Étape 12 : je suis passée à La Rochelle !

Selfie avec le tours de La Rochelle et le vieux port en arrière plan

La première partie du trajet entre Marans et La Rochelle était bien, la route était bien balisée. J’ai juste évité les trous, comme toujours. 

Comme la veille, j’avais cette crainte que ce soit une route qui soit exposée au vent. En fin de compte, elle était plutôt à l’abri du vent sur les 10 premiers kilomètres. Les 10 suivants étaient soumis au vent, mais surtout la route était à l’ombre. Une fois sur deux, j’enlevais et remettais ma polaire, j’ai fini par la garder jusqu’à l’aquarium ! 


Sur le trajet le long du canal de Marans à La Rochelle, il y avait de nombreux randonneurs, cyclistes du dimanche mais aussi les pêcheurs. Certains étaient directement engonces dans les herbes comme mon père au bord du marais quand j’étais petite, d’autres ont la chaise de camping pliante et les derniers la chaise de compète avec la tablette pour y mettre la pâtée  des poissons. J’y ai même vu des croquettes pour chien, histoire d’appâter la poiscaille ! 

Arrivée à La Rochelle, j’ai eu de l’émotion à voir la Tour de la Chaîne, la Tour de saint-Nicolas et la tour de la lanterne un peu plus loin. Je me suis dit que j’y suis arrivée, à venir à vélo ici. 

J’ai tenté de prendre une table, mais le restaurateur très désagréable sur le port m’a fait changer d’avis. Je suis allée au café Leffe. Il y avait de la place à l’intérieur, les serveurs très gentils. Et ma galette complète énorme ! Je me dis que finalement c’est pas plus mal. Toujours essayer de tirer le positif de ce qui m’arrive. C’est la leçon que je retiens. Tout ce qui m’est arrivé jusqu’à présent, il faut que j’en retienne le positif, alors des fois c’est plus compliqué mais je vais y arriver. 

Le ciel commençait à se couvrir, le vent a se lever. J’avais froid. Ça tombait bien, j’ai visité l’aquarium de La Rochelle. 

Côté pratique : il y a des consignes si les bagages sont pas trop gros. J’ai payé un euro par bagage. Le tarif réduit personne en situation de handicap (psh) est 16 euros, soit deux euros de moins que l’entrée à tarif plein. C’est une toute petite réduction. 


J’ai trouvé certaines choses bien faites dans l’aquarium, après avoir fait quelques uns du Japon, de Monaco. Il y a une simulation du mouvement de la mer, et tu y vois les poissons dans l’eau en mouvement. C’est différent de ce qu’on peut souvent voir. Il y avait aussi une verrière de vague au plafond, on y voit les poissons nager sous les vagues comme si c’était vrai. 

Le point négatif : un dimanche, tu as les cris d’enfants, les parents qui n’expliquent pas forcément à leur progéniture qu’il ne faut pas taper aux vitres. J’avoue que c’était un peu agaçant pour moi, serais-je en train de vieillir ? Ou plutôt je trouve que le respect n’est plus ce que c’était. J’ai éteint mes implants cochléaires, au moins j’étais comme les poissons.

Quelqu’un m’a demandé sur Mastodon, si j’avais croisé des bêtes à poils tels que les ragondins… j’avoue que j’en ai pas vu. J’ai surtout vu des chevaux, vaches, ânes, poneys et des moutons. Après des bêtes à plumes, j’ai vu des hirondelles, mésanges, faisans poules, poules d’eau, canards, pigeons, faucons, colibris et des cygnes. Je dois en oublier.  

Avant d’arriver à Chatelaillon-plage ce soir, un petit enfant était tombé sur la piste cyclable. Sa grand mère était en train de le relever. Je me suis arrêtée car un cycliste auparavant m’a signalé la chute. J’ai demandé si tout allait bien. Visiblement, l’enfant a voulu essayer sans les mains sur le guidon. J’ai souri intérieurement. Qui n’a pas essayé ? J’ai donné un peu d’eau et un mouchoir. Il allait mieux. Je lui ai montré un bobo que j’avais en lui disant que ça arrivait à tout le monde de se faire mal, réconforté, il est remonté sur son petit vélo et il est reparti. 

Cabane ostréicole en front de mer. On y voit ciel bleu parsemé de nuages


J’ai vu des cabanes ostréicoles en arrivant à Chatelaillon. J’ai trouvé ça beau. Ce soir, je suis sur la plage, j’ai écrit ce billet sous la chaleur des rayons du soleil alors j’ai eu froid une bonne partie de la journée.

Après cette journée, je sens mes joues chauffer malgré la protection solaire. Faut dire que le vent, ça joue aussi…

Étape 11 : je suis sortie de ma zone de confort

Petit chemin qui est pourtant le tracé de la velodyssee. Il fait à peine 20 cm de large et est bordé d’herbes.

J’ai quitté St Vincent sur jard ce matin, il faisait frais mais le soleil était là. Ça compense sur la fraîcheur. 

J’ai longé les côtes jusqu’à la Tranche sur mer. Tantôt, des forêts domaniales de pins, tantôt de la piste cyclable le long de la mer. 

Cette alternance était pas mal sur les 30 premiers kilomètres. 

Je me suis rendue compte que je sortais de ma zone de confort quand j’étais en forêt, pourquoi ? Le sol est blanc, quand le soleil est haut, il y a une sorte d’ombre chinoise des arbres et de leurs feuillages. 

Ces ombres font que je ne vois pas forcément les trous qui sont sur le chemin et je les évite trop tard. Les prendre de plein fouet alors que je n’ai pas d’amortisseurs sur mon vélo, c’est un peu rude ! 

Je me suis rendue compte hier soir en parlant avec Marie-Andrée, que j’avais perdu la notion du temps. Je ne me rappelais plus quel jour on était hier. 

Preuve que j’ai totalement déconnecté de la réalité et que je ne suis pas pressée de retourner à la civilisation bien qu’il le faudra à un moment donné ! 

Par curiosité, j’ai pesé mes sacoches avant de partir de St Gilles Croix de vie, je voulais en parler et j’ai oublié. En ayant pris le strict minimum, mes sacoches font respectivement 6 et 7 kilos. Côté technique, j’ai quand même un équipement de pluie (veste, pantalon), une paire de baskets supplémentaires au cas où la première paire serait trempée, deux chambres à air, des rustines, des outils pour changer les pneus, une pompe électronique, des réflecteurs pour la route, un gilet jaune, une microfibre pour essuyer le vélo quand il est un peu trop sale ainsi que le chargeur de la batterie. 

Dans l’autre sacoche, il y a ma polaire, trois tee-shirts, un pantalon en fibre de bambou, un short, des sous-vêtements, mes 3 pads que je peux changer dans mon cuissard. 


C’est un cuissard où tu ne changes que le fond, (qui fait aussi pad menstruel, ça a son importance aussi) et ça prend beaucoup moins de place. Trousse de toilette, pharmacie d’urgence et solaire, trousse numérique qui contient le chargeur de mes implants cochléaires, mes câbles pour ma montre, mon téléphone et mon iPad, du ravitaillement alimentaire ainsi que mes deux gourdes d’eau pour la journée. 

Après, je dois dire que les 20 derniers kilomètres, je les ai trouvés sacrément longs. L’endurance mentale en a pris un coup, je me persuadais toute seule que ça allait être sympa à chaque virage, descente, mais quand tu ne connais pas le chemin, tu repousses tes limites en permanence. 

Des lignes droites dans les marais, exposée de plein fouet au vent, la poussière de la route et au soleil. Une chose est certaine, en rentrant à Paris il faudra que je change les filtres de mes implants cochléaires car le son sera dégradé je pense avec tout ce sable, cette poussière qui s’est accumulée le long de ce voyage. Je réalise que ça fait déjà presque deux semaines que je suis partie de Paris. 

J’ai été accompagnée par les oiseaux cette fois-ci. J’ai aussi essayé de prendre des empreintes sonores de la mer, des oiseaux, des bruits alentours pour les copines aveugles. Comment faire pour éviter d’avoir le bruit du vent dans mon enregistrement ? Si vous avez des astuces je prends ! 

Port de Marans. Allée pavée autour du port. les bateaux sont amarrés, le ciel est bleu avec des nuages parsemés.

Ce soir, je suis à Marans. Un très joli petit village qui a un port. 

Cette étape de St Vincent sur jard – Marans fait tout de même 64,4 kilomètres.

Demain, direction La Rochelle ! 

J’ai vu la mer

Je suis partie ce midi de Saint Gilles Croix de vie, après ma pause familiale. 

J’ai vu la mer,

J’ai vu ma grand-mère. 

J’ai vu la mer, j’en ai pleuré. 

Ça faisait 2 ans que je n’étais pas venue sur les côtes vendéennes. Retrouver ces paysages si familiers, ces odeurs de gourmandises, ces chouchous, ces espèces de cacahuètes pralinées, des crêpes quand j’ai traversé ces villages, d’iode, du vent et de forêt. 

J’ai vu ma grand-mère, j’en ai pleuré. 

Elle a désormais 95 ans. 

La dernière fois, j’avais eu beaucoup de chance, car la maladie d’Alzheimer était bien avancée. Elle ne reconnaissait déjà plus beaucoup de monde. Elle m’avait reconnue.

Cette fois-ci, j’ai cru voir un flash de bonheur dans ses yeux quand je suis arrivée. Je me suis accrochée à ce flash de bonheur, un flash de 30 secondes. Je me persuade encore qu’elle m’a reconnue 30 secondes. 

