erreur certes. Libre à chacun de tenir compte de cette variable.

En tant que personne sourde, je me rends compte qu’il y a encore pas mal de choses qui ne nous sont pas accessibles sur le web, surtout depuis l’apparition de nouveaux médias tels que les podcasts, ou les vidéos.

Des podcasts retranscrits, j’en ai pas vu encore, j’avoue que je n’ai pas encore cherché étant plus concentrées sur l’axe vidéo. Les vidéos online sont le nouveau média à la mode sur le web, de plus en plus je vois des blogs qui ont des vidéos qui donnent tel ou tel avis. Les gens seraient-ils devenus paresseux ? Je ne sais pas, c’est une nouvelle mode à laquelle je n’ai pas accès.

Néanmoins, je me rends compte qu’il y a encore beaucoup d’apriori sur l’accessibilité web. Non, ça ne coûte pas cher si tu l’inclus dès le début de ton projet, non c’est pas compliqué si tu fais attention et que tu prends en considération les techniques qui peuvent aller dans ton sens, non c’est pas inutile, ça sert à tout le monde !

Étant sensible aux personnes qui m’entourent, j’essaie de faire en sorte que mes contenus soient accessibles également aux personnes aveugles.
Quand je produis un PDF, j’essaie de faire en sorte que ça soit conforme.
Je me rends compte que cela me sert aussi car je me sers de ce travail pour naviguer dans un pdf, ou faire une recherche de mots.

Tout le monde à un moment dans sa vie est en situation de handicap, le dire comme ça pourrait presque être provocateur mais c’est la vérité. Un exemple très simple. Attraper quelque chose sur une étagère qui est en hauteur et devoir prendre un tabouret pour monter c’est une mise en situation de handicap.
Ne pas pouvoir lire de loin des horaires de train dans une gare, c’est handicapant.

Le web il est ouvert à tous, il doit être accessible à tous.
Moi-même étant sourde de naissance, j’essaie de tenir compte des choses à faire, je suis en mode « course de fond », chaque jour j’apprends quelque chose qu’il faut bien faire pour que cela soit accessible, personne n’est parfait.
Chaque jour, j’essaie de constater ce qui ne va pas pour ensuite faire quelque chose de positif. Il m’arrive parfois de baisser les bras, mais jamais très longtemps.

La réalité est qu’aujourd’hui, on en parle de plus en plus, il y a quelques experts accessibilité. Mais pas assez. Les professionnels sont de plus en plus sensibilisés mais ne savent pas forcément comment convaincre, comment améliorer leur production, comment être plus performants.

Par ailleurs, il faudrait également que le monde de la formation soit aussi sensibilisé à l’accessibilité web. Est-ce que les programmes de formation pour pouvoir être un professionnel du web sont réactualisés ? Combien d’entre-eux sont « accessibles » ?

Moi, demain, si je veux, en tant que professionnelle du web, m’améliorer, faire une formation pour relever mon niveau de compétences, je ne peux pas forcément accéder à la même chose que tous. Puisqu’il y aura des contenus qui vont m’échapper…

L’accessibilité web, non on ne s’en fout pas.

Adapte-toi ou meurs. (source : Deafmania)

20 pensées sur “L’accessibilité, on s’en fout de plus en plus ?”

  1. Le Gif animé de la fin pose des problèmes d’accessibilité : au mieux il déconcentre dans la consultation de la page, au pire il déclenche une crise d’épilepsie. 😉

    À part ça, en ce qui concerne les formations, à part celles dispensées par Braillenet et Temesis (voire l’agence Alsacréations), je doute qu’il en existe qui abordent le sujet sans se contenter de l’effleurer. Il y a aussi le problème de la reconnaissance des acteurs impliqués dans l’accessibilité du Web : comme l’a si bien dit Olivier ce matin sur Twitter : « Les experts reconnus ne le sont que par ceux qui les reconnaissent ».

