Quitter sa zone de confort

Je me rends compte que sur le web, il y a beaucoup de personnes qui se posent la question de savoir si ca vaut le coup de se faire implanter ou pas, est-ce que c’est bien, est-ce que … et s’ensuivent mille questions… Je reçois même des mails me demandant si l’implant pourrait convenir à la ladite personne, je réponds que je ne suis pas qualifiée et qu’il faut aller voir un centre d’implantologie ou un spécialiste de la surdité. 

Les questions sont propres à chacun, chacun a des questions différentes.

Chacun va apprécier ce nouvel outil moderne différemment (oui même si cela existe depuis 40 ans environ, ca reste encore un nouvel outil car il n’y a pas autant de retour d’expérience sur ce sujet — par exemple ici la bi-implantation chez l’adulte sourd de naissance — je pourrais faire un petit historique à la limite à l’occasion).

Chacun avec son expérience, sa surdité, son parcours aura un ressenti différent de son parcours de personne implantée.

Ce que j’exprime ici, est mon parcours, mon ressenti. Certaines personnes peuvent se retrouver dans mes écrits, peuvent avoir des émotions que j’ai aussi ressenties.

Pourquoi parler de la zone de confort ?

J’ai envie de parler de cette zone de confort. Il faut se l’avouer qu’à certains moments de notre vie, on apprécie d’avoir cette zone de confort.

J’ai décidé, il y a quelques mois maintenant, de quitter ma zone de confort pour aller vers du mieux. Je sais que ce n’est pas facile à prendre comme décision. Je me rends compte tous les jours que c’est un choix que j’ai fait.

Un choix volontaire que j’ai décidé de moi-même en toute conscience et qui a été mûrement réfléchi.Parce que je savais pas ce que ces implants pouvaient m’apporter, je ne pouvais pas imaginer ce que ca donnerait au niveau sonore, les médecins avaient peut être une vague idée de ce que je pourrais avoir mais… le cerveau est un organe tellement étrange qu’on a pas assez de recul pour savoir comment il va réagir.

Ce que je savais en me faisant opérer, c’est que ca allait être difficile, bouleversant psychologiquement, fatiguant, qu’il faudrait être patiente et motivée, que je pourrais à minima récupérer ce que j’avais avant ma perte d’audition, je voulais simplement retrouver un confort que j’avais. Je ne suis pas encore arrivée à cette zone de confort que j’avais, ça progresse.

Aujourd’hui, cela fera un peu plus de 4 mois et demi que j’ai sauté le pas.

C’était certes un choix peut-être un peu fou pour certaines personnes, un choix insensé, osé, taré voire courageux (mais je ne vois pas pourquoi ce serait courageux, enfin, c’est un autre débat 😉 )… je cherche d’autres mots pour lister le côté fou de la décision que j’ai prise, mais j’en trouve pas, pas pour le moment.

J’ai pris cette décision car je ne voulais vivre qu’une fois ce qui est en train de m’arriver et non pas deux fois. Une seule anesthésie, une seule hospitalisation (ok, j’ai pas eu de bol, j’ai eu une ré-hospitalisation), une seule rééducation orthophonique en stéréo (certes intense !), la spatialisation du son quand on est en stéréo, etc…

Ce dernier mois a été difficile à vivre. Le moral, la patience, le ressenti en ont pris un coup. Les choses qui parfois n’avancent pas aussi vite qu’on le voudrait. Patience est le maître mot de l’implant. Si ca devait se résumer en un mot je dirais patience aujourd’hui. Demain, ce sera peut-être différent.

Il arrive qu’on regrette d’être sorti de sa zone de confort volontairement. Pour être honnête, j’ai dû le penser 2 ou 3 fois genre 5 secondes : Merde, pourquoi j’ai fait ça ? Je veux retrouver mes appareils. Oui, mais non, je veux du mieux, je veux aller de l’avant, je veux mieux entendre. Sauf que là, il n’est pas possible de revenir en arrière, enfin si, mais c’est aller direct pour le monde du silence intégral, ce que je n’ai jamais souhaité.

Le regret, c’est normal c’est humain, enfin, je crois.

Quelques nouvelles

Ce mois-ci a été plutôt compliqué à gérer aussi bien au niveau sonore que moralement et physiquement.

Trouver le bon réglage, essayer de tenir bon malgré les sons qui pouvaient être parfois agressifs et énervants surtout quand on ne sait pas d’où ils viennent, de prendre sur soi pour pas envoyer bouler tout le monde parce que c’est pas parfait comme on voudrait, serrer les dents pour encaisser les différentes remarques (pas trop hein, parce que c’est pas le moment d’aller chez le dentiste ! ), supporter tous ces nouveaux bruits qu’on aurait pas imaginé entendre, se dire que le monde est bruyant, se dire que c’est une chance formidable d’entendre, avoir les personnes autour de soi au bon moment même si elles aussi ont leurs soucis de santé et de boulot, de rester en contact avec certains collègues pour ne pas perdre pied vis à vis du bureau (même si j’ai la sensation d’être très loin de toute cette équipe avec qui je m’entends bien) et surtout chaque petite victoire est bonne à prendre.

Il y aurait tellement à dire, mais je ne peux pas tout raconter sur la toile comme ça et encore, ce billet est écrit d’un premier jet. Il y a des choses qui sont encore trop fraîches pour que je puisse les raconter ou pas un jour.

Je continue toujours à écrire dans mon cahier, qui est le 3è désormais. Il me suit toujours partout … D’ailleurs faut que j’aille remettre de l’encre dans mon stylo-plume.

Après, rien ne vous empêche de m’écrire pour avoir des nouvelles 🙂

NB: Non, pas de permis moto en vue, la photo a été prise lors d’une Gamon Girls Party organisée par Sandrine Camus.

2 pensées sur “Quitter sa zone de confort”

  1. Très fière de toi ma Sosso ! Bravo d’avoir pris le risque de sauter le pas et d’être sortie de ta zone de confort !
    T’inquiète, on est là, on te soutiendra jusqu’à ce que tu trouves ta nouvelle zone de confort !
    Bisous !

  2. C’est tres bien de sortir de sa zone de confort! Comme tu l’as si bien dit, on peut échouer et recommencer, surtout ne rien lâcher. On peut se sentir mal, moins bien, et aussi gagner en bien être, en confort avec de l’adaptation!
    Je suis ravie que tes posts soient authentiques, c’edt comme ca que je les ressens.
    Tu es forte Sophie, j’aime vraiment Ca chez toi 🙂
    Bisous

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