La peur

La peur est un sentiment humain, mais elle peut aussi te paralyser voire même prendre le dessus sur ce que tu ressens.

Je n’ai pas peur de l’opération elle-même,
Je n’ai pas peur de l’implant cochléaire, j’ai confiance,
Je n’ai pas peur des suites post-opératoires comme la douleur, je sais que c’est bien géré aujourd’hui.
J’ai totalement confiance en l’équipe chirurgicale, ils sont totalement à l’écoute.

Par contre, j’aurai peut-être peur quand je serai à l’hôpital car je serai sur place, ca deviendra réalité. J’appréhende aussi le départ au bloc, je sais que c’est un moment qui est fort émotionnellement. C’est un moment qui te fait prendre conscience que c’est le début d’une nouvelle aventure.

J’ai peur de l’inconnu qui m’attend après. Je sais que c’est comme sauter dans le vide et ignorer si le filet en bas tiendra le choc. L’image n’est pas la bonne car je ne mets pas en danger ma vie. Mais il y a une grande partie de cette métaphore.

Personne ne m’a garanti quoi ce soit avec les implants.
J’ai pris un ticket aller pour le son, mais jusqu’à quel niveau sonore je pourrai récupérer, je ne le sais pas encore.

Pas de place pour l’espoir.

Difficile de ne pas espérer alors que j’essaie d’informer et rassurer les personnes qui m’entourent.
Ce n’est pas une grosse opération en soi. elle peut se faire en ambulatoire quand c’est qu’une seule oreille. Dans mon cas, je rentre la veille de l’opération et je ressors le lendemain car les effets de l’anesthésie sont importants malgré les 5 heures d’opération avec en plus 2h en salle de réveil.

J’essaie aussi de prévenir qu’il y aura :
– une période de silence total puisque je serai opérée des deux oreilles,
– une période difficile car le son étant différent de celui que j’ai connu, il faudra que je réapprenne à entendre,
– un temps où je ne serai pas opérationnelle tout de suite, je vais un peu ramer pour comprendre et faire pas mal répéter,
– moins de rencards à plusieurs pendant cette période pour pas être frustrée dans ma compréhension.

Je n’ai pas peur. Cette étape est plus facile à passer une fois qu’on a vaincu la peur.

La semaine dernière, c’était mon anniversaire et j’ai vraiment savouré cette semaine-là pour emmagasiner toutes les ondes positives.
Et surtout, je sais que je suis soutenue par mon mari (qui en entend parler tous les jours, oui, faut pas se leurrer il encaisse beaucoup lui-aussi <3) et mon fils, mes parents, mes proches, mes collègues et plein de personnes formidables,  ça m’est précieux !

13 pensées sur “La peur”

  1. « Pas de place pour l’espoir. »

    Sûre de ça ? Je pense qu’il faut en avoir un peu pour tenter cette aventure, non ?

    Plein des bises et on pense à toi (en silence ET avec du bruit) \o/

    1. Je ne m’autorise pas à espérer plus que je devrais. Je vais déjà espérer récupérer ce que j’avais en mars dernier, après on en reparlera 🙂
      Merci pour les bises bretonnes, je prends ! 🙂

  2. Je comprends vraiment bien tout ce que tu dis aussi. Tu tournes une page de ta vie et ça peut pas se faire comme ça en un claquement de doigts, comme si c’était facile. Et en plus il faut regarder le bout du tunnel et pas l’entrée qui est un peu sombre et effrayante. Et c’est pas facile !
    Mais tu es bien entourée, je le lis à chaque fois. Et c’est super important.

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