Mais je ne saurai jamais vraiment. 

Ce flash de bonheur s’est vite éteint, pour se transformer en simple curiosité tout simplement. 

J’étais une inconnue parmi d’autres. 

C’est difficile de voir ta grand-mère qui ne te reconnaît pas. 

C’est difficile de ne pas lui dire je t’aime parce qu’elle comprendrait pas pourquoi. 

C’est difficile de ne pas perdre pied face à ses questions et de rester joyeuse malgré tout. 

C’est difficile de ne pas savoir si je la reverrai. 

C’est difficile de repartir de là-bas et de la laisser. 

C’est pourtant ce que j’ai fait après cette pause, je l’ai laissée. Je suis partie pour continuer mon périple à vélo. J’en ai pleuré sur la route. 

Il arrive que l’on pleure non pas parce qu’on est triste, mais parce qu’on a été forte trop longtemps. 

J’ai continué ma route sur les côtes vendéennes. Le ciel était bleu, sans un nuage. Rien ne pouvait venir assombrir cette journée. J’ai traversé des forêts, des criques, des endroits où l’érosion de la mer est très impressionnante, des marais, des villages. 


J’ai écouté le ressac des vagues à la sortie de Bretignolles sur mer, les vagues qui s’échouaient sur les rochers, avec le bruit du vent qui effleurait les implants cochléaires. 


J’ai entendu les mouettes dans le port des Sables d’Olonnes. 


J’ai vu un banc de poissons dans le Port d’Olona. L’eau était pas transparente mais assez claire pour qu’on puisse y voir ce petit banc de poissons, sous le reflet du soleil sur l’eau. 


Dans la baie de Cayola, c’était plutôt désert, mais j’y ai bien vu l’érosion de la côte malgré la plage de galets. 

Durant cette étape de la vélodyssée, j’ai croisé beaucoup plus de monde que sur la Loire à vélo. 


J’ai terminé l’étape à St Vincent sur jard où je dors ce soir après avoir dîné avec le frère et la belle-sœur de mon oncle où j’étais hier soir. Des retrouvailles encore une fois, qui m’ont fait très plaisir, je me dis que finalement, j’étais un peu triste mais je termine sur cette note positive. Entre la bonne humeur et la beauté de ces côtes vendéennes. Une étape de 62 km ! 

ce billet est dédié à ma mamie.

Je dis pouce pendant 48 heures !

Comme je le disais hier, je suis arrivée en Vendée, ce département a une place chère dans mon cœur, vu que j’y ai passé tous les étés de mon enfance avec mes nombreux cousins et cousines.

Cette pause est nécessaire pour moi, pour justement préparer la transition entre la Loire à vélo et la Vélodyssée qui est l’Eurovélo de l’Atlantique. Je prépare mes étapes plus soigneusement que celle de la Loire car il me semble que les hébergements, c’est un chouïa compliqué quand tu n’as rien pour bivouaquer. Et puis, avec les vacances scolaires, il faut que je fasse attention sur les grandes villes telles que La Tranche-sur-mer, La Rochelle, Rochefort, et bien d’autres arrêts, sur les hébergements disponibles.

Cet arrêt m’a permis de prendre un peu de recul sur le chemin parcouru et de réfléchir plus sereinement à la suite que je vais donner à cette aventure à vélo, le long de la côte Atlantique mais aussi à mon futur professionnel.

N’hésitez pas à me laisser un petit mot d’encouragement que ce soit ici ou en privé, je le ferai un plaisir d’y répondre.

Restez connectés, demain il n’y aura pas de billet. Le prochain sera pour vendredi soir !

Étape 9 : la moitié du chemin est faite !

Sophie avec un panneau « bienvenue en Vendée »

Je suis partie ce matin de Thouaré, le cœur rempli de gratitude d’avoir retrouvé mon collègue d’il y a 23 ans comme si c’était hier. Il m’a reboosté le moral après la journée d’hier.  Il faisait plus froid ce matin, mais je m’étais couverte en conséquence. Le maillot d’hiver était de sortie avec la polaire en prime. Les abords de la Loire sont cyclables jusqu’à Nantes.

Passerelle en bois, avec en second plan la rivière « Sèvres »


Ensuite au sud de Nantes, j’ai bifurqué vers Vertou et Clisson. Longer la Sèvre et la Maine, on voit que ce sont des fleuves que vont moins vite. Toujours des pistes cyclables. Le décor est presque pareil que sur les bords de la Loire. 

En parlant avec Mathieu hier soir, j’ai compris ce qui faisait que j’entendais arriver le TGV de loin, on suppose que ce sont les vibrations des câbles. Et on était d’accord pour dire qu’être sous un pont où le TGV passe dessus, c’est violent pour les oreilles. 

