Les premiers jours dans le silence

Découpe d'autocollant en forme de #newSophie

Je réalise ce soir que cela fait déjà 4 jours que je suis bi-implantée. Je n’ai pas vu le temps passer. Mon quotidien est basé sur une grande partie du sommeil.

Les 2 jours qui ont suivi mon retour à la maison, j’étais bien, je n’avais pas mal spécialement à la tête. Depuis hier, je ressens le contre-coup de l’anesthésie, de l’opération, le stress qui retombe. Grosse, grosse fatigue physique alors que le mental est toujours là, prêt à partir. C’est un vrai contraste.

Suite à 2-3 petits soucis posts-opératoires, je dirais que joindre un hôpital par téléphone c’est sacrément compliqué quand même malgré la multitude de numéros de téléphones qu’on peut avoir, malgré le fait de rappeler à mon conjoint de demander où il est tombé (dans quel service, récupérer le dernier numéro sur lequel il est) pour pouvoir arriver à joindre quelqu’un. Il faut quand même être bien solide nerveusement. Ce matin, j’ai cru que j’allais y aller une fois pour toute pour avoir la réponse à ma question. Heureusement que nous avons eu un message par la suite, grâce à son insistance. Note pour plus tard : il faut vraiment qu’on trouve un moyen de communication efficace et immédiat pour les personnes venant d’être implantées.
Je serai fixée à la visite post-opératoire, rien de grave.

Les premiers jours ont été difficiles par rapport au silence. Je suis dans un silence total, voire assourdissant. Je ne peux pas m’imaginer dans le silence alors que j’y suis bel et bien. Plus silencieux, je crois que je n’avais jamais connu ou du moins me l’étais jamais imposé de force (enlever mes appareils par exemple aussi longtemps).

Quand je me réveille le matin, c’est le moment le plus difficile. D’une part, je n’ai pas forcément bien dormi car j’ai du mal à trouver la bonne position, c’est un peu plus compliqué quand on a une cicatrice de chaque côté de la tête. Reste que le dos du crâne pour dormir … (et dormir sur la face du visage, n’y pensons même pas !) alors que je suis habituée à dormir sur un côté. J’ai toutefois réussi à m’endormir sur un côté grâce à un oreiller bien moelleux mais toute la nuit c’est pas jouable, pas encore. C’est trop sensible.
D’autre part, j’ai ce réflexe de vouloir mettre mes appareils pour vouloir entendre. Ça c’est le plus dur. Perdre ce réflexe, je sais que c’est que pour un court moment puisque je l’aurai à nouveau à partir du 5 décembre, date à laquelle où je pourrai entendre quelques sons (activation des électrodes de mes implants cochléaires).

Ca m’est arrivé aussi quand je suis en train de parler avec mon mari ou avec mon fils, de dire « attends, je vais les chercher » (en parlant des appareils) et de me rendre compte que ben non c’est pas la peine. Ca sert à rien. Je commence à m’y faire.

Par contre, quand je bouge ou que je fais quelque chose, poser un couvert sur la table ou encore taper sur mon clavier, j’ai parfois l’impression d’entendre, mais c’est mon cerveau qui me restitue ma mémoire sonore. Ça c’est une sensation bizarre aussi.

J’ai eu plusieurs frayeurs dûes au silence. Mon téléphone, je l’entendais vibrer avant. Maintenant, je suis obligée de le mettre sur moi ou jamais très loin pour savoir si j’ai un message pour ne pas avoir les yeux rivés dessus. Et combien de fois je me suis fait peur toute seule à avoir le cœur battant à cause d’une petite vibration toute bête. Ou encore une porte qui s’ouvre, ne pas l’entendre s’ouvrir. Je suis obligée de prendre des précautions pour pas faire des syncopes à chaque fois 🙂

Bilan à 4 jours post-opératoires : la tête un peu endolorie, maux de tête (genre une gueule de bois mais promis y’a pas d’alcool ! 🙂 ), mal aux tympans comme si ça décompressait mal (note pour plus tard : éviter de se moucher quand on est fraichement implantée, ça fait un mal de chien). La goût dans la bouche est bien présent mais une sensation d’avoir du plastique dans la bouche, je ne sais pas si c’est dû à l’implantation ou à l’anesthésie. Et la mâchoire, personne m’avait dit que j’aurais mal à la mâchoire, pourquoi ? je ne sais pas. Je le saurai 🙂
Mais une chose est certaine, les cicatrices ne me font pas mal.

Le fait de continuer à communiquer avec vous par le biais d’un sms, d’un réseau social, d’un mail, ça me fait du bien et occupe une partie de mes journées. Ca contribue aussi au mental pour la suite !

7 pensées sur “Les premiers jours dans le silence”

  1. que de choses nouvelles pour toi…Tu expliques bien, on comprend assez facilement que toute la partie  » touchée  » doit être fragilisée…. pour dormir sur le côté, te moucher etc… c’est vrai on y pensait pas forcément à tout çà ! Bon allez, le moral est toujours là ! et çà c’est super
    je t’embrasse très fort

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