Maintenant, now en anglais

J’ai envie de déposer une parenthèse photographique chaque jour avec un texte qui l’accompagne ici mais je redoute de dévoiler un peu trop de ma personne, de ma vie. 

Par ricochets ce matin, j’ai été lire les billets de mon copain Stéphane. Je suis tombée sur son billet now, cela fait tellement écho à ce que je me disais. Il a traduit que justement le but de « now » est de rassembler tous les écrits d’un instant T sur une même page (sans devoir passer par un quelconque réseau social). Moi qui voulais réduire mes publications sur des espaces numériques que je ne contrôle pas. Je voulais rendre mes contenus pérennes. C’est ce que je pensais faire ici, mais sur un hashtag. 

J’avais écrit une première version de ce billet qui s’est effacé.

Un coup du sort ?
J’ai eu l’esprit torturé où je me suis demandé si je devais réécrire ce billet qui m’avait pris plus de 2h ce matin.
Est-ce que je dois le réécrire ?
Est-ce que c’est un signe de ne pas le réécrire ?
Se dévoiler, dévoiler mes pensées sur un espace qui est le mien mais public. Sachant que tout ce qui est publié sur internet est sujet à discussion sur la vie privée. Est-ce que je fais bien ou pas ?

Je ne sais pas.

Instaurer une routine dans les activités de ma convalescence, c’est une manière pour moi de sortir de cet état dans lequel je suis depuis quelques mois. Une activité qui me fait du bien quand j’y arrive. J’essaie d’être positive dans mes billets et là, c’est un exercice difficile. 

En ce moment, tout me prend du temps. 

Je me suis levée ou plutôt j’ai réussi à me lever. 
J’ai mis des chaussettes blanches parsemées de « confettis » colorées de toutes les couleurs en me disant que c’était la bonne journée.

J’ai rangé mon bureau dans le but d’y trouver un réconfort, en faire un endroit cosy, agréable à côté de la fenêtre.

Sur cette photo, il y a mon ordinateur avec un fond d’écran de montagnes. Ce sont les cimes des montagnes qui nous entourent quand on est au sommet du Mont Bochor dans le parc de la Vanoise avec au premier plan mon fils qui est assis avec son snowboard. 

Ma paire de ciseaux de gauchère et mes aiguilles pour faire de la couture trônent derrière mon clavier. Je les ai mises ici en espérant que l’envie de coudre reviendra à nouveau. Porter les vêtements que j’ai cousus à nouveau et bien d’autres choses, comme les petites culottes par exemple ! 

À côté, il y a un cactus orné d’une fleur. C’est un cactus en croché réalisé par Julie qui fait partie de la fine équipe de Paris Web.

Paris Web, qui d’ailleurs, n’est jamais très loin avec ses autocollants Share The Love y compris en coulisses (mail, slack, etc…).

J’ai peut-être coupé les ponts avec tout le monde, y compris avec mes proches. J’essaie de raccrocher les wagons, ça reste difficile. Un jour ça va, un jour ça va pas, c’est aléatoire et parfois le « ça va pas » est plus long que le « ça va ». Et évidemment, inutile de me demander si « ça va ». 

À côté de ma souris qui est à gauche du clavier, il y a le pochon de l’écheveau solidaire qui contient mes pelotes et mon crochet du moment. Les activités que j’effectue en ce moment sont de courte durée, la concentration me faisant défaut. C’est pénible. J’en ai conscience mais je n’y arrive pas. 

Il y a un vide-poche en forme de licorne qui est vide à cause du chat. Ce chat, qui peut être très beau sur les photos de ses maîtres. Il fait tomber tout ce qu’il trouve, fait disparaître mes jolies bagues (que je retrouverai quelques mois plus tard). Il y a aussi un canard en plastique. Canard qui est redoutablement efficace quand tu es dans une tempête de boulettes au boulot.

Ma liseuse Vivlio numérique est dans un étui rose pailleté. La lecture est une activité que j’ai toujours exercée depuis que je sais lire. J’avais aussi arrêté de lire. Je devrais recommencer à lire.

Cette orchidée qui fait triste mine, j’ai négligé toutes mes plantes depuis que nous avons déménagé. Moi qui adore la nature. Voir les jonquilles réapparaître dans le parc, m’ont donné envie de revoir du jaune, du rouge, toutes ces jolies couleurs. Il ne me reste plus qu’à me faire violence pour faire des plantations dans les jardinières. Pourquoi me faire violence ? Parce qu’en ce moment, tout est difficile, tout est insurmontable même si au fond de moi, je sais que c’est faux. L’esprit ne suit pas forcément le corps et inversement. 

Au mur, il y a un abécédaire « Alphabets » brodé en rouge au point de croix sur du lin écru en 1 fil / 1 fil (ceux qui savent, savent ô combien ce sont des beaux ouvrages qui peuvent être fins quand on a des bons yeux). Au dessus de mon ordinateur, une photographie encadrée . Cette photographie floue d’un couple a bientôt 20 ans, un cadeau de mariage. Dans le coin du cadre, j’y ai collé des photos de moi en robe et lui prise durant l’été dernier. Il n’est jamais très loin. 

En fin de compte, ce billet est très long.
Futile pour vous.
Utile pour moi, j’y ai posé des mots et les relirai quand j’en aurai besoin.

Je me force à faire des choses, je me force à bouger, je lutte contre moi-même.

La dépression ce n’est pas une faiblesse, c’est un état. J’ai bien conscience que certaines personnes ont disparu quand j’ai parlé de dépression (peut être par peur, peut être pour se protéger), d’autres se sont manifestées.

 La dépression, c’est un état dans lequel je suis plongée involontairement, comme si j’étais prisonnière physiquement et mentalement. Personne s’en est rendu compte. Il s’est passé du temps avant que j’arrive à exprimer quelque chose que ce soit à l’oral ou à l’écrit.

La nommer me permet de l’extérioriser, me permet ou plutôt m’autorise à penser que c’est temporaire. Je l’espère. C’était l’instant T du jour.

Cela me ferait plaisir d’avoir un petit mot de votre part, à vous qui avez lu ce billet que j’ai réécrit.

J’ai certainement répété ou écrit maladroitement certaines choses mais rien que de penser à ce que je viens de livrer ici, j’en ai les sanglots dans la gorge et les larmes aux yeux. 

11 réflexions sur « Maintenant, now en anglais »

  1. c’est bien… continue de t’exprimer si çà te fait du bien….. les gens qui t’aiment ne te jugeront pas et seront plutôt fiers de toi, de ton combat, de ton courage….
    On t’aime Sophie, mais que peut-on faire pour toi à part des petits mots doux….
    Je t’embrasse très fort ma Sophie.

  2. La dépression, un gouffre qui est sans fond mais qu on arrive à en sortir petit pas après petit pas grace à l’amour des siens et de ses proches. Accepter ses faiblesses c est les reconnaître et c est un grand pas vers le soleil!!! Pensées pour toi. Une fidèle lectrice qui va se faire bientôt implanter. Sourde de naissance je me retrouve dans tes écrits… ils m ont manques

  3. Je suis toujours là, au moins virtuellement…

    J’essaie toujours de trouver un moment pour aller à Paris vous voir tous les deux (depuis le temps !) mais même mes déplacements à Londres ne m’ont pas donné la liberté de le faire… et maintenant (depuis jeudi) et pour un certain temps nous n’avons plus le droit de voyager en dehors du Japon. Donc ça repousse encore un peu plus…

    Bisous

    Manu

  4. Que c’est pénible d’avoir à réécrire ce qu’on a déjà écrit avant et qui s’est fait effacé. Parfois, on arrive à l’écrire à nouveau dans une version encore améliorée. J’espère que tu as pu avoir ce petit brin de satisfaction a minima.
    Écrire libère l’esprit et la pensée et j’espère aussi que ça t’a libérée un peu. Ce n’est pas facile de se livrer comme ça dans un blog.
    J’aime bien l’idée de publier une photo et d’écrire autour de celle-ci.
    Je te souhaite de réussir à te sortir de ce mal qui t’empoisonne et que ton bureau si bien décoré t’aide à avoir envie de te remettre aux activités que tu aimes.
    Tu vas y arriver, Sophie !

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