Victor Hugo, le Baccalauréat

Ces derniers temps, je vois des tweets sur le Baccalauréat, Victor Hugo, les grèves dans les transports en commun sur ma timeline.
Tout cela a réveillé des souvenirs.

L’année où j’ai passé mon bac, j’ai eu Emile Zola en français. Mes sujets portaient sur Germinal d’Émile Zola et le respect d’autrui de Victor Hugo, (j’ai un doute sur l’exactitude du second sujet).

Le matin quand je suis partie de chez moi pour aller passer mon bac de français, j’ai pris les transports en commun. J’étais partie avec plus d’une heure d’avance pour ne pas rater les épreuves. J’étais scolarisée dans un lycée spécialisé dans l’enseignement pour les sourds et malentendants à Paris.

Je ne me voyais pas suivre les cours dans un lycée général dans un cursus de 3 ans, le rythme étant plus dense, plus oralisé. J’ai effectué mes années lycée en 4 ans. Les années de première et terminale étaient étalées sur 3 ans. Cela m’a permis d’assimiler plus facilement ce qu’il y avait à apprendre.

Les effectifs par classe étaient plutôt réduits. En seconde, nous étions une bonne vingtaine et quand je suis passée en série ES nous étions plus que 6 ou 7, le reste de la classe étant passé en scientifique. Les professeurs étaient beaucoup plus attentifs à nous, plus attentifs à ce que nous avions compris, ils prenaient vraiment le temps de nous expliquer et parfois ça nous menait à des ambiances de délire. Évidemment en étant 6 par classe c’est plus difficile pour faire le pitre entre autres même si j’étais forte en la matière, je crois.

Le professeur parlait, mais beaucoup de support écrit au tableau, recopier des lignes et des lignes … J’en étais arrivée à trouver des stratégies avec mes camarades. On alternait l’écriture des pages et on complétait après.

Lors des épreuves du Baccalauréat, j’ai passé l’épreuve dans un autre lycée du secteur.
J’ai eu beaucoup d’émotions à rentrer dans un grand lycée car le mien de lycée était tout petit, voire même un peu trop quand j’y repense, mon lycée avait une ambiance qui était un peu particulière dû au fait qu’il devait y avoir une centaine d’élèves de la 6ème à la Terminale.

Quand j’ai passé mon bac, j’ai eu droit à un aménagement de l’examen. Mes épreuves étaient rallongées d’un tiers du temps de l’épreuve. Ce temps supplémentaire me permettait de mieux comprendre les textes de l’épreuve et j’avais la possibilité de faire appel à un professeur qui nous accompagnait et qui, occasionnellement, nous reformulait les phrases.

A lire ça, on pourrait dire « quel luxe » sauf que … j’enchaînais les épreuves comme tout le monde. Pas de possibilité de décaler les débuts d’épreuves, le retard n’était pas toléré contrairement à aujourd’hui.

Les lycéens avaient plus d’une heure de pause entre chaque épreuve. Moi, je devais m’organiser et surtout prévoir mon déjeuner car avec le tiers-temps j’avais beaucoup moins de temps que les autres pour décompresser. Je ne saurais plus dire mais je crois que le maximum était de 20 minutes. Difficile d’enchaîner les épreuves sans avoir eu le temps de vider la tête, de manger, et de repartir passer des examens.

Après avoir remporté l’épreuve du français écrit et oral haut la main, je partais avec des points d’avance pour le reste des épreuves. J’étais confiante.

Les résultats du bac, je ne les ai même pas cherchés sur le minitel, je suis allée à Paris accompagnée de ma maman en voiture. J’étais tellement stressée que mes jambes ne me portaient plus. Ma plus grande déception a été de devoir repasser certaines épreuves au rattrapage, j’étais très loin … de la moyenne.

Plus d’une centaine de points à rattraper.
Branle-bas de combat de la part de mes professeurs, de mon orthophoniste. Certains avaient organisé des révisions au lycée, d’autres chez eux.

J’ai, grâce au soutien de ma mère, mes professeurs et mon orthophoniste, finalement eu mon baccalauréat.

Le baccalauréat était pour moi un diplôme essentiel pour pouvoir passer dans les études supérieures, comme le dit Victor Hugo  — « La liberté commence où l’ignorance finit.  », extrait d’Océan prose

5 pensées sur “Victor Hugo, le Baccalauréat”

  1. Ah oui ça devait être vachement fatiguant tes journées d’examen…
    J’ai eu la même déception que toi … mais le principal c’est qu’on l’a eu :-). Et finalement ce grand nombre de point à rattraper m’a aidé car j’ai pas réfléchi longtemps au choix des matières à rattraper!

  2. Je ne me rappelle pas de l’épreuve écrite de français, mais à l’oral!!!!! Je suis tombée sur Montaigne en vieux français (hors liste des textes préparés) sur le cannibalisme…. ça a été rude! Bon sang! C’était il y a longtemps… Mais à l’époque j’étais entendante et je n’imagine pas le travail pour y arriver en étant sourde… Chapeau!

  3. J’ai eu le même parcours scolaire que vous. C’était au lycée Joffre à Montpellier, où effectivement on faisait de la seconde à la terminale en 4 ans au lieu de 3 ans, il y a un peu plus de 20 ans. J’aime beaucoup la citation « La liberté commence où l’ignorance finit. ». Chouette votre blog !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *