Déjeuner en groupe

Allez, un nouvel épisode !
Seront répertoriées ici les situations vécues auxquelles je peux être confrontée. Mais je ne vise personne de particulier, cela a pour but de montrer les problèmes quotidiens.

On me propose de venir déjeuner avec 3 personnes bien entendantes qui sont au courant de ma surdité (en temps de travail tout va bien), qu’il faut me regarder ou du bien articuler sans pour autant me regarder tout le temps, ben oui, on ne va pas monopoliser toute l’attention non plus 🙂

Le déjeuner commence, la conversation commence à s’enflammer au vu de l’actualité actuelle, c’est chauuuUUUd ! Vaine tentative à faire répéter l’un, je me ravise en me disant que je vais attendre un peu, histoire que la conversation se calme, mais … c’est pas le cas, alors je tente un « parlez pas tous en même temps » … qui lui passe quasiment inaperçu dans la conversation animée.

Je retente de faire répéter, de faire comprendre que je n’ai pas compris en glissant un regard interrogatif. On me répète ce qui a été dit. C’est super sympa. Sauf que ca n’a ni queue, ni tête. Une phrase sortie de son contexte parfois ca veut pas dire ce que ca doit dire. Hein toi, lecteur qui me lit, tu comprendras peut-être ?

Penser intérieurement que parler la bouche pleine, c’est pas franchement gratifiant pour la personne sourde qui voit toute votre nourriture malaxée entre les dents et qui essaie de suivre la conversation malgré le décor imposé.


Note pour plus tard :

– soit arrêter la conversation et rappeler les règles du jeu qui sont aussi valables pour les autres.

– soit prendre ses affaires une fois qu’on a fini de manger, de regarder la mouche voler, et leur souhaiter une excellente fin de déjeuner. C’est pas franchement la solution que je préfère, peut-être qu’elle est plus « choc« .

– soit déjeuner tout seul avec ses pensées et accessoirement son tricot s’il y a (c’est pas funny non plus hein.).

Et toi, lecteur entendant, si tu devais avoir une personne sourde à tes côtés, comment réagirais-tu si ton interlocuteur sourd te faisait l’une des 3 notes proposées ?

 

Sur ce, j’ai faim. Bon appétit !

31 pensées sur “Déjeuner en groupe”

  1. Je trouverais parfaitement normal que tu interrompe la conversation pour nous faire répéter.
    Je pense qu’il ne faut pas hésiter à le faire.
    Tes collègues font sans doute attention au début, puis le naturel reprenant le dessus ils parlent plus vite. Et donc continuent sur leur lancée.
    Si tu ne dis rien, les autres peuvent penser que tu continue de suivre ce qu’ils disent.

    Ils ont peut être peur aussi de trop en faire (parler trop lentement par exemple ou trop fort).
    Ce sont des mécanismes qui prennent du temps à se mettre en place. Toi et ton mari, tes proches êtes habitués. C’est devenu naturel pour vous. Tu n’as sans doute plus peur de les interrompre quand tu ne comprends pas et ils ont appris à toujours faire attention quand ils s’adressent à toi.
    C’est peut être pas le cas de tes collègues.
    Ils sont en « apprentissage » et comme tous les élèves ils ont parfois sans doute besoin que le prof (c’est à dire toi) les rappelle à l’ordre.

    Et y a pas de raison que nous tes élèves on n’y arrive pas! 😉

      1. j’ai dit « collègue » mais ça vaut aussi pour moi, pour nous tous en fait. A part quelques idiots je pense que la plupart des gens (dont je fais partie) sont de bonne volonté, voire impressionnés, mais pas toujours aussi vigilants qu’ils pensent l’être. Si je prends mon cas, JAMAIS ça m’embêterait que tu m’interrompes pour que je répète ce que je viens de dire. Et il m’est arrivé de m’apercevoir que je parlais trop vite, emportée dans mon élan ou parce que je relâchais mon attention. Donc surtout n’hésite pas! (et de mon coté je ferai plus attention promis).

  2. Tu vois, comme cela m’arrive tout le temps comme à la plupart des sourds, j’ai arrêté depuis longtemps de demander de répéter, les conversations sont lancées et ne s’arrêtent plus et comme je suis polie, j’ai l’impression de couper leur parole… de casser l’ambiance.
    Il y a eu un temps où mes collègues préférés et moi on allait souvent ensemble déjeuner, j’ai eu souvent le plaisir d’aller avec eux parce que chacun d’eux ne m’ont jamais oubliée, me traduisait et même parlaient doucement ensemble pour moi sans casser leur naturel!
    Maintenant ils sont partis ces chers collègues et ils sont irremplacables…

    Comme tu dis, les traductions n’ont parfois aucun sens, et je n’ai plus envie de demander de répéter sauf si un sujet m’intéresse vraiment!

    Quand ils se lancent des vannes, difficile de traduire, on rigole moins! … Que faire? Mais il n’y a rien à faire!

    1. Il faut comprendre que si ces personnes avec qui tu déjeunes n’ont pas compris, ou ne font pas l’effort, il y a de quoi se poser des questions.
      Pourquoi ne font-elles pas l’effort ? est ce que tu fais des efforts, ou tu as littéralement baissé les bras ?

      La politesse, c’est différent : qu’est ce que ca veut dire d’être poli ?
      Définition : La politesse est définie par un code. Elle demeure un ensemble de règles acquises par l'éducation. Elle comporte une double finalité : faciliter les rapports sociaux en permettant à ceux qui en usent d'avoir des échanges respectueux et équilibrés ; faire la démonstration de son éducation et de son savoir-vivre. Au cours des siècles, certaines règles de politesse se sont figées alors que d'autres évoluaient. De tous temps, des auteurs ont formalisé et rassemblé ces règles dans des traités dits « de civilité » (autrefois) ou « de savoir-vivre » (aujourd'hui).
      Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Politesse

      Acquiescer et rien dire, faire croire à ton interlocuteur que t’as compris alors que c’est pas le cas et qu’il est (pas forcément) en train de passer pour un c*n c’est pas glop non plus. Je sais pas qu’est ce qui est le mieux.

      Pour ma part, il est clair que je ne baisserai pas les bras et ne resterai pas dans la situation de « je reste à côté et j’attends sans rien dire », ca va de soi.
      Je me suis battue pour arriver à ce que je suis, c’est pas maintenant que je vais m’arrêter 🙂
      Je suis un être humain, j’ai besoin de parler, de rire, d’échanger.
      Il y a des moments plus ou moins gais. C’est ce qui fait toute la valeur de la vie.

  3. Je trouve normal que tu demanderais aux entendants de respecter les règles mais comme dit Joelle ce son des mécanismes qui prennent du temps.

    J’ai une expérience  » parallèle  » si j’ose dire depuis que je vis au Canada, j’ai dû apprendre à parler moins vite, et à mieux articuler pour me faire comprendre lorsque je parle à des francophones nés au Canada car sinon ils ne me comprennent pas. Et c’est tout un apprentissage qui a pris du temps. J’ai dû aussi apprendre à leur demander d’aller moins vite.

    Maintenant je vis l’autre côté lorsque je vais en France, les gens parlent, crient, ne s’écoutent pas et c’est à celui qui crie plus fort que lui. Ça me dérange et je trouve cela très malpoli mais j’entends. Je ne peux qu’essayer d’imaginer ce que tu vis en tant que sourde au milieu de Français de France qui discutent! lol

  4. Tes anecdotes sont très instructives.
    Il ne faut pas que tu hésites à faire répéter. Je sais que pour ma part, je ne veux pas en faire trop en parlant trop fort ou en articulant de façon trop exagérée mais au final si tu en as besoin pour suivre la conversation, n’hésite pas à le dire et je le ferai 🙂

