Un Noël pas comme les autres…

Étoile de noël au crochet

C’est le jour de Noël, tout le monde s’est levé tardivement à cause de la veillée d’hier. Ce matin, j’ai mis un peu plus tardivement mes processeurs car je voulais vider le lave-vaisselle et ne pas avoir mal à la tête. Le bruit de la vaisselle est terrible à entendre, surtout quand on va vite (je me comprends : prendre 3 ou 4 assiettes en même temps) !

Mon fils installé devant son ordinateur, j’ai pris soin de mettre la télévision avec du son pour masquer les éventuels bruits que je pourrais faire pour installer tous les cadeaux … sous le sapin. Maman est arrivée entre-temps, elle y a placé les siens. Elle n’avait pas sonné pour réserver la surprise à notre fils.

J’ai cogné dans le grelot du sapin, sans faire exprès quand j’ai déposé les cadeaux. Je me suis amusée à le faire tinter plusieurs fois… Mon fils l’a entendu et est descendu. Découverte des cadeaux au pied du sapin, c’est le moment de la distribution !

Moi, assise dans le fond du canapé, silencieuse. Habituellement je ne suis pas comme ça mais là c’était différent. À l’affût ou plutôt dans la crainte des bruits à venir que je ne connais pas. On m’avait prévenue que c’était un moment difficile. Le bruit du papier froissé est un bruit insupportable pour quiconque qui découvre ce bruit.

Après le calme, l’euphorie de Noël et les voix sont vite montées se mêlant aux exclamations de joie de mon fils à la découverte des paquets, et tout cela mêlé au bruit de papier froissé. Le summum en terme de bruit pour moi qui avais jusqu’à présent réussi à gérer. Là, c’était vraiment comme une explosion sonore dans ma tête. Le cœur qui bat fort parce que le cerveau s’emballe devant tant de bruits. Devant tant de détails sonores, tellement d’informations que mon cerveau a du mal à les traiter et filtrer ce qui est important ou pas. Quel bruit a davantage d’importance à un autre ?

Noël, c’est censé être un moment joyeux. Je me suis retenue pour ne pas gâcher l’ambiance. Je ne pouvais plus supporter les effusions de voix. J’ai demandé à mon conjoint de descendre d’un ton et j’ai bien évidemment baissé le son de mes processeurs au minimum pour avoir quand même du son, pour ne pas être complètement coupée. Ça aurait été dommage.

Arrivés à la moitié des cadeaux, mon cerveau a dit stop. J’ai craqué, les larmes ont coulé de tristesse et de joie parce que je voulais être de la fête, je voulais être contente pour mes proches qui étaient heureux de leur cadeaux. Mais moi, j’étais à saturation, saturation de tous ces bruits. Je me demandais comment font les gens pour supporter tous ces bruits. Il y a bien un filtre, mais alors il est sacrément costaud ce filtre !

C’est là que j’ai réalisé que le premier Noël de mon fils quand il avait 3 mois et demi, cela avait été difficile pour lui. L’ouverture du premier paquet avait provoqué une crise de larmes de sa part car il avait été surpris par ce bruit si particulier. Nous aussi, nous avions été surpris de sa réaction. Je comprends désormais tous ces bébés qui pleurent à leur premier Noël/Anniversaire. Tous ces bruits, c’est une explosion sonore qui arrive une fois l’an et on n’est pas habitués.

J’ai fini par retirer mes processeurs pour finir de déballer tous les cadeaux un peu plus sereinement et être joyeuse pour ce moment précieux en famille. C’était aussi un moyen pour montrer à ceux qui m’entourent que je peux pas supporter davantage ce monde sonore, que c’est trop dur pour moi.

En passant à table, j’ai remis mes processeurs pour pouvoir profiter des conversations au calme. Nous avons trinqué. J’ai entendu le tintement de la coupe de champagne, j’ai souri. C’était un bruit doux, mélodieux selon la position de la main sur le verre mais aussi différent si le verre est plus ou moins rempli. Autant de tintement possible, chaque trinquement est différent. Richesse sonore.

J’ai réussi à entendre la sonnerie du four sachant que ça allait bientôt arriver, mais c’était bien la première fois que je l’entendais. Un bip long et discontinu. Cette sonnerie aigüe ne pouvait pas m’être accessible avant, je n’avais pas les fréquences aigües dans mon audiogramme, ou du moins je les avais perdus.

Cette journée de noël a été particulièrement riche en sons, mais aussi fatiguante pour moi. Elle a été très particulière pour moi et le restera.
Une sieste en fin d’après-midi fut nécessaire pour récupérer de la journée, pour que mon cerveau se repose et puisse continuer à gérer les bruits à venir. Faire des pauses, c’est nécessaire pour pouvoir continuer à faire des efforts.

Les nuits sont salvatrices. Chaque nuit, je dors aussi profondément que je peux. Mon cerveau enregistre les sons de la journée et le matin je repars à nouveau comme le petit lapin Duracell dont on a rechargé les batteries …

Il y a tellement à dire … Il peut également y avoir une reprise des différents statuts publiés sur les réseaux sociaux et un décalage dans le temps

8 pensées sur “Un Noël pas comme les autres…”

  1. Bonjour Sophie,

    ooooh comme je te comprends… ce brouhaha insupportable lors des repas de famille ou entre amis.
    Mon ressenti d’entendant n’est pas comparable surement mais je crois bien comprendre ton ressenti tout de même.
    Bises

  2. Pour moi qui entends depuis toujours, c’est difficilement compréhensible et pourtant, il est évident que cela doit être une telle avalanche d’informations que cela te doit submerger. Merci de partager car tous ces petits bruits auxquels je ne fais pas attention peuvent être de beaux cadeaux et de petits bonheurs à collectionner comme le bruit des verres qui tintent. Merci Sophie et doux baisers.

  3. Pour avoir assisté à un spectacle de sourd (Jef’s – Sourd toujours) avec des sourds et bien oui on est bruyant quand on est plusieurs !
    Pour la petite histoire, j’ai fait partie des entendants qui applaudissaient… je me suis senti très bête 🙂
    It’s my life, désolé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *