Un château, deux châteaux, … 3e jour

Sophie qui pointe le panneau Amboise du doigt au bord de la route ( à l’abri des voitures)

Après un bon petit déjeuner, quelques caresses au chat appartenant aux propriétaires de la chambre d’hôtes. Le soleil n’était pas très haut. La rosée était encore présente. Il faisait un peu frisquet quand je suis partie à 10h.

Je suis allée directement au château de Chaumont-sur-Loire, ne l’ayant pas vraiment vu la veille. La matinée a servi principalement à flâner le long des jardins du parc du Château de Chaumont-sur-Loire. Le festival commence le 24 avril mais j’ai eu droit aux tulipes déjà présentes et surtout sur la fin de floraison. J’ai aussi visité le château, un de plus ! Je l’ai trouvé très joli.


Côté pratique : il y a des consignes pour pouvoir y laisser des sacoches MAIS attention ce sont des pièces de 2 euros qu’il faut. Une consigne suffit amplement pour 2 sacoches et un casque. Parking à vélo présent, la consigne est pas à côté. Ça aurait aurait eu le mérite d’être à côté… je ne sais pas pourquoi. L’entrée est gratuite pour la personne handicapée sur présentation de la CMI invalidité et tarif réduit pour son accompagnant. Le château est labellisé Tourisme & Handicap. Il existe des documents en braille et il peut être organisé des visites adaptées pour les personnes déficientes visuelles, sur réservation.

Cerise sur le gâteau, en repartant je vois une voiture se garer sur une place handicapée. Je m’arrête. Je regarde et j’attends… Je vois un père de famille sortir, je lui demande poliment s’il est en situation de handicap ou un membre dans le véhicule. Il me répond que non, mais que de toute façon, il gênait pas puisqu’il a grignoté un bout de la place mais qu’il y en a largement à côté. J’insiste poliment en lui expliquant qu’un fauteuil à besoin de place sur les côtés pour sortir et que ce n’est pas pour rien que les places sont larges. Il se résigne, et finalement la dame qui sort du véhicule achève de le convaincre que j’avais tort au moment que j’étais sur le point de partir. J’ai laissé tomber mais sur le principe j’étais embêtée. Si tout le monde fait comme eux, en fin de compte… ceux qui en ont le plus besoin ne peuvent jamais les utiliser, comment faire pour que ça soit plus efficace ? Des idées ?

Je suis finalement partie en passant par le port de Chaumont-sur-Loire, vers Amboise, 20 kilomètres le nez en l’air, tantôt les champs de colza, tantôt les champs d’herbes hautes que je ne saurais pas qualifier et tantôt des cépages de Gamay et autres. Ils bourgeonnaient de partout. La Loire encore à la hauteur de la route et de la piste cyclable.


J’aime beaucoup le vert tendre que je vois en forêt ou en bordure de piste cyclable. C’est doux, on sent que le printemps est tellement là. J’ai croisé à plusieurs reprises un couple que j’ai doublé, qui m’a doublé, et que j’ai redoublé en passant par un autre chemin qui était finalement plus court. C’était rigolo j’ai trouvé.

Amboise, ville où il y a des maisons à colombages, quelques sculptures en ville du type Calder. Je n’ai pas visité le château d’Amboise, ni le clos Lucé, la consigne étant assez loin du château. Je me suis contentée de les observer de loin.


Je ne sais pas ce qui se passe mais aujourd’hui, mon téléphone s’est vite déchargé par rapport à hier. Du coup, ça m’intrigue un peu. J’hésite à commander un gps et le faire livrer quelque part ou en acheter un pour justement gérer mieux que ça la batterie du téléphone. Idem pour mon support de téléphone, il a pris un coup de vieux aussi et donc n’est plus très visible. J’ai racheté un nouveau support mais je suis pas tranquille car j’ai peur que le téléphone tombe, c’est un support avec 4 bandes élastiques, je trouve que c’est en fin de compte assez pénible quand tu veux prendre des photos ou autre.