  5. Pour ma part, je refuse les déjeuner à plus de 3 personnes (2+moi) et encore…
    Si c’est des déj à 2, avec des collègues trèèèèès attentifs (chose rare) c’est encore mieux !
    Désolée de paraître agressive mais je ne veux plus faire trop d’efforts et être la seule à donner en sachant que la lecture labiale, c’est crevant et ça l’est encore plus dans un endroit bruyant. Résultat : gros coup de pompe dans l’après-midi.
    Et quand on dit « n’hésites pas à demander à répéter », j’ai bien envie de répondre : « viens un peu chez les sourds et dis moi comment tu te sens à toujours demander des traductions… ».
    Même en famille j’ai ce problème, c’est te dire… Pourtant ils me connaissent depuis ma naissance ! Y en a PAS UN SEUL qui code, signe ou qui fasse gaffe à rester visible sous prétexte que je me débrouille très bien.

    1. Bonjour Julie, moi je suis très curieuse de la langue des signes et je trouve d’ailleurs étonnant qu’on n’en n’enseigne pas les rudiments à l’école.
      Ça fait toujours bondir les gens quand je dis ça, mais pourtant j’ai eu au cours de mon parcours scolaire une foutitude d’initiations farfelues à des langues, des matières, des sports, dont une initiation au russe et au grec ancien au collège (alors que j’avais rien demandé) et je n’ai jamais eu à m’en servir.
      Alors que par contre j’ai croisé pas mal de sourds et du coup apprendre la LSF m’aurait donc été plus utile.

      Pouvoir communiquer avec son voisin (et j’ai plus de sourds dans mon entourage que de russes ou de gens qui parlent grec ancien!) ça me parait essentiel.
      J’avoue en tant qu’entendante que l’on a parfois peut être aussi peur de vexer en en faisant trop. Je ne sais pas si les gens perçoivent vraiment votre souffrance ou votre solitude. Ils la devinent sans doute mais probablement sans en percevoir concrètement l’ampleur (ce qui n’excuse en rien le fait de ne pas faire d’effort évidemment).

      Je trouve dommage par contre que ton entourage ne soit pas plus sensibilisé à ce pb 🙁 et j’imagine bien que ça doit vraiment être pénible pour toi.

  6. C’est ce qui peut se passer pendant nos déjeuners Sub… 🙂 On ne pense pas à réduire notre cadence, ou à se tourner vers toi mais n’hésites pas à nous le faire remarquer !

    Merci de partager avec nous !

  7. Oui la langue des signes devrait être enseignée à l’école! Un cas typique du Canada : vous mettez 3 ou 4 personnes dans une pièce, la majorité de ces personnes parlent anglais ET français, y en a juste une qui ne parle que anglais, la discussion se fera en…. anglais.

  8. Je suis dans le même état d’esprit que Julie…
    Il y a des sourds qui ne sont pas tous dans le même moule…
    On est des êtres humains et qu’on a besoin de rire, c’est la raison pour laquelle les sourds préfèrent se retrouver entre eux.

  9. je suis également dans le même esprit que Julie et AnneLo.

    pourtant je sais que je ne pourrai pas déjeuner avec des sourds tous les midis car j’ai aussi besoin de voir des entendants !
    je propose des pauses cafés, des pauses déjeuner à des gens que j »apprécie. j’adore la compagnie des autres, jadore communiquer, papoter… j’en ai besoin et pourtant, certains n’ont pas compris ça.
    certains interpretent mon attitude passive (quand je suis perdue dans leurs conversations) comme une attitude faignéante! ils peuvent aussi penser que je n’ai pas envie de faire un effet, justement parce que je ne leur demande pas de me répéter ce qu’ils disent ! donc ils ne comprennent souvent pas l’essentiel du premier coup
    cela arrive avec des inconnus, des gens qui nous connaissent mal
    par contre si on retrouve cette situation avec des gens qui nous connaissent bien, alors c’est dangereux. ca arrive avec des amis du lycée que je vois de moins en moins souvent à cause de cela et je trouve ça très dommage…

    meme avec ma famille, je m’ennuie à mort. je commence à parler, tt le monde m’écoute et si qqn parle après (en meme temps que moi) eh bien on lécoutera… et moi j’arrete de parler. pourtant c’est ma famille, et cest très difficile de briser des habitudes de longue date.

