Chroniques de mon lit d’hôpital

Pochettes de perfusions suspendues

Voilà maintenant 5 jours que je suis hospitalisée à cause d’une infection bactérienne identifiée et une réaction allergique aux stéri-strips (les petits pansements autocollants). Il semblerait que ma peau ne les supporte pas, je vous rassure c’est rare ce genre de réaction !
Il fallait que je ne fasse pas comme tout le monde !

L’antibiothérapie

L’infirmière qui m’a posé ma perfusion pour l’antibiothérapie par voie perfusée a été sympa. Je lui ai dit que je tricotais et que j’écrivais pas mal, elle a pris ma demande en compte.
Étant gauchère, ma perfusion est posée à droite de telle manière que je peux faire à peu près ce que je veux. Je suis pas tout à fait libre de mes mouvements mais je m’en accommode très bien selon mon mari 🙂

La mise en route de l’antibiothérapie a été moins rapide que je le pensais, elle a été mise en route que mercredi soir. Ils l’ont accélérée depuis samedi, il manquait quelques doses…
Cela dit, je peux dire que je suis prise en charge !
J’ai une perfusion toutes les 8h avec en plus un traitement par voie orale toutes les 12h.

Y’a de quoi faire, les cellules dans mon corps vont bien s’amuser…

Quand je vous écris ça, j’ai le visuel du générique de « Il était une fois la vie », avec tous ces bonhommes qui transportent les cellules dans le dos (ça y est, t’as le générique dans la tête ?). C’est le binz dans mon corps, j’ai le droit aux effets secondaires dûs aux traitements.

D’autres effets secondaires tels que la soif, la langue brulée, déglutition difficile et mal de gorge provoqué par les reflux gastriques, j’essaie de prendre mon mal en patience.
Je mange moins. J’ai trouvé la nuit dernière une position pas trop mal, je dors quasiment assise. L’important est que le traitement fasse effet.

Libérée, délivrée

Mais surtout, le plus important dans l’histoire : les cicatrices ont enfin cicatrisé ! Ça commence à me gratter, c’est bon signe. J’y touche pas. J’ai tellement attendu ce moment !
Le médecin de ce matin m’a autorisée à retirer le filet qui tenait mes pansements, je ne le supportais plus en fait, car il me tenait chaud aux oreilles et me ramenait en permanence à la réalité.

Je vais avoir droit à mon premier shampooing intégral que je n’ai pas eu depuis le 17 novembre, en lavant que des parties de mon crâne au gant pour ne pas prendre de risques pour la cicatrisation. Je suis tellement contente de l’avoir ce foutu shampooing que la bétadine n’a plus d’importance. On pourra dit que j’ai testé le no-poo en quelque sorte.

Une copine m’a dit : « S’il y a un truc qu’on apprend bien à l’hôpital, c’est qu’il n’y a pas de petite victoire. Toute bonne nouvelle est une victoire et on apprend aussi à apprécier les choses simples. »

Je me dois aussi de remercier mon coiffeur Jordan de chez Didact, qui a su cerner mes attentes avant mon opération, qui a su me couper les cheveux de façon à ce que ça soit cool à gérer par la suite. Il a tellement bien cerné ma demande que mes cheveux n’ont pas été un problème. Même les cheveux sales et ébouriffés, j’ai pas l’air d’une cinglée.

C’est un conseil que je donnerai à toute personne qui souhaite se faire implanter.

Le temps infini à l’hôpital

Les journées à l’hôpital se ressemblent terriblement, mais surtout elles sont interminables. Quand tu pénètres dans la sphère du milieu hospitalier, la mesure du temps change !
5 minutes d’hôpital correspondent à 1h dans la vraie vie, j’exagère à peine.
On dirait « Entre deux rives » avec Sandra Bulldock et Keanu Reeves pour ceux qui l’ont vu. Ou encore la série où il y a un espace temps qui n’est pas le même pour plusieurs personnages comme dans … Fringe !

Cœur de maman

Même si j’avais mon petit garçon en vidéo tous les jours, le contact commencait à manquer cruellement au bout de 5 jours.
Ce matin, j’ai vu mon petit garçon que je n’avais pas vu depuis le début de mon hospitalisation. Ca m’a fait du bien, mon coeur de maman est rassuré. Je vais rester encore un peu hospitalisée quelques jours.

J-1, l’activation des électrodes

Depuis hier, j’ai un sentiment d’angoisse qui m’envahit car malgré l’hospitalisation, l’activation est maintenue pour demain matin. J’en ai pas beaucoup parlé car j’avais peur que mon séjour à l’hopital retarde ce moment si important pour moi.

La peur de ne pas arriver à encaisser l’onde de choc du retour au monde sonore, la peur que ce soit totalement différent au niveau sonore, j’ai peur tout simplement. La peur c’est quelque chose d’humain. Il faut simplement pas se laisser envahir par la peur, il faut se raccrocher à ce qui est réaliste.

18 jours que je suis plongée dans le silence total,
18 jours que je ne m’entends pas parler,
18 jours que je n’entends pas mes proches,
18 jours que mon cerveau est comme anesthésié.

Définir le silence est compliqué car nous avons chacun un silence différent, le silence est interprété de manière différente par nos cerveaux.

Le silence total est fatiguant car tous les sens sont exacerbés par l’absence d’ouïe. Toujours à l’affût du moindre signe qui pourrait attirer mon attention.

Mon corps est fatigué, mon esprit aussi, mais je lutte comme je peux.
Malgré mes moments de faiblesse, je sais que je vais y arriver.

19 pensées sur “Chroniques de mon lit d’hôpital”

  1. Je suis loin mais je prends le temps de lire tes articles qui me rassurent un peu. Je pense fort à toi! Tu es très courageuse ! Courage, tout va aller mieux!!! <3

  2. Courage ! Je suis passé par là et je comprends parfaitement vos peurs.

    L’important est de compter sur vos proches le jour d’activation des électrodes (qui est moi a été le début de la renaissance).

    1. Merci Emmanuel, mes proches et ami(e)s sont aussi présents depuis le début de mon aventure. Je suis bien entourée.
      Par contre, je ne parlerai pas de renaissance … c’est vraiment le jour du largage 😉 mais peut être avez-vous entendu avant d’avoir des implants cochléaires ?
      Amicalement,

  3. Un petit coucou dans l’attente d’avoir de tes nouvelles. C’est vraiment bien le blog pour pouvoir suivre tes aventures. Pleins de gros bisous.

  4. quelle fluidité dans ton écriture… on s’accroche au 1er mot, à ton courage à ton optimisme ( oui tu arrives à nous faire sourire quelquefois….et même rire d’autres fois … )
    … je t’admire et je suis très fière d’être ta  » tata  » taratata…
    Je t’embrasse très fort avant d’aller au lit….

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