Passage d’écluse à clisson


Comment gérer le bruit des voitures avec la surdité ? 

Ne pas les entendre arriver, est-ce que c’est vraiment gênant ? Je ne suis pas certaine. Je pars du principe qu’on fait attention à ce qu’on voit. C’est problématique pour les personnes valides de ne pas entendre les véhicules qui arrivent derrière elles. Les voitures électriques ne font pas de bruit ou très peu.

C’est très déroutant d’être surpris par quelque chose qui arrive derrière soi. C’est pour ça que je dis toujours aux gens qui sont avec moi, essayez de préférence d’arriver par devant pour que je ne sois pas surprise. Pas plus tard que cet après-midi, j’ai traversé deux voies ferrées, autant vous dire que je n’étais pas tranquille, j’ai redoublé de prudence. Et malgré mon hyper-vigilance à ce moment-là, j’ai quand même réussi à me faire surprendre par un véhicule qui est arrivé sur ma gauche.

Une fois que j’eus passé Clisson et son petit centre ville ainsi que le château, je suis arrivée en Vendée. C’est un département où j’ai passé tous mes étés quand j’étais enfant. Symboliquement, c’est mon enfance. Plus je m’approchais de l’arrivée, plus les odeurs, les paysages me semblaient familiers même si ça fait deux ans que je ne suis pas venue par ici. Par contre, les pistes cyclables que j’ai eues après Clisson jusqu’à Boufféré, j’ai traversé pas mal de chemins agricoles, qui sont plutôt parsemés de cailloux et qui rendent le trajet moins agréable. Rien à voir vécu la région Centre. 

J’ai eu du vent, des nuages gris voire noirs sur mon trajet, mais pas de pluie. Le soleil est arrivé en même temps que moi. J’ai eu beaucoup de chance après cette étape de 63 kilomètres. Il s’est mis à pleuvoir 2 heures après mon arrivée. 

Restez connectés, je repars de la Vendée vendredi pour aller à Bordeaux. Je compte longer l’atlantique, si vous êtes sur mon trajet, ce sera avec plaisir que j’irai à votre rencontre, voire passer une soirée ensemble. 

Étape 8 : Vent d’ouest

Sophie qui pose devant un panneau qui indique l’arrivée à Thouaré sur Loire

Je suis partie d’Ancenis, il faisait un peu frais mais ça allait. J’ai eu des très beaux paysages, du soleil et un peu de nuages pour ne pas avoir trop chaud. C’était parfait.

Je suis passée au port, la Loire est toujours aussi haute. Elle n’est pas descendue… Mon trajet a été optimisé grâce à Emmanuel sur Mastodon (merci !), il m’a évité des zones inondées et pénibles surtout. Après avoir vu le château d’Ancenis qui est finalement un vestige et non pas quelque chose qu’on peut visiter comme les autres châteaux sur le bord de la Loire. 

Champ avec des petites fleurs jaunes, la Loire au milieu et un ciel bleu qui commence à être couvert


Dans les champs, j’ai croisé des chevaux, des vaches. Saviez-vous que les vaches qui ont une robe unie, sont des charolaises et celles qui ont une robe tachetée, sont des vaches laitières ? J’ai croisé beaucoup de charolaises, qui étaient énormes. À la sortie de l’hiver, elles sont toujours plus grosses. C’était la minute bovine du jour. 

Vaches attroupées devant une mangeoire dans un champ

J’ai continué mon chemin, le long de la voie ferrée encore aujourd’hui mais moins qu’hier. Au fur et à mesure que je me rapprochais, le temps a changé, le soleil a disparu … et les nuages sont devenus de plus en plus gris. 

Et le vent d’ouest s’est levé. Les nuages sont devenus noirs, les gouttes d’eau ont commencé à tomber. J’ai trouvé une petite brasserie où je me suis arrêtée pour manger et faire une pause face au vent. Je sens bien que j’ai les joues qui sont été fouettées. Dans cette brasserie, que des hommes. Pas de femme. Ça fait drôle, me sentir un peu scrutée. J’ai mangé vite ma noix de jambon, je suis repartie dare dare. 

Je pensais avoir traversé l’épreuve du vent les premiers jours. Que nenni, cette fois-ci, le vent était fort. J’ai aperçu la tour du château à Oudon mais je ne me suis pas arrêtée tellement le vent était fort. J’étais concentrée sur mon chemin. 

Chemin de sable bordé de verdure de chaque côté. On en voit pas le bout du chemin.


Fort au point que j’ai eu du mal à traverser le pont tout en restant dans la zone délimitée pour les vélos. Heureusement que les voitures avaient ralenti, je pense qu’elles aussi ont eu un peu de mal. J’ai continué jusqu’à Mauves-sur-Loire, j’ai traversé une zone très sablonneuse, et encore je crois que j’étais à l’extrémité de cette zone. Mais ça n’a pas empêché de me prendre des rafales de sable en plus du vent d’ouest. J’ai vraiment eu du mal physiquement, psychologiquement, j’ai pris sur moi. 