    bref… demander à répéter. oui mais cela dépend avec qui on est…
    et je n’ai pas envie non plus d’etre leur boulet en leur demandant de me répéter tous les midis. ça non.

    et voilà

  10. je suis pour la politesse !
    et pourtant, cela m’arrive parfois de quitter une réunion ou un déjeuner quand cela ne me concerne plus ou que je prétexte du boulot ou une petite course.
    s’ennuyer car on a fini son assiette depuis de longues minutes, tandis que les collegues en sont encore au plat principal.
    après c’est le café… là ca va mieux car je sais que jai LE choix entre rester ou monter dans mon bureau 🙂
    ca me fait du bien de parler de ça… de voir que je ne suis pas la seule bien que je le sache déjà…

  11. Je rejoins les filles…
    Dans ma famille, je n’ose pas interrompre leur conversation dès que je ne comprends pas.. Depuis que Stef (mon compagnon) est arrivé, il est plus à l’aise c’est à dire il va affronter pour faire répéter et pour l’enjeu de l’emplacement idéal à table pour suivre les conversations. Ma famille commence à faire des efforts mais il y a encore des progrès à faire…
    Tandis qu’à mon travail, je ne peux pas comparer car on travaille avec des jeunes sourds donc mes collègues savent signer et font attention à moi pour le suivi de la conversation entre collègues entendants.
    Voilà!

  12. Je me souviens qu’une fois j’avais essayé de t’expliquer un truc. Je sentais bien que je ne parlais pas assez fort. Pourtant même si tu m’avais demandé de répéter, ce n’est pas tellement dans ma nature, d’élever la voix. J’avais senti un gros « FAIL » tombé sur ma tête. L’environnement était très bruyant et ça me perturbait aussi, je ne voulais pas contribuer à faire plus de bruits.
    Après je me suis rattrappée comme j’ai pu, mais c’était pas évident pour moi, non plus, car je ne savais pas comment m’y prendre.

    Comme ils le disent plus haut, c’est une manière de communiquer qu’on doit apprendre aux autres.

    Tu peux aussi poser les règles dès le début. « Voilà je suis comme ça, il faudrait que vous fassiez ça pour que …. ». Après il faut de temps en temps rappeler à l’ordre.
    Il m’arrive de faire des grands « coucou » avec mes bras pour attirer l’attention des gens sans avoir à gueuler.
    Après tu peux sortir les coups gentillets ;p et la prochaine fois que tu attireras l’attention, ils auront peur de tes coups, ils vont tout de suite t’écouter! :p

  13. Je m’incruste dans la discussion.
    Samedi, j’ai rencontre une sourde pour la première fois de ma vie, si je ne fais pas erreur, c’était toi d’ailleurs au Cafe Grenadine?
    Moi qui parle super vite en temps normal, j’ai essaye de ralentir et je l’avoue c’est difficile de changer ses habitudes. C’est dommage que nous les entendants soyons si peu formes a cela! Pas simple de se mettre au niveau de la personne sans en faire trop et qu’elle pense qu’on la prend pour une attardée…
    Il y a bien Gulli qui fait un petit programme pour apprendre qq signes, mais c’est peu quand même…

  14. S’il te faut faire répéter sans arrêt, c’est pénible ! Pour que les autres se régulent et ne t’oublient pas dans leur fougue, impose le bâton de parole !

    Une connaissance malentendante tend ainsi un bâton-micro à qui lui parle, ce qui retransmet la parole à sa prothèse auditive. J’aime bien : ça a aussi pour effet de réguler les conversations et de permettre à tout le mon de mieux se comprendre.

  15. le truc c’est que la surdité est invisible… donc tout le monde fini par l’oublier, plus ou moins vite, mais on oublie !
    y’a pas vraiment de solutions malheureusement !
    j’ai bien tenté d’ouvrir ma gueule (comme je sais très bien le faire) mais ça ne sert à rien qu’à ne plus jamais être invité, et ça c’est pas glop
    la moins pire des solutions est d’avoir près de soi, une des rares personnes attentive du début à la fin. Y’en a. pas beaucoup mais il y en a…
    J’adore aussi sortir un hebdo ou un journal quand ça me soule trop, effet garanti !