  2. @victor le gif animé de la fin était une touche humoristique.
    Je peux la décrire éventuellement pour mes amis malvoyants ou aveugles. (description du gif animé : Brad Pitt en survetement qui tape des mains en disant « adapte-toi ou meurs »)

    Cela dit en ce qui concerne les formations, je parlais de toutes les formations qui sont vouées à faire des professionnels du web qui pourraient inclure dans leurs formations des modules ‘accessibilité’ 🙂

    « Les experts reconnus ne le sont que par ceux qui les reconnaissent » c’est un autre débat 🙂

  3. On ne peut pas s’en foutre. Dès que l’on sait, dès que l’on a vu, ou ressenti, les effets de l’inaccessibilité, et si on a deux doigts d’empathie, on ne peut plus s’en foutre. Ou alors, pour paraphraser mon collègue et ami JPV c’est que « on s’en fout des personnes handicapées ». C’est du JPV pur beurre: brutal, sans tortillage; mais si tu te remets du choc, tu vois une vérité émerger. Et elle n’est pas jolie jolie…
    La réalité est bien sûr plus complexe. Une fois qu’on na enlevé ceux qui ignorent même l’idée (le plus gros contingent) et ceux qui ont assez de cynisme pour s’en foutre sciemment (le plus petit – j’espère), restent ceux qui ont pris le sujet à bras le corps, et ceux qui aimeraient bien mais ne savent pas comment. C’est là qu’on peut intervenir avec le plus d’efficacité. Se pose alors la question de qui, et comment.
    Tu le dis très justement: il y a des gens prêts à aider, et qui en font leur métier. Mais vivre de cela aujourd’hui implique soit d’être subventionné; soit de pisser de l’audit, c’est-à-dire traquer du alt absurde, redire pour la énième fois que non, un title vide, c’est pas bien, et ce pendant les 3/4 de son temps éveillé, pour espérer travailler en parallèle sur de vrais sujets de fond. Pas étonnant qu’on soit aussi peu nombreux, le degré de masochisme requis est trop élevé…
    @Victor: fort heureusement il y a plein d’autres sociétés et organismes qui dispensent des formations, et de la bonne 🙂 Mais je ne vais pas les citer, on me taxerait de placement de produit ;)) Le gros problème est de les faire connaitre. Et comme ça reste perçu comme un sujet non prioritaire, limite luxueux, c’est assez difficile de motiver les acheteurs…

  4. @Olivier : J’ai oublié de citer Qelios, mille excuses (que tu transmettras à Jean-Pierre, à sa fille, voire à ton chien si jamais il a commencé à grogner 😉 ).

    La visibilité des formations de qualité est d’autant plus problématique qu’un certain nombre de gens tentés de se former ne regarde que le prix, trouvant que ces formations sont chères, en même temps qu’ils oublient qu’elles peuvent être souvent moins chères que la plupart des formations peu qualitatives qui pullulent sur la place du monde de l’informatique en général et du Web en particulier. Pour ma part, j’aurai déboursé nettement moins pour les formations d’expert Accessiweb, qui sont courtes et solides, que pour la formation de webmaster que j’avais suivie en 2005 (année du fameux article 47 qui fut pour moi l’année où j’ai décidé de faire du Web mon métier) et qui avait durée 8 semaines, mais où il n’était question que de mises en page de tableaux, de compatibilité exclusive avec IE, de JavaScript à coup de document.write () et de référencement résumé au formulaire que proposait à l’époque Google pour ajouter un site à indexer (et pas un mot sur l’accessibilité et, si l’on évoquait les standards du W3C, c’était sans plus).

    Quant au ressenti des effets de l’inaccessibilité, on peut penser spontanément à des sessions de sensibilisation au handicap. Mais, la sensibilisation suffit-elle pour convaincre ? Et je ne parle pas du risque d’effet à double tranchant, pour ainsi dire, si la sensibilisation ne fait intervenir qu’un nombre restreint de personnes, sinon une, concernées par l’accessibilité à cause d’un seul handicap : sauf explicitation, la tentation serait grande pour les personnes à sensibiliser de réduire l’accessibilité au handicap présenté.

    Visibilité et pédagogie : deux obstacles à surmonter pour vaincre le je-m’en-fichisme.

  5. @Sophie: une meilleure alternative du texte du gif animé serait « Adapt or Die »: en traduisant, tu tombes dans la surqualité 😉

    Sur le fond, la discussion sur Twitter avait quelque peu bifurqué ensuite sur le fait que les experts n’étaient pas reconnus en tant que tels. Et Olivier avait fort justement fait remarquer qu’ils ne pouvaient être reconnus que par ceux qui les reconnaissent.

    Plus généralement à mon avis, le métier de consultant/expert en accessibilité me semble à la fois mal connu… et trop « piédestalisé ».

    Piédestalisé, parce que quand il est connu, il peut être encore vu comme le consultant presque de prestige qu’on appelle à la fin d’un projet pour pouvoir dire « Nous avons tenu compte de l’accessibilité ». À ce niveau-là, il ne peut que constater les dégâts et proposer des rustines pour au moins colmater ce qui peut encore l’être.

    Mal connu, car si on le connaissait mieux, ou plutôt si on connaissait mieux ce qu’il a à faire, alors ce métier serait beaucoup plus naturellement, et spontanément, inclus dans la chaîne de conception et de production.

    Il devient dès lors urgent et important de faire connaître des initiatives comme Accessibility First Steps, qui permettent à la fois, premièrement de désacraliser le rôle de l’expert en accessibilité en montrant que non, ce n’est pas du vaudou mais qu’il y a des recettes simples à appliquer pour au moins éviter de tomber dans des fautes grossières, et deuxièmement, de faire connaître de quelle manière l’accessibilité peut être incluse tout au long du processus de conception/production de contenu, tout comme n’importe quel autre métier « traditionnellement » déjà inclus dans cette chaîne (graphiste, SEO, inté…)

  6. Très bons points de Gilles.

    Je rebondis par ailleurs sur un mythe que nous allons devoir démonter si on veut avancer : l’accessibilité a un coût si on veut bien la faire, maintenant que les sites sont complexes et bourrés d’interactivité.

    Je développe bientôt, promis.

  7. Deuxième commentaire, à la relecture de ce qui précède… Sophie, quand tu écris « Cela dit en ce qui concerne les formations, je parlais de toutes les formations qui sont vouées à faire des professionnels du web qui pourraient inclure dans leurs formations des modules ‘accessibilité’ », je me sens un peu concerné 😉

    Alors non, dans la licence dont je suis co-responsable, il n’y a pas de module « Accessibilité ». J’y ai réfléchi, bien évidemment, mais il y a deux raisons qui font que pour le moment du moins, ce n’est pas le cas.

    Une première raison très terre-à-terre: le temps. Si j’estampille explicitement par exemple 20h de cours « Accessibilité », alors je suis obligé de les prendre sur d’autres cours… car le nombre d’heures de cours d’une formation est limité.

    Une seconde raison plus profonde: en fait, j’en parle tout le temps. Je leur en parle quand je leur fais du Javascript, quand je leur fais du HTML/CSS, quand je les encadre en projets, même quand je leur fais du XML (par exemple quand je leur expose XML Schema). Je sais que d’autres enseignants leur en parlent aussi. C’est intégré à la formation… et d’un certain point de vue, c’est compatible avec la guideline B.4.2 des ATAG 2.0 (« Ensure that documentation promotes the production of accessible content ») 🙂

    En fait j’ai deux possibilités. Je pourrais considérer que je dois faire la promotion de l’accessibilité vers le monde « extérieur » à la formation, et dans ce cas je la mets explicitement au programme avec un double effet pervers sur mes étudiants : qui dit temps de cours, dit le plus souvent notation à la fin et ce n’est pas pour la note que je voudrais qu’ils soient intéressés par l’accessibilité ; plus important, cela fait apparaître l’accessibilité comme déconnectée des autres matières. Deuxième possibilité, je la glisse en filigrane partout où je peux, et dans ce cas cela n’apparaît pas pour le monde extérieur… mézalor mes étudiants retiennent mieux le fait que l’accessibilité doit être intégrée dans le processus de production.

    Or quand j’enseigne, le plus important dans l’instant n’est pas l’image de la formation, mais bien ce que je transmets. Et je préfère transmettre une image de l’accessibilité non pas vue comme une sorte de contrainte extérieure rigide (un cours et une note à la fin certes, mais surtout, surtout séparée du reste du corpus), mais bel et bien comme une composante pleinement intégrée dans toutes les matières qu’ils ont dans leur emploi du temps.