Toutes les pensées que j’ai refoulées depuis que je suis partie, sont remontées à la surface dans ce moment difficile. J’ai été envahie de réflexions négatives, comme si c’était un signe pour me dire qu’il ne faut pas arrêter et continuer. Je me suis même interrogée sur mon futur professionnel, c’était un moyen pour moi de continuer à avancer et de ne pas lâcher. De me dire, que je peux le faire et que je peux y arriver. Parce que oui, quand même ça fait déjà 2 mois que je n’ai plus de travail et que rien ne se profile, c’est plus compliqué que je ne le pensais. 

J’ai repensé à ce qui m’attend en cette fin d’après-midi. Je vais retrouver deux anciens collègues avec qui j’ai travaillé en 2000. 

En fin de compte, je suis arrivée bien plus vite que prévu à Thouaré-sur-Loire. Je me suis posée dans un café le temps que la pluie passe, les nuages noirs et le vent laissent place au soleil pour les rejoindre pour la soirée.

Étape 7 : J’ai les pieds dans l’eau 

Ce matin, j’ai eu beaucoup de chance, Aurélien m’a déposée à Savennières après Angers et Bouchemaine.  Une des raisons était qu’il fallait que je repasse par les Ponts-de-Cé, mais en plus qu’il y avait des inondations aux alentours.

Vue sur les vignes de savonnières avec un ciel bleu au loin. Le sol est vert


Déjà que la veille au soir, j’avais pas trop aimé l’arrivée à cause des rocades, les ronds points en province, désolée, mais j’aime pas, surtout à vélo. 

Bref, une fois partie de Savonnières, je vais en direction de la Possonnière, arrivée au port de ce village, je trouve que la vue est très chouette dans ces villages. J’ai roulé correctement mais j’ai dû dévier de ma trajectoire initiale. Les chemins cyclables de la Loire étaient inondés …

Port de Possonniere, on voit de l’eau au premier plan, avec quelques bateaux à gauche. Ciel bleu voilé


Arrivée à Montjean-sur-Loire, je décide de me poser devant le pont et la vue sur l’église, pour reprendre un peu d’énergie. Parce que les routes qui sont un peu trop humides où tu te dis que ça passe crème et qu’en fait, je me suis crispée comme une malade pour garder le contrôle de mon vélo.
On aurait dit une patinoire, je suis persuadée qu’un vélo sur la glace est plus facile à contrôler qu’un vélo qui est dans une bonne petite couche de gadoue. 

Je dis ça, et en même temps, la glace ne me fait pas peur vu que j’ai quand même quelques années de short-track à mon actif – souvenirs inoubliables de jeunesse. 

Enfin, je n’aime pas avoir les pieds dans l’eau, et encore moins dans la gadoue ! 

Pour me donner un peu de positif dans cette journée, je décide d’aller voir Anne que je connais que par le biais d’Instagram et que je connaissais depuis un moment maintenant. C’était un peu à l’arrache, mais je crois qu’on était contentes toutes les deux ! 

Selfie avec Anne, on a le smile toutes les deux


Je repars de Champtocé-sur-Loire, et là, j’ai compris que ce ne serait pas ma journée. J’ai longé la voie ferrée du TGV Paris – Nantes. Pour àutant, je n’entends pas les voitures quand elles arrivent derrière. Le TGV, aucun problème, je l’entends quand il est vachement loin et je suis presque obligée de m’arrêter quand il passe à toute vitesse : 300km à l’heure quand même le bolide. Quand t’es juste à côté, tu t’en rappelles. 

Je continue à rouler, des fois c’est à côté du TGV, des fois c’est à côté de la Loire et ce, en alternance. À un moment, je vois un attroupement au loin de mon chemin. Ça m’interpelle. Je ralentis évidemment, je regarde aux alentours pour voir s’il y a pas quelque chose qui cloche. Le chemin est très humide. Je continue et plus je m’approche, plus ça confirme ce que je pense. 


Je vois un arbre tombé sur la piste cyclable, avec de l’eau bien avant, et bien après. Un cycliste qui soulève son vélo au dessus de l’arbre à terre. Je me dis que ça sent pas bon. Je continue à m’approcher, et je vois une queue leuleu de cyclistes qui attendent pour passer. Le dernier était en train de retrousser son pantalon. 

J’ai été obligée de rebrousser chemin sur la piste cyclable de la Loire à vélo, parce que c’était pas juste de la gadoue, mais carrément les pieds dans l’eau. La route d’à côté était comme une rivière. J’étais surprise.  