À cause de cette histoire, je suis allée à la gare d’Amboise en me disant que j’allais prendre le train pour Tours. Pas de bol, en début d’après-midi, le train n’était qu’à 16h35… 1h30 à attendre. J’avais le choix de soit pédaler et prendre le risque de ne plus avoir de plan à l’arrivée soit me reposer et avoir de quoi me guider entre Tours et Ballan-Miré où je suis ce soir.

Arrivée à Tours, je n’ai pas manqué d’aller voir la cathédrale Saint-Gatien et le château de Tours. Il me semblait dans mon souvenir plus gros que ça… et j’ai un peu roulé dans la ville, les rues sont très cyclables, mais c’est un peu anarchique, pas comme Orléans. Je me suis même pris un coup de lave-vitres en pleine poire d’un véhicule qui attendait à l’arrêt et qui m’a carrément pas calculé, je recommande pas l’expérience !


J’ai passé la soirée avec mon amie qui m’a accueillie et que je n’avais pas vue depuis bien longtemps, d’où la publication tardive de ce billet !

2ème étape : j’ai viré à tout vent

Sophie, cheveux ébouriffés, grand sourire faisant le signe du 2 avec en arrière-plan le château de Cheverny.

Ce matin, je suis partie aux alentours de 10h15. J’ai eu un peu de mal avec le froid. Une fois partie, ça allait, mais le plus dur était de partir.

j’ai retrouvé l’euro vélo 6, c’est une « autoroute » à vélo pour vulgariser un peu. L’inconvénient, c’est que je retrouve vite les mêmes paysages… la route est certes belle, mais bon, à force on s’en lasse un peu.
Le côté positif, c’est que je réfléchis un peu trop à ce que je vais vous raconter le soir après avoir vu toutes ces belles choses.

Ce matin, j’avais le vent face à moi, ça m’a pas trop aidée. Il fallait que je pédale un peu plus fort pour contrer le poids du vent, et pour pas me démotiver, je regardais intensément autour de moi. À un moment donné, les champs bougeaient au gré du vent, j’ai eu durant un instant l’impression d’avoir été projetée dans un de ces films de Miyazaki. Ces séquences où on vit le ciel tourmenté par le vent, et l’herbe qui danse avec le vent, qui bouge, qui se plie et se relève.

La Loire est toujours aussi haute. Je suis passée à des endroits où elle était limite au niveau de la piste cyclable. J’ai traversé quelques ponts où j’avais toujours un canard, un cygne, et des herbes aquatiques qui se couchaient sous la puissance du flux de l’eau. J’ai même surpris un faisan encore.

Traverser quelques villages pour y voir quelques églises comme celle de cour-sur-Loire, avec un semblant d’aqueduc plus loin. À certains endroits, les murs de pierres manquent de tomber.

Tu ne devineras jamais, j’ai retrouvé le nain d’Amélie Poulain. Il était entouré de tous ses copains, j’ai commencé à compter mais y’en avait trop. J’ai pas voulu y passer une heure devant cette jolie clôture, de peur que son propriétaire sorte !

petite maison à la clôture bleue ciel, on y voit une multitude de nains de jardins de toute sorte.


Arrivée à Blois, je suis allée voir un vélociste pour … la question que tout le monde veut poser mais ne la pose pas : « t’as pas mal au cul ? ». (Spoiler : si !)

Je me suis équipée d’un cuissard que je porte comme il faut. Ne faites pas les grands yeux, mais pas de sous-vêtement sous un cuissard. Ne me remerciez pas, vous ne regarderez plus les cyclistes de la même façon ! Cela dit, c’est efficace et confortable mais parfois, il faut plus d’un paramètre pour pas avoir mal au cul, pardon, aux fesses, ou au postérieur comme on peut dire aussi de façon élégante. J’ai finalement baissé ma selle vers l’avant, pour justement que ça soit plus confortable. Je rentre pas dans les détails, je crois que je vais choquer plus d’une âme sensible. (Fin de la parenthèse de t’as mal au cul ?)

Ce détail réglé, je suis allée voir le château de Blois. Je l’ai trouvé imposant et massif de l’extérieur. J’ai eu la possibilité de jeter un œil dans la cour intérieur du château. C’est drôlement joli quand même, un bel escalier en colimaçon gigantesque dans un coin, j’ai trouvé ça trop beau, d’autant plus que le soleil donnait dessus. Tu avais raison, Sylvie, il est beau !

Façade avant du château de Blois. Elle est massive et a beaucoup de fenêtres.


Je pensais faire l’aller-retour à Cheverny en train pour m’économiser un peu, sauf que… y’a pas de gare à Cheverny à cette époque de l’année. J’ai changé mon itinéraire à la dernière minute. J’ai fait un aller-retour en vélo au Château de Cheverny. Ben je regrette pas même si ça m’a coûté de l’énergie pour y aller. Traverser les forêts quand t’es seule et qu’il y a marqué chasse sur les pancartes, comment dire, je suis pas super tranquille. En plus, je suis toute seule. Prochaine fois, faudra que je m’époumone, paraît que ça fait du bien. Je rêvais d’aller aux Pays-Bas, voir les champs de tulipes. C’était l’occasion de les voir au Château de Cheverny. Des couleurs qui vont du jaune au violet en passant par le rouge, quelques arbres qui m’ont rappelé les hanami (sakuras en fleurs au Japon).

J’en ai pris plein les yeux. J’ai pris le temps de faire le tour du parc à pied, j’ai aussi visité le château. Le deuxième de ma vie. Il y avait des pièces en legos également, une copie du château, la joconde de Léonard de Vinci, le coffre renaissance, deux bassets et le tableau de Jeanne d’aragon.

Champ de tulipes avec un œuf de Pâques au milieu. On dirait une rivière multicolore, il y a plusieurs bandes de couleurs différentes, rose, jaune, rouge, jaune, rose, et ainsi de suite…


Côté pratique : prévoir du liquide parce qu’il n’y a pas de distributeur dans ce petit village. Ce fameux argent en espèces m’a servi à entreposer mes sacoches en sécurité le temps que je fasse un tour. J’avais enfilé un short par dessus mon cuissard et mis une polaire, parce que quand même faisait pas chaud chaud.
L’entrée (château et parc) est gratuite pour les personnes handicapées.

De retour à Blois, j’ai filé à la gare et j’ai pris un train pour aller à Chaumont-sur-loire.

Côté pratique point sncf : la région Centre a une carte gratuite annuelle pour les personnes qui possèdent une CMI invalidité, qui offre une réduction sur les Ter qui est de l’ordre de 33% la semaine, et 50% le week-end. L’aller Blois -Chaumont-sur-Loire m’a couté 2,20 euros. C’est valable aussi pour les ter centre qui vont à Paris Austerlitz.
Le vent de face depuis hier, c’est un peu fatiguant pour les oreilles. J’hésite à rouler sans implants, mais ça va pas rassurer mes proches… une autre histoire en perspective à vous raconter.

Mon propriétaire de gîte m’a téléphoné, il s’inquiétait pour moi alors que je m’étais arrêtée pour manger pour profiter de la chambre et vous écrire la journée tranquillement. J’ai trouvé ça vraiment chouette d’être attendue. Et surtout, surtout, je suis arrivée avant la grosse pluie alors que je l’ai eue à plusieurs reprises dans la forêt aux alentours de Cheverny. Une jolie étape de 66 kilomètres, demain, je serai sage, ou pas. On verra !

Première étape du challenge vélo

Je suis partie ce matin de chez moi en vélo, j’ai pris les transports en commun jusqu’à Gare de Lyon. De là, j’ai rejoint la Gare d’Austerlitz. Il a plu durant le changement de gare. j’ai pu tester l’efficacité de la gapette, ça marche bien, les lunettes de vue étaient au sec !

j’avais une crainte concernant l’embarquement à bord du train, mais effectivement, comme me l’a fait remarquer la communauté vélo, c’est une gare de plain pied. J’ai eu aucun souci à charger mon vélo et les sacoches.
Photo de la poste du train qui indique que nous sommes bien à Paris Austerlitz, on voit qu’il n’y a pas de marche pour monter.

