Paris Web : you can do it, you did it !

Paris Web

Ma semaine a débuté par une signature de contrat d’embauche et a été suivie de la 4ème édition de Paris Web, je ne pouvais pas demander mieux. J’étais vraiment sereine.

J’ai commencé Paris Web avec le dîner des orateurs puisque mon cher et tendre avait été sélectionné. J’ai dîné avec des personnes vraiment adorables dont mes voisins de table n’étaient que Corinne Schillinger la présidente de Paris Web, David Rousset, Julien Wajsberg et Robin Berjon. Passer la soirée à parler de paris web, handicap, des sujets qui me tiennent à cœur. Un vrai régal de vous connaître. J’ai bien l’intention de vous revoir dans l’année !

Les retrouvailles avec les personnes que je connaissais étaient toujours aussi fortes surtout après ces derniers mois. Reposée, regonflée à bloc pour cette 4ème édition qui était déjà palpitante sur le papier.

Le web virtuel qui devient réel. C’est quelque chose qui finalement est fréquent dans ma vie ces derniers temps. Mettre des visages sur des têtes connues sur internet.

J’ai beaucoup axé les conférences qui étaient dans la salle Moebius tout simplement grâce à la vélotypie. Je remercie encore Globalis pour avoir permis l’accessibilité en vélotypie, d’avoir exaucé mon rêve : assister à des conférences de gens qui font le web avec passion.

Une chose qui mérite d’être soulignée puisque Paris Web est l’unique conférence accessible en vélotypie et langue des signes également.

J’ai tout de même choisi d’aller dans l’auditorium pour suivre la conférence d’Élie Sloïm et Nicolas Hoffmann intitulée « la qualité web : l’heure de passer à la caisse ». J’étais en forme, la première conférence de la journée. Je pouvais le faire.
Je n’ai pas tout compris, j’ai saisi quelques idées mais difficile de comprendre deux personnes qui présentent en tandem sans vélotypie.
Connaissant les deux personnages. J’ai bien ri.

Paris web est riche dans sa diversité des conférences. J’ai pu voir des conférences qui m’ont encore appris des choses, renforcer ce que je connaissais déjà, en réviser quelques unes. Juste parfait comme il faut.

« Les masques CSS : vers de nouveaux usages dans le webdesign » de Vincent de oliveira était très intéressante, ludique et vraiment pédagogue.

« Le web fait pousser mes tomates » d’Olivier de Villardi n’a fait que de renforcer ma passion pour les carrés potagers, j’avais raison de me lancer dedans. C’est une vraie bouffée d’oxygène pour moi.

« Web components, the right way » avec Bruce Lawson et Karl Groves je connaissais pas. La curiosité m’a poussée. Instructif. J’ai appris des choses 🙂 Thank you Bruce and Karl. A very good time with you.

«  Intitulé de postes : bas les masques » de Goulven Champenois. Dans l’audiorium sans vélotypie. Conférence intéressante et que j’ai pu suivre sans velotypie. Goulven, tu vois challenge réussi, j’ai tout compris et c’était tellement vrai ce que tu disais.

« Responsive Web Typography » de Marko Dugonjíc. La typographie dans le responsive web design, toujours un sujet ludique et utile.

« Responsive Web Design : Clever Tips and Techniques » de Vitaly Friedman. Une nouvelle manière d’aborder cette technique. Des astuces, des bonnes pratiques pour aborder de manière sereine.

« Things I wish I knew when I started in Digital Accessibility » par Billy Gregory. Une conférence qui remotive et qui peut inciter les gens à s’investir davantage dans l’accessibilité.

La vélotypie a eu du mal par moments, j’ai été frustrée de voir que les conférences commençaient parfois sans qu’on ait la vélotypie. Se rattraper sur les interprètes en LSF pour moi a été difficile. Je sais que les challenges techniques ne sont pas toujours faciles. Le staff en régie était très réactif. Nous avions des codes : quand ça marchait mal, j’avais pour consigne d’envoyer un SMS ou de taper 🙂 Un tandem efficace. Merci Benoît, Piwan.

Après cette première journée intense, je suis allée dormir une petite demi-heure pour justement pouvoir continuer à profiter de l’apéro communautaire. J’ai pu parler avec les personnes que je n’avais pas pu voir dans la journée et surtout pouvoir tester mes nouveaux appareils auditifs dans un environnement bruyant. Heureusement que ce programme que j’avais en plus de la fréquence de « tous les jours » m’a permis de pouvoir converser sereinement et sans vraiment trop faire répéter, car mes appareils auditifs ciblaient la voix de la personne, effaçaient la musique et le bouhaha environnant. Je dois dire que c’est quand même la grande nouveauté par rapport à l’an dernier.