Pas une super journée, mais j’ai bien avancé, une étape de 50km avec une arrivée à Ancenis ! 

Étape 6 : je suis copine avec Spiderman ! 

Vue sur Angers et l Loire depuis le rempart du château.

Ce matin, j’ai longé la Loire des Rosiers jusqu’à Angers quasiment. J’ai traversé quelques villages comme Saint Rémy-la-Varenne, Saint-Mathurin-sur-Loire jusqu’aux  Ponts de Cé et enfin Angers. 

Depuis quelques jours, je passe à des endroits où il n’y a pas eu de cycliste qui est passé, car je me prends souvent des toiles d’araignées. C’est assez étrange comme sensation, avoir ce fil invisible qui t’embête, qui est parfois sur le visage, ou sur les bras. Il m’est arrivé de m’arrêter plusieurs fois pour justement enlever ce fil qui me dérangeait. 

Je n’ai pas pris l’itinéraire initial, il était inondé à plusieurs reprises et je ne voulais pas m’aventurer comme hier sachant que je pouvais potentiellement me retrouver avec une roue qui couine. Une fois, pas deux ! 

En longeant la Loire, je me faisais la réflexion qu’elle était quand même très très large, tout en laissant certaines parties encore asséchées. On dirait que l’eau n’est pas correctement répartie partout. C’est étrange. Le débit de l’eau est assez fort à tel point qu’on peut y voir des remous comme des tourbillons. D’autant plus qu’elle reçoit l’eau du Cher, de l’Indre et de la Vienne. 

Vue de la Loire avec un ciel bleu voilé


J’ai encore senti et vu beaucoup de glycines, j’ai remarqué aussi que par ici, il y avait beaucoup de lilas d’Espagne, qui est parfois accroché au pied des maisons, mais aussi le long des remparts de la Loire. 


Le soleil était assez fort aujourd’hui. Le vent était un peu de face par moments ce matin. J’ai eu du mal à avancer mais ça allait. En fait, je me rends compte que les routes départementales, c’est pas la partie la plus fun du trajet mais il y a d’autres vélos, donc c’est plutôt rassurant. 

Une chose qu’on apprend quand on roule à vélo, c’est fermer la bouche pour respirer, sous peine d’avaler des moucherons et autres insectes. 

Arrivée à Angers, j’ai découvert une ville qui a des pistes cyclables et ça a l’air bien ancré dans les esprits. Je suis montée jusqu’au Château d’Angers. Ça aurait été bête d’y passer sans voir le château. 

Château d’Angers. Il est bordé de 17 tours.


J’avais un peu de temps, alors j’ai visité le château. Celui-ci est différent. Il n’y a pas de mobilier contrairement aux autres châteaux de la Loire. Ce sont plutôt des expos, toujours intéressantes. C’était une expo sur « Du manuscrit à la BD. Nouveaux trésors des bibliothèques des Pays de la Loire » 

La tapisserie de l’apocalypse, j’ai compris l’histoire en gros, mais j’aurais bien aimé avoir un équivalent de l’audio guide. Il y avait une vidéo sous titrée et traduite en langue des signes sur le roi René mais c’est tout ce que j’ai vu. 


Côté pratique : l’entrée est gratuite pour les personnes handicapées. Par contre, pas de consignes. J’ai trouvé ça un peu mal conçu dans le sens où je me suis pointée avec mon vélo où on me dit que non y’a pas, qu’il y en a en ville, sachant que le plus près est à 400 mètres (pavés), et pour deux bagages, j’ai déboursé la modique somme de 12 euros. Tu dois réserver avant d’y aller par le biais de nannybag.

Sinon ce soir, j’ai retrouvé Aurélien, un ancien collègue, et je passe la soirée au calme. C’est parfait pour finir cette journée et préparer celle de demain ! 

Étape 5 : je suis sur le méridien de Greenwich ! 

Je suis partie sous le soleil, accompagnée par les chants des oiseaux. Ces deux derniers jours, c’est l’explosion sonore et olfactive. Je les entends super bien. Ils pépient beaucoup, il y a plusieurs sortes, un qui ressemble à un coucou, l’autre, on dirait si j’ose m’aventurer sur ce terrain sonore, des petits moineaux. Je sais que ceux qui ont un chant aigu, sont généralement petits !  

Côté olfactif, j’ai eu un peu de tout depuis que je suis partie, mais là, je sens de la glycine à foison, du lilas de couleur parme comme j’aime.

Au premier plan, un voit une toue, c’est une barque qui a très peu de fond et qui permet de naviguer sur la Loire malgré les courants qui sont puissants.


Avant d’arriver à Candes-saint-Martin, j’ai roulé sur une route plutôt bien balisée par les pancartes de la Loire à vélo. Ce qui m’a interpellée, c’est que les abords de la route étaient humides. Les talus et champs sur les côtes étaient inondés. J’ai eu l’impression d’être dans un marécage. Les arbres trempaient dans l’eau directement. Les sols sont vraiment gorgés d’eau. C’est impressionnant. 