  16. Je me reconnais complètement dans l’article, et j’ai abandonné depuis des lustres : les faire répéter, non merci.

    Pour plusieurs raisons :

    – quand je prends ma pause le midi, c’est vraiment pour sortir du cadre professionnel, rêver, lire, penser et tout ça dans ma langue naturelle qu’est la LSF.

    – quand j’ai une réunion, un rdv ou autre que ce soit, avec au moins une personne : interprète. Ainsi on est à égalité, chacun n’a pas besoin de faire des efforts, et le niveau de communication reste la même, notre handicap disparaît. On s’exprime mieux.

    – Y a pas de raisons que nous les Sourds devons faire tout le temps des efforts, penser à tout, à tendre l’oreille pour déchiffrer tout le charabia.
    J’en ai fait des efforts, mais maintenant j’estime qu’il est temps de faire comprendre aux autres qu’il y a un retour..

    Donc après de longues années de frustations et de déceptions, je me fais respecter et accepter telle que je suis maintenant, et tout se passe pour le mieux.

    Je peux comprendre qu’on fasse des efforts, et c’est tout à fait normal mais à un moment donné il faut savoir dire «Stop».

  17. Sont pas de mauvaises foi ces entendants hein cybie!
    C’est sur que parfois merde ça fait chier, faut lancer une petite piqure de rappel.
    Mais tu vas pas aller tricoter toute seule, quant à prendre tes affaires et te barrer, euh excuse moi, tu vas passer pour une ultrasensible à qui on peut rien dire…
    Non je préfère rappeler les règles du jeu ! Voire même poser une question précise au voisin discrétos pour me remettre dans la conversation.
    Et si vraiment le voisin peut même pas répondre à ma question alors là je fais « hum hum. moi pas comprendre. moi entendante qui entend pas. »
    Hilarité générale et hop!

    N’empeche, au vu des commentaires, je me suis bien marrée devant la solution de Tetue et son baton! ça peut etre une solution certes mais je me vois trèèèèèèèèèèèèès mal faire ça!!!!! Vous imaginez un peu le topo : on est en plein débat politique, les arguments fusent et les amis doivent tenir leur langue jusqu’à ce qu’ils aient le baton devant leur bouche pr parler!! je rigole un petit peu, j’espère que tu ne le prendras pas mal Tétue!!

    Titsev, Trikoala, Joelle, vos points de vue sont éclairants! En fait, ça serait plutot à nous de vous expliquer nos réels besoins. CAD qu’on vs explique précisément si vs devez vs mettre face à nous, parler fort, mimer, etc… C’est ça?

    Joelle, j’aime beaucoup ta phrase « J’avoue en tant qu’entendante que l’on a parfois peut être aussi peur de vexer en en faisant trop.  »

    En fait, faut établir un pont de communication entre sourds et entendants. Car d’un coté l’entendant a peur de vexer (et en voyant le sourd se barrer en plein milieu du déjeuner ou sortir son journal, ça le conforte dans ses soupçons) et le sourd a peur de dire « hep les gars, allez y mollo quoi on a pas le feu aux fesses, vous emballez pas et parlez un peu plus normalement!!! »

    Moi je vous le dis, c’est pas gagné toute cette histoire !

    En tout cas Cybie, intéressant ce post + les commentaires qui ont suivis.
    Je regrette qu’il n’y ait pas plus de vécu côté entendant… et j’ajouterais même, je suis déçue de voir la réaction aussi négative des sourds.

    C’est pas gagné tout ça.

    Et vive la communication à l’heure d’internet!

  18. Moi je dis : si on y arrive pendant un atelier paris web alors que la passion est si forte, on doit bien y arriver à l’heure du repas, même avec des crêpes dans le bec 😉

    Donc la première option est la bonne : s’imposer un peu plus jusqu’à ce que les gens trouvent naturel de le faire.

  19. @Joelle J’avoue en tant qu’entendante que l’on a parfois peut être aussi peur de vexer en en faisant trop.