  8. On sent que Gilles a bûché le sujet 😉
    Sur le coté sacralisation de l’expert accessibilité… c’est tout-à-fait juste, avec cependant un énorme paradoxe: quand on convoque un expert, même reconnu (et on en a des bons, en France, de niveau mondial même), généralement on lui fait faire du boulot de petite main: vérifier les alt, les title, etc., toutes choses que n’importe qui avec Firefox et un cerveau peut faire. D’ailleurs JPV l’a démontré de manière éclatante, à CRAW2013, en faisant faire en direct à sa fille Shanni (15 ans) toute une batterie de tests d’accessibilité simples et pourtant régulièrement ratés.
    Bien sûr, ce n’est pas dans l’intention du client final de payer 2€/minute pour ce type de tâche élémentaire; simplement ils ne savent généralement pas en quoi un audit consiste, car comme le dit Gilles, pour eux c’est du vaudou, et d’ailleurs si ce n’était pas le cas, ils ne procéderaient pas ainsi. Mais voilà, c’est confortable d’une certaine manière: l’expert se tape le boulot, engage sa crédibilité dans le résultat, et on peut tamponner « vu et approuvé par M. Cador A11y ». Le chef est content, le législateur est content, le comptable un peu moins, mais bon, ça reste 2 fois moins cher qu’un DA ou un DBA avec un diplôme en carton recyclé, donc au final on fait comme si.
    L’effet pervers est que l’expert est alors enfermé dans un cercle vicieux: il voudrait et pourrait faire des choses de bien plus haut niveau, comme produire des référentiels, ou des composants accessibles AAAAA, mais son temps est mobilisé par des tâches de bas niveau, qui, ironie, sont aussi son principal moyen de subsistance.
    Ça fait une paille que je défends l’idée qu’on devrait ne laisser aux « experts » que le travail qui correspond à leur compétence, et confier aux opérationnels le soin de détecter et traiter les problèmes les plus simples, soit trois bons quarts du travail. On pourrait imaginer des techniciens, des opérateurs, des secrétaires de l’accessibilité, qui feraient le gros du boulot, à faible valeur ajoutée. C’est quelque chose qui arrivera, forcément, le jour où il y aura bien plus de boulot à traiter que ce peut absorber le microcosme aujourd’hui. Et ce jour-là, sera celui où on arrêtera de s’en foutre de l’accessibilité…

  9. je rebondis (moi aussi) sur les commentaires de mes confères (y’a du cador, là !).
    Pour ne plus se contenter de « réparer » à la fin et vérifier les alt et se concentrer sur le délicat,il faut industrialiser notre démarche !
    Former l’équipe projet, fournir aux développeurs des widgets (composants d’interface) accessibles et prêt à l’emploi et les rendre autonome en ce qui concerne les tests de base(toolbar, outils, checklist…)².
    Évidemment, vous allez me dire, facile à dire, mais bon faut en passer par là et c’est surement plus facile dans les grosses boites, je vous l’accorde ;).

  10. @sanvin Encore faut-il que la démarche d’accessibilité soit prise en compte en amont du projet. Or, il n’est pas rare que les projets se réalisent et que la demande d’accessibilité ne surgisse qu’à la fin, auquel cas l’expert en accessibilité, s’il est sollicité, aura l’impression d’être un pompier appelé pour éteindre les feux, surtout si une telle demande d’accessibilité en aval se traduit par le désir d’obtenir un label (oui, ça sent le vécu 😉 ). Certes, l’expert en accessibilité pourra dire au client qu’une demande de label d’accessibilité est quasi irréaliste dans des conditions pareilles ; mais, en disant cela, il risque de faire prendre au client en question une douche froide pouvant s’avérer nuisible à toute démarche ultérieure d’implémentation de l’accessibilité chez lui pour les projets à venir, quand bien même cette démarche serait progressive, continue et dénuée de tout objectif de labellisation.

    Quant à l’industrialisation de notre démarche, il existe déjà des outils permettant d’aller dans ce sens : je pense, notamment, à des outils comme Opquast Reporting ou Tanaguru. Encore faut-il que ces outils soient pertinents compte tenu du contexte du projet (peut-être me trompé-je, mais je doute que Tanaguru soit aussi bien placé qu’Opquast Reporting pour contrôler l’accessibilité d’un parc entier de sites, par exemple) et, surtout, soient fiables dans les résultats des tests automatisables, de façon à éviter de faire perdre plus de temps qu’ils n’en devraient faire gagner lors des audits…

  11. @Olivier : dans mon agence je vois quand même que toute la base est maintenant acquise par les devs front et même les devs back. Certes on continue à faire des audits, mais aussi et surtout on nous demande du conseil.

    (Loin de moi l’idée de faire de la pub, juste pour dire que malgré tout les mœurs évoluent quand même un peu.)