J’ai rejoint la confluence de la Vienne et de la Loire, à Candes-saint-Martin, un des plus beaux villages de France. Le temps était magnifique. La vue, dégagée et superbe du pont. Un ciel bleu dégagé, peu de voitures, une brise légère pas trop chaude et le soleil qui réchauffait doucement.


Ça faisait longtemps que j’avais pas vu de château, alors je me suis arrêtée à celui de Montsoreau. Un château qui est aussi un musée d’art contemporain, qui abrite des œuvres d’art, qui plairaient à une petite cousine de Nantes. J’ai trouvé ça original et chouette. Je vous invite à aller le voir si vous en avez l’occasion. Pour résumer : Il possède la plus grande collection au monde d’œuvres du mouvement Art & Language. Il est situé dans la vallée de la Loire, site du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

En montant sur les remparts, j’ai eu une vue superbe sur la confluence, le temps s’y prêtait bien. 

Vue de la terrasse du château de montereau. On y voit la confluence. C’est une photo panoramique, qui fait d’un bout à l’autre du fleuve qui donne l’impression qu’au milieu il y a une île mais c’est un effet d’optique. Ciel bleu voilé légèrement.


Côté pratique : gratuit pour les personnes handicapées, consignes à sacoche sur demande à l’accueil. 

Les châteaux c’est bien, mais y a pas que ça sur les bords de la Loire, c’est aussi l’occasion de découvrir les grottes troglodytes ! Je me suis rappelé qu’il y avait eu un événement de la communauté Spip dans une troglodyte ou je n’avais pas pu aller. Cette fois-ci, c’est chose faite ! J’ai vu, fait pas très chaud là dedans quand même. 

Il y a  une spécialité locale qui est la pomme tapée. Le titre déjà m’intriguait beaucoup. Il s’est avéré que c’était intéressant. C’est une méthode de conservation des pommes avec leur vitamine. Une pomme tapée, sera physiquement représentative de 10% de la taille de la pomme. Même principe que la déshydratation d’aujourd’hui.

Explication : « La pomme tapée sera principalement achetée pour protéger les marins contre le scorbut, cette maladie qui est une déficience en vitamine C »

Je vous mets le lien de la page directement : https://pommes-tapees.fr/visites/  

J’ai pique-niqué à Parnay, village qui est placé sur le méridien de Greenwich. Ça n’a rien d’extraordinaire en soi hein ! Je suis passée devant le Château de Marconnay qui est un château troglodyte. Je ne sais même pas si ça se visite. Mais à voir, c’est assez étrange. Une partie du château est comme on l’imagine mais collée à de la pierre. 

Château ou maison trodoglyte


La Loire est encore très haute. J’ai traversé un tronçon complètement embourbé au niveau de Dampierre sur Loire, mais tellement embourbé, que mes chaussures, j’ai dû les nettoyer avant de remonter sur le vélo. Mes pieds se sont enfoncés dans la gadoue d’au moins 3 bons centimètres ! Mon vélo n’a pas aimé. La roue avant a recommencé à couiner comme avant la révision du vélo.


J’ai été obligée de changer mon tracé, pour rouler sur la route. Bon, c’est faisable, mais mes sens sont davantage sollicités. Ce soir, je le sens, je suis plus fatiguée que les autres soirs. J’ai même plus envie de faire l’effort de parler avec les gens où je suis. 


À Saumur, j’ai vu le château d’en bas. L’épisode du vélo et des pieds dans la gadoue m’a un peu ralenti. Je me suis arrêtée chez un premier réparateur, il m’a nettoyé mon disque de frein. Ça a continué à couiner jusqu’à Gennes. Où j’ai sollicité un deuxième réparateur qui m’a dit que c’était mon étrier de frein qui était pas bien aligné. C’est réglé, mais bon, c’était assez désagréable de ne pas passer inaperçue auprès des anciens dans les villages. 

Y’a des jours comme ça. Mais c’était encore une belle journée de 43,8 km !

Ps : j’ai pas trouvé mieux comme titre. Faites des suggestions si vous voulez pour les étapes suivantes 😉

Étape 4 : Appelez moi tête de linotte

Sophie qui montre du doigt la pancarte d’entrée de la ville de Rigny-Ussé qui est posée à l’envers.

Je suis partie ce matin de Ballan-Miré à 8h30, comme les enfants qui vont à l’école. 

Ça m’a fait drôle parce que habituellement je prends mon temps le matin. 