    On n’en fait jamais trop quand est prévenant. De toute façon pour moi c’est un genre de politesse, ou d’élégance de dandy, si je puis dire : j’ai appris à mes enfants à dire bonjour en LSF un peu comme ils savent dire bonjour en anglais, en espagnol et en chinois ; juste au cas où ils rencontrent un anglais ou un espagnol (mes collègues), une chinoise (membre de la famille), ou… une personne sourde (au hasard : Sophie-pixelperdu-cyberbaloo_cybie 😉 ).

  20. J’espère ne jamais, au grand jamais, avoir été comme ça avec mes AMIS sourds.

    Je sais que j’essaye de toujours veiller à me faire comprendre, à bien articuler. J’ai appris le code, je laisse la lumière dans la voiture la nuit pour qu’on se voit, je me met face à la lumière.

    Je redis, sans le son, si je vois que mon ami n’a pas compris ce que les autres disent. Je rappel parfois aux présentes qu’il faut articuler.

    Mais je suis d’accord, est-ce mal pris que de vouloir en faire trop! Mais est-ce pire que de ne pas en faire assez?

  21. @Sophie Drouvroy, merci pour ton compliment mais c’est moi qui ai de la chance de les avoir dans ma vie, entendants ou sourds mais amis sont précieux. Et veiller au bien être de chacun n’est-ce pas la base de la vie en groupe? C’est un handicap invisible mais qui rend les autres sens et le rapport entre les êtres humains beaucoup plus chaleureux et colorés!

  22. Coucou !

    La communication sourds et entendants n’est pas évidente.
    Il y a aussi tellement de rancœurs !
    Je te donne un exemple : je suis invitée par ma cop’s à son anniversaire.
    Je suis contente. Ma cop’s est sourde mais pour moi ce n’est pas un souci. J’apprends la LSF. J’ai toujours adoré.
    Accueil chaleureux, présentations, tout va bien.
    Au bout d’une heure arrive une fille toute mignonne.
    Je me présente (sans préciser que je suis entendante).
    Là dessus ma copine précise qu’elle est contente d’avoir une copine entendante et là, douche froide : Ah bon ? Entendante ? Toi, tu veux une copine entendante ? (ma cop’s vire au cramoisi et signe : et alors ?) et bien, bon courage !!!
    Bon, c’est sur, j’ai oublié de préciser également à la fille en question que j’étais aussi voyante vu qu’elle a signé ça comme si je n’étais pas là.
    Mais ça c’est rien ! Arrive un couple. J’ai déjà vu le gars. Il me reconnait, me dit qu’il est content de me voir, etc. Gentil quoi !
    Sa girl réalise que c’est moi l’entendante et vas-y : son banquier c’est un salaud d’entendant qui lui a refusé un prêt, son docteur, un con d’entendant qui ne signe pas, etc.
    Je t’avoue que j’ai fini par décrocher, la liste des entendants cons étant interminable.
    Finalement, à force de médisances sur les entendants (le tout signé hyper vite avec de méchantes œillades vers moi) ils se sont assis en rond et je me suis retrouvée disons-le tout net comme une conne !
    Que faire ? Ma copine est hyper gênée et moi, je comprends vite que si je reste, sa soirée d’anniversaire sera foutue !
    Je suis partie…
    Mais comment faire comprendre que l’on est pas responsable de tout et pour tous ?
    Je sais très bien que je n’ai pas fini de m’en manger « de l’entendant con » mais bon, il y a quand même des fois où je me dit que c’est facile.
    J’ai eu l’élégance de ne pas préciser à la gente dame qu’en plus de sourde elle était aveugle parce qu’elle n’a pas dû réaliser que si je me donnais tellement de mal à apprendre la LSF c’était pour côtoyer des sourds.
    Mais s’il y a une chose que je ne ferais pas comme elle c’est de mettre tout le monde dans le même sac !
    Et d’ailleurs, je commencerais le niveau 9 le 20 mai ^^ !
    J’ai hâte d’y être !
    Je t’embrasse

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