J’entends mieux, je comprends mieux les gens. Après 6 mois d’utilisation, je commence à en voir le bénéfice. C’est vraiment appréciable. Je me suis sentie intégrée, la différence ne se faisait pas sentir. C’est quelque chose que je ne peux pas exprimer.

J’ai appris de très bonnes nouvelles ce soir-là. Paris Web avait encore exaucé un de mes rêves. C’était juste énorme. Je n’ai toujours pas les mots pour l’exprimer. Seul le staff comprendra je pense. J’en ai pas pleuré, mais j’en pleure aujourd’hui. Vous êtes des champions.

Deuxième jour, j’ai enchainé sur la salle Moebius en particulier ce jour-là puisque la fatigue était plus présente. C’est fatiguant de devoir suivre, d’essayer de comprendre, décrypter, c’est un événement tellement important que je ne veux pas en rater une miette mais je suis obligée malgré moi de devoir laisser passer quelques infos.

« Code de qualité : ce qu’il faut savoir » de Julien Wajsberg et Anthony Ricaud. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais mon cerveau il a dit non. Il s’est déconnecté.

« 100% de revue de code » d’Agnès Haasser. Une conférence intéressante. Promis, je vais me mettre au pull request. Ca a l’air rudement efficace.

« Exploring Paypal’s Boostrap Accessibility Plugin » de Dennis Lembree. Utilisatrice de Bootstrap, je ne savais pas qu’il y avait ce plugin en plus. J’ai appris des choses. Il ne me reste plus qu’à les appliquer.

« Le burnout et comment on l’évite » de Stéphane Deschamps, une conférence vraiment humaine sur un sujet dont on ne parle pas assez et qui me tient à cœur aussi sur un autre sujet similaire. Une conférence abordée avec humour et brio.

«  Petits secrets entre amis : les acteurs du web doivent-ils prêter serment ? » de Jean-Philippe Simonnet. Je ne vais pas être très partiale puisque c’est mon conjoint. Il a assuré comme d’habitude avec son bagou même si le stress était très présent.

« Mes projets web se passent toujours bien ! » de Jérémie Patonnier. Que dire, c’est quelqu’un qui m’impressionne par sa « coolitude » sur scène. Toujours intéressant !

J’essaie de suivre Vanessa Ilmany « Comment tirer le meilleur parti de ses erreurs » mais mon cerveau bloque et je me retrouve dans ma bulle. Je commence à me concentrer sur ce que je vais dire dans mes 4 minutes qui vont être intenses. Pardon Vanessa, les slides étaient alléchants mais mes oreilles elles ont dit niet.

40 minutes avant les lightnings talks, tout devient flou. J’arrive plus à suivre, plus à communiquer. J’entends les voix, les bruits autour de moi, je ne les comprends pas.  Le stress est de plus en plus présent.

10 minutes avant, Audrey du staff me demande si les mains tremblent. Bizarrement, je ne tremble pas. C’est pas comme en 2012. C’est différent. Je me remémore la phrase de Robin « tu es en compétition avec toi-même » et c’est tout à fait ça. Je veux faire mieux qu’en 2012. Je me concentre. Les LT commencent. Voir Robin torse nu faire des claquettes et Daniel avec ses lunettes blanches, je ris, je me détends un tout petit peu mais sans plus.

Mon tour arrive. Le black-out total. Je ne me rappelle pas ce qu’il s’est passé. Je crois que j’étais en mode automatique. J’ai pas eu le temps de flipper, d’hésiter. Je me suis dit : « Ma poule 240 secondes c’est parti. Fonce. N’attends pas, ne réfléchis pas. ». Mon cerveau est revenu à la réalité quand j’ai parlé de mon fils. J’ai senti l’étranglement dans ma voix. Il me manquait. Je me suis ressaisie en 2 secondes. J’ai fini mon LT avec la larme à l’œil.

Lightning talk 2014
(vous pouvez me voir à la 14eme minute – http://new.livestream.com/accounts/1764940/ParisWeb-moebius/videos/65195658)

Heureuse d’avoir pu être audible, heureuse de voir que ma voix avait été claire, de voir que l’ambiance de la salle était dans un silence religieux. C’est une ambiance que j’ai rarement vue.

Terminer Paris Web sur un apéro / repas improvisé avec encore une fois les personnes que je n’avais pas, moi-même osé aborder, oui, ça m’arrive aussi. J’ai passé une excellente soirée. C’est comme une bande de vieux copains qui se retrouvent comme s’ils s’étaient quittés la veille. Cette impression se confirme de plus en plus chaque année. Je suis fière de vous connaître.