Arrivée à Orléans, j’avais en tête d’aller voir la cathédrale pour voir si elle était toujours aussi belle que dans mon souvenir d’enfant. La rue Jeanne d’Arc a bien changé par contre… entre le tram et les pistes cyclables à Orléans. Elles sont superbes. Je veux les mêmes à Paris !


Je n’ai toutefois pas réussi à trouver des cotignacs, specialité orléanaise, les commerces étant souvent fermés le lundi… si un orléanais passe par ici et qu’il va sur Paris, je suis preneuse ! Ce sont des gourmandises que j’affectionnais enfant.

La Loire est assez haute, elle est sortie de son lit mais ça reste praticable. Le circuit que j’ai sélectionné est en partie l’euroroute vélo qui fait les bords de Loire. Il est très très bien balisé et entretenu. Le marquage est omniprésent.

Après avoir avalé quelques moucherons, croisé des chevaux et des ânes dans les pâturages, j’ai croisé deux poules ainsi qu’un faisan ! Les papillons étaient aussi de la partie. Les cyclistes sont généralement polis. J’ai aussi croisé une couleuvre, mais je ne lui ai pas demandé son 06, j’ai filé dare dare.

J’ai eu un peu de mal à gérer la chaleur au début. J’étais trop couverte, j’ai fini par trouver ce qui me convenait le mieux. J’ai eu beaucoup de vent de face, ça ne m’a pas aidée et mes implants ont pas aimé. J’ai eu des alertes d’environnement bruyant (aux alentours de 95 décibels), le vent a frotté les oreilles toute la journée, j’étais un peu soûlé de l’entendre ce son, j’ai quand même réussi à entendre les pépiements des oiseaux en forêt de Chambord.

Arrivée aux gîtes de Joséphine, j’ai déposé les sacoches, bu un peu, après 48 km, il me restait encore un peu d’énergie. Cerise sur le gâteau, je suis allée jusqu’au le château de Chambord. Un petit crochet de 22,5 km. Je suis rincée mais heureuse de ma journée.


Pas beaucoup de photos ici, j’ai pas une très bonne connexion réseau. Demain, direction Chaumont-sur-Loire !

J’arrête de pédaler dans la semoule : top départ !

femme équipée d’une tenue de cycliste, ainsi qu’un casque sur la tête et qui enjambe son vélo équipé de sacoches.

Après avoir passé la semaine à préparer mon itinéraire sur b.router, transposé dans Komoot.
J’en profite pour remercier toutes les personnes qui m’ont conseillée sur la préparation du trajet, notamment celles du Fediverse. Cœur sur vous.

J’ai également fait quelques achats comme un cuissard, un gilet et une gapette pour mettre sous mon casque. Je reviendrai sur le sujet.

Un petit passage chez mon coiffeur préféré , pour justement remettre ces cheveux dans l’ordre et qu’ils soient faciles à ranger sous mon casque et que mes implants cochléaires tiennent bien.

Parce que oui, les implants cochléaires, c’est problématique quand on veut porter un casque puisqu’il y a une partie aimantée sur la tête. Si le casque est trop petit, les aimants se décollent et je n’entends plus ! J’ai trouvé le casque idéal même si c’est pas le modèle que je préfère mais c’est comme ça. Il n’existe pas à l’heure actuelle de casques pour les gens qui ont des implants cochléaires et encore, je ne suis pas certaine que ça soit possible puisque l’emplacement des aimants doit varier selon la morphologie des gens.

J’ai rempli mes sacoches hier soir, je pensais naïvement au départ que je remplirais qu’une sacoche. Mais après avoir mis toutes mes affaires sur la table et encore, j’ai pris le minimum à mon avis (qui est encore trop mais première expérience hein !). J’ai finalement rempli les deux sacoches qui seront placées à l’arrière du vélo.