Mon premier arrêt n’a pas été le moulin de Ballan et pour cause, je l’ai pas vu, il était caché derrière les grandes façades. La sortie de Ballan-Miré a été compliquée pour deux raisons : la première j’avais un autre logiciel GPS pour m’orienter : Osmand, et la seconde c’était pas forcément bien indiqué à chaque fois… du coup, je suis revenue à Komoot. (La suite à la fin du billet sur cette histoire d’orientation) 

Ça été le château de Villandry. Ma copine Anne-Claire, m’avait taquinée en me disant « Ne rate pas le château ! ».

 J’ai pris mon temps, pour cause j’avais oublié ma veste polaire chez elle. Du coup, il a fallu que j’attende sa pause déjeuner pour récupérer la veste pour ensuite avancer sur mon parcours. 

J’ai visité le château et les jardins. Au moins, j’ai flâné en long, large et en travers. C’est magnifique. Des plants de toutes sortes. Je ne savais pas que la marque Vilmorin venait d’ici. Je suis même montée au belvédère du château qui se trouve sur les hauteurs, le point du vue est assez joli. Dans la chambre des enfants du château, il y avait deux livres de la Comtesse de Ségur, ceux que j’affectionne sont particulièrement : Les malheurs de Sophie et Un bon petit diable. 


Côté pratique : il y a un tarif réduit pour les personnes handicapées à 7 euros l’entrée. J’ai demandé s’il y avait une consigne, oui ! Elle est à l’intérieur du château et cette fois-ci, pas besoin de pièces. C’est une consigne avec un code. Deux sacoches Ortlieb ou Vaude et un casque entrent aisément. 

Après avoir récupéré ma veste à sa pause déjeuner, je la remercie encore ici pour avoir accepté de me la ramener, sinon je rallongeais mon trajet. Ça aurait été bête… mais je ferai attention désormais ! 

En repartant, j’ai roulé sur un tronçon pavé à l’ancienne, mais vraiment à l’ancienne. Mon postérieur était pas content et mes cuisses, elles ont pleuré quand je me suis mise à pédaler en danseuse pour épargner mon postérieur… heureusement que ça n’a pas duré trop longtemps. Ce soir, je le paie cher, le baume du tigre rouge va être efficace.

En roulant, j’ai repensé à une remarque qu’on m’a faite sur Mastodon, « Pourquoi avoir peur de dévier de l’itinéraire fixé à l’avance, c’est un vélo sur rails ? »

Sur le coup, j’ai pas aimé la remarque, mais vu que j’ai réfléchi, ça m’a permis de voir que forcément, les personnes qui me répondent n’ont pas forcément toutes les infos. Effectivement, ça fait un ou deux jours que je trouve la batterie du téléphone problématique dans le sens où j’en ai besoin pour me repérer. 

Ça peut surprendre, mais en fait avec la surdité, j’ai été formatée à concevoir plusieurs plans pour contrôler les situations où je ne comprends pas. Ce formatage s’est appliqué aussi au reste de ma vie et non pas que pour la compréhension. 

On dirait pas, mais c’est une charge mentale supplémentaire en fait. Il faut arriver à lâcher prise, ce n’est pas toujours simple. Aujourd’hui, j’ai navigué une bonne partie de la journée le téléphone éteint. Je me rends compte que ce sont les visites et les photos qui me mettent la batterie dans les choux. Du coup, j’en fais moins, je profite vraiment de ma visite. Je me suis aussi fiée aux bornes de kilométrage et aux panneaux, j’ai davantage regardé autour de moi que mon téléphone. C’était effectivement plus agréable. 


Un château, ce n’était assez, j’ai fait aussi celui d’Ussé. Même chose pour le côté pratique : tarif réduit, les sacoches, les personnes à l’accueil me les ont gardées de côté le temps de la visite. 

Très joli château aussi, l’histoire de la belle au bois dormant, j’ai trouvé ça un peu gnangnan mais il en faut pour tout le monde. J’y ai vu aussi les bottes de 7 lieues. 

Je remets l’explication ici : « Les bottes de postillons permettaient de protéger les jambes de roues des caleches et des coup de pied de chevaux. Elles pèsent chacune 2 kg. Tous les 28 km, soit tous les 7 lieues, on trouvait des relais de postillons permettant de changer l’attelage fatigué contre un plus frais. Ces bottes sont naturellement devenues « bottes de 7 lieues ». »

Impression de campagne irlandaise, vue d’un champ aux tons rouges et verts avec un ciel bleu à peine voilé


J’ai eu des semblants de campagne irlandaise.

Et après j’ai roulé jusqu’à Savigny-sur-Véron. Globalement, la route était belle. Un peu de crachin ce matin, couvert à midi et grand soleil ce soir. J’ai la marque du cycliste. Ça, c’est fait.

Pour résumer : Ballan-miré – Savigny-sur-Véron, 40,6 kilomètres, 2 châteaux et leurs jardins. La nuit va être bonne !