Prioritaire ou pas ?

L'actuelle station est en rénovation, sous les vestiges ils ont mis en avant les vieilles affiches des années 50 du métro Trinité d'Estienne d'Orves

J’ai une carte qui me permet de demander un accès prioritaire aux places assises dans les transports.

Je ne l’avais jamais utilisée jusqu’à ce que j’aie des vertiges. Je suis toutefois gênée de l’utiliser car je juge que mon état de santé ne nécessite pas toujours l’utilisation de cette carte.

Je suis consciente que d’autres personnes en situation de handicap en ont davantage besoin que moi.

Il m’arrive de la sortir dans le RER, pour justement éviter toute possibilité que mes vertiges puissent s’incruster dans ma vie, ils sont sournois ceux-là. Ils préviennent pas quand ils viennent. Je peux juste essayer de limiter la casse.

Ce matin est un des matins, où les gens sont en mode « j’ai rien entendu, j’ai rien vu ».

Écouteurs vissés sur les oreilles, carte de couleur vive secouée avec la formule de politesse qui va bien avec.

Les gens ne réagissent pas malgré tout cela. Parfois je me demande si je parle assez fort, mais souvent j’ai beau parler plus fort que la plupart du temps, que nenni. Bien concentrés sur leur téléphone. À noter que la demande se fait exclusivement sur les places marquées d’un petit cœur.
Il arrive aussi que les gens réagissent autour des places réservées, étant solidaires avec moi. Oui, ça arrive. Et heureusement !

Il m’est toutefois arrivé qu’on me réponde « allez demander au monsieur à côté » alors que j’étais sur les places spécifiques. J’étais tellement estomaquée par ma réponse qu’on m’avait faite que j’en suis restée pantoise.

Il m’est arrive de ne pas être aimable, et bizarrement je trouve que ça marche mieux, mais ça me gêne de renvoyer cette image de personne handicapée pas aimable. C’est bête je trouve.

Il m’arrive de ne pas demander, parce que les personnes (femmes enceintes, femmes avec enfants en bas âge ou personnes âgées) qui y sont en ont besoin elles aussi.

Il m’arrive de faire des voyages comme tout le monde, sans rien demander à personne, heureusement.

Chaque matin est différent.
Chaque jour, je découvre des choses que je pourrais partager, mais c’est bien souvent des incivilités…

4 réflexions sur « Prioritaire ou pas ? »

  1. Excellent article, merci. J’aime bien les questions que tu te poses. J’ai l’impression que ce sont ces questions qui font notre humanité, quelque part.
    J’ai du mal avec la réaction des gens qui n’en ont rien à faire, cela me fait penser à cet article sur l’empathie que j’ai lu tout à l’heure : http://pasquunemere.fr/de-la-consideration-de-la-femme-enceinte/
    Raaah ! Mais pourquoi ? Est-ce une attitude particulièrement développée à Paris ? (Bon, ici, pas de métro donc je n’ai pas de comparaison directe, mais des gens qui manquent de civilité, il y en a partout…)

    1. Je n’ai pas lu l’article dont tu parles, mais si on devait parler de la femme sourde qui devient mère, j’ai du stock sous le
      coude. 😉
      Il me semble que nous nous posons les mêmes questions en effet.

  2. Dans le métro, tout le monde est crevé, tout le monde voudrait s’asseoir… La faute à nos rythmes de vie, aux transports interminables… Alors parfois c’est vrai qu’il faut s’imposer mais on se sent mal.
    Ce que je n’aime pas, si je suis assise, c’est de sentir qu’on essaie de me déloger, mais pas clairement, plutôt de façon déplaisante, en me bousculant, etc. Si je ne me lève pas, c’est parce que j’ai besoin à ce moment là d’être assise. Et cela, je l’ai vécu avec des mères de famille, je comprends bien leur situation, mais en même temps elles peuvent avoir du mal à comprendre qu’elles ne sont pas seules prioritaires…
    C’est le problème avec un handicap invisible.
    La RATP fait des publicités sur l’incivilité dans les transports, mais il me semble que la question des places réservées n’est pas abordée dans ces publicités, il ne me semble pas avoir vu cette thématique.

    1. C’est vrai que la RATP n’a pas fait de campagne dans ce sens du « handicap invisible » … Tiens, bonne idée, je leur écrirai quand j’irai mieux.

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