Ce matin, départ pour Orléans en transports. De là, j’irai à Muides-sur-loire qui est ma première étape.

J’en profite pour également remercier mon conjoint de me soutenir dans mes challenges personnels. ❤️ Merci de m’accompagner tous les jours, un jour nous le referons à deux et dans les meilleures conditions qui soient. J’y vais en repérage. 😘

Bonne journée !

Est-ce que je pédale dans la semoule ?

carte de france avec un trajet indiqué d'orleans qui longe la loire et qui ensuite long les côtes de l'atlantique jusqu'à bordeaux.

Après avoir tourné cette belle page blanche, pris du temps à ne rien faire, quoi qu’on en dise, c’est tout un art ! C’est même un luxe de nos jours j’ai envie de dire. J’ai aussi pris le temps de sortir, de créer avec mes mains, de voir un peu ce qui se passait autour de moi dans la réalité (pas virtuelle qu’on se le dise).

Mais ces temps-ci, le fait de ne pas avancer, de stagner me prend à la gorge, je pédale dans la semoule. L’action me manque un peu (beaucoup). Entre quelques offres d’emploi et entretiens, j’ai regardé un peu les occasions qui se présentaient.

Après avoir vu le mont Fuji à vélo, j’ai donc décidé de faire un périple de 1000 kilomètres à vélo !

Je quitterai la région parisienne en train pour aller à Orléans. Parce que honnêtement quitter Paris à vélo, c’est pas drôle sans oublier la pollution.

À partir de là, je rejoindrai les bords de la Loire, pour la longer jusqu’à la mer en passant par quelques châteaux. J’ai prévu de faire une pause aux alentours de Nantes. Je verrai si je continue mon voyage ou pas, en fonction de mon état physique et moral. Je me laisse la possibilité d’aller jusqu’à Bordeaux en vélo, j’adorerais mais il faut parfois être réaliste.

S’il y a des personnes susceptibles de m’héberger une nuit, je suis preneuse, jusque là je suis en toute autonomie. Le départ est prévu pour dans 15 jours pour une durée de 15 à 20 jours. J’espère que la météo sera plus clémente qu’en ce moment.

Je raconterai mon voyage avec les sensations sonores en prime.

Vous me suivez ?

Une nouvelle page blanche

Chat noir sur le dos qui s'étire sur un lit. On voit qu'il baille en même temps les pattes allongées en l'air

Mon dernier voyage d’octobre dernier m’a fait prendre conscience de pas mal de choses personnellement mais aussi professionnellement.

Après une dernière mission très enrichissante à tous les niveaux, j’ai quitté mon employeur mi-février.

De nombreuses personnes m’ont demandé ce que j’allais faire, où j’allais, et à vrai dire, je ne sais pas. Ce n’était pas planifié, tout comme mon voyage impromptu. C’est aussi bien.

À l’heure actuelle, je suis chez Pôle Emploi ou FranceTravail (l’un ou l’autre, je sais pas puisque j’ai des courriers des deux entités). Mais je revis. 

Mes journées sont variées, parfois chargées et parfois propices à exercer l’art de ne rien faire. Quand je suis à la maison, mes deux chattes qui sont ravies puisqu’elles passent leur temps à être collées contre moi, à ne pas me quitter d’une semelle, quand je me mets à l’ordinateur, j’ai désormais un chat sur les bras. 

J’occupe de mon temps à de nombreuses choses que je ne faisais pas lorsque j’étais en poste. Je fais de nouvelles choses. Je redécouvre.

Apprendre à se poser et regarder autour de moi ce qui se passe, je ne vois plus les choses de la même manière même si parfois mon cerveau me ramène à ce que je faisais avant : l’accessibilité numérique. Je surveille tout ça de loin, je note, j’apprends, j’assimile, tapie dans mon coin.

Regarder, écouter, analyser les sons, faire la liaison entre ce que j’ai