Je suis heureuse de connaitre le staff de Paris Web qui a encore exaucé un de mes rêves. Diffuser des vidéos « sous-titrées » à l’arrachée tout de suite après un événement. Personne ne pourra me dire que ce n’était pas possible. Je remercie Veodem de l’avoir fait et je vous encourage de continuer à le faire. C’est vous qui faites avancer les choses. Je me sens incluse dans cette société des gens qui font le web avec passion.

Me réveiller après 2 jours intenses, je ne fais qu’une seule chose : c’est de pleurer car j’ai passé 2 jours merveilleux, c’est comme si c’était Noël pour moi.

Pour les 10 ans de Paris Web, mon rêve est de voir la deuxième salle accessible en vélotypie, rencontrer Tim Berners-Lee sans qui tout cela n’aurait pas été possible et lui dire merci.

Merci au staff de Paris Web qui s’est encore donné à fond cette année.
Merci à Corinne qui n’a pas lâché l’affaire. You can do it. You did it !

#sharethelove

23 pensées sur “Paris Web : you can do it, you did it !”

  1. Bonjour Sophie,

    En lisant ton billet, j’ai repensé à ma première rencontre avec Jean-Philippe. Il m’avait parlé de toi, de ce que tu faisais… et surtout des raisons pour lesquelles tu ne venais pas à Paris Web. Alors je mesure avec bonheur et émotion tout le chemin parcouru depuis ce jour ! 🙂

    Amicalement,
    Monique

  2. Ton lightning talk en forme de témoignage m’a émue, en pensant à toutes ces personnes qui sont entrées en communication grâce au Web, dépassant les limites de leur bulle, que ces limites soient la distance, le handicap ou la timidité. À cette réalité qui n’a rien de virtuel, dans ce qu’elle change une vie. Merci.

    On parle souvent de rendre les contenus, les services, etc. accessibles à tous et toutes, mais c’est à double sens et c’est plus humain que cela : le web me rend accessibles des personnes avec lesquelles je n’aurais pas pu communiquer sans cela. Je suis ravie de te connaître ; tu m’aurais manqué. Bises !

  3. Tu as assuré face à toi même car tu es qqn de costaud de déterminée et une personne géniale ! Pour les 10 ans le soir de la 2ème journée à une autre table nous avons aussi évoquée Tim comme super idée 🙂 Biz à toi et à ton fils qui peut être fier de sa maman !

  4. Superbe billet Sophie ! Je ressens ton émotion. Te voir prendre la parole pendant cet exercice éminemment difficile du « lightning talk » m’a donné un bon coup de pied au cucul pour tenter de faire une conf’ l’année prochaine. Merci !

  5. Hello Sophie,
    cette boule dans la gorge quand tu as parlé de ton fils, tu n’étais pas la seule à l’avoir, crois-moi. On était un paquet dans la salle…
    Ton lightning talk n’était pas seulement émouvant, il était également instructif, il faut le souligner. J’avais une vague idée de l’intérêt des objets connectés, mais j’y voyais surtout des gadgets pour geeks. Tu m’as ouvert les yeux sur des applications très concrètes qui permettent de mieux vivre avec une déficience, et faire en sorte qu’elle devienne de moins en moins un handicap.
    Encore bravo et vivement ta prochaine conf!

    1. Hello Olivier,
      Sur le coup, je me suis dit que ça s’était entendu, c’est pour ca que je me suis reprise assez vite. Pour les objets connectés, j’y reviendrai bientôt. J’ai hâte que tu voies ce que j’ai présenté à Accessiday pour que tu puisses voir réellement l’intérêt des objets connectés. Bises

  6. Ce sont tes (vos) retours d’expérience qui font qu’on tente le maximum et qu’on ne lâche rien : savoir que la vélotypie et la LSF n’est pas un « plus » technique mais qu’il vous est simplement nécessaire pour profiter des conférences fait qu’on se démène pour vous les fournir.

    En toute honnêteté, si l’un ou l’autre avait manqué, on serait beaucoup dans le Staff à l’avoir mal vécu car ça n’aurait tout simplement pas été Paris Web. 😉

    1. Je pense que vous n’auriez pas été les seuls à l’avoir mal vécu si l’un ou l’autre avait manqué. Moi aussi. C’est pour ça que j’ai écrit ce témoignage pour justement montrer que les efforts que vous avez fait, sont importants pour moi, pour ceux qui en ont besoin. C’est un signe d’inclusion et ca mérite d’être souligné. #sharethelove

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