  12. @Stéphane
    Tu es dans un contexte particulier, tu avoueras 😉
    Je vais nuancer mon propos: le résultat est très variable selon que l’objectif d’accessibilité est clair ou pas. Si je me réfère aux inspections AccessiWeb: par le passé, on avait environ 80% d’échec. Actuellement, on a plutôt 80% de réussite. Et globalement, plus d’ambition visuelle et technique. Car les candidats sont beaucoup mieux préparés, et plus motivés semble-t-il, que dans les débuts.
    A coté de ça, sur des sites pas spécialement poussés au cul par un objectif aussi cadré, on va trouver un maximum d’erreurs de base, qui vont d’ailleurs au-delà de l’accessibilité pure. Depuis le début de l’année, j’ai par exemple vu une récurrence inquiétante de liens-images avec alternative vide, et title renseigné, par des équipes qui ne se fréquentent pas. Et invariablement le même argument: « bah, pas besoin de alt, on a mis un title ». En ce sens, je ne vois pas de progrès dans la maîtrise des bases depuis que j’ai commencé à auditer… sauf sur les sites où on a décidé de mettre la barre bien haut.
    Alors je ne dis pas qu’il faut pousser à la labellisation pour obtenir quelque chose, mais que la négligence est plutôt la règle, parce que, en fait, l’accessibilité, hein, OSEF.
    Autre précision: fort heureusement on fait aussi bien d’autres choses que des audits, dans ce métier, hein 🙂 Et d’autre part, n’allez pas croire qu’un audit est une punition. C’est un régal d’auditer un site bien fait, d’apprécier la beauté d’une ligne de code, l’élégance d’une alternative, ou d’une gestion clavier… Hélas, ça reste une exception!

  13. Si ça coûte cher.
    J’en ai un peu ras le cul de voir les mensonges sur ce sujet.
    Oui y’a pas mal de truc qui, intégrés dans un process, sont indolores financièrement.
    Non, assurer la bonne accessibilité à tous les types de handicap d’un site web complexe n’est pas gratuit, et le coût sera supérieur au 10% de visiteurs concernés.

    Moi je veux bien le web Mickey Mouse ouvert à tous, mais à la fin du mois j’ai trois bouches à nourrir et mes clients ne veulent pas payer l’accessibilité. Point final.

  14. Je voudrais apporter ma pierre à ce débat un peu technique. Du côté du secteur public et des collectivités en particulier, je dois dire que la sensibilité à l’accessibilité a fortement progressé ; du côté des collectivités elles-mêmes d’abord ; elles en comprennent les enjeux même si elles n’en maîtrisent pas le périmètre technique et les difficultés ; mais il leur reste encore à mieux comprendre le rôle qui leur incombe en tant qu’intégrateurs de contenus. Du côté des agences web bien spécialisées sur les projets web du secteur public aussi, la progression est forte ; la plupart de ces agences web ont bien cerné les exigences en matière d’accessibilité et ont compris l’intérêt d’intégrer la démarche dès le démarrage des projets. Alors le « on s’en fout », je ne le rencontre quasiment plus lors de mes missions d’AMO. L’accessibilité est en bonne voie dans l’internet public et même si ce n’est pas encore parfait, loin s’en faut, je suis convaincu que les personnes handicapées elles-mêmes ont pu constater de vrais volontés et de grands progrès.

  15. Je trouve le commentaire d’alfrdd très intéressant, pour tout ce qu’il révèle du malentendu qui règne sur ce sujet.
    Tellement intéressant, que je me sentais à l’étroit dans un commentaire, j’ai donc réagi via ce billet: http://accessiblog.fr/2013/05/laccessibilite-peut-on-sen-foutre-parce-que-ca-coute/
    Je m’excuse par avance auprès d’alfrdd, qui a eu un certain courage à venir exposer une opinion qui pouvait défriser les lecteurs de ce blog. Il n’est pas visé en particulier, mais c’est juste que son propos me permet de rebondir.
    Et je m’excuse auprès de Sophie pour venir faire de la retape sur son blog de façon aussi éhontée 😉 [clin d’oeil]

  16. Perso je pense que les choses changent petit à petit.

    Par exemple je suis tombé sur ce podcast un peu par hasard : http://www.lacoupeestpleine.fr/#!La-Poste-soccupe-de-TOUT-/c1b2d/55ae1b620cf25466c2a56686

    Ils sont en train de tout revoir leur site internet pour intégrer de manière optimum et agréable la retranscription intégrale de chacun de leur podcast, et cela grâce au travail bénévole d’une personne sensibilisée au problème de l’accessibilité des médias pour tous.

    Je pense que le meilleur moyen de faire bouger les choses c’est d’encourager, de soutenir et de faire connaître de telles initiatives, pour que cela ne soit plus une exception mais qu’on rêve que cela soit la règle !

    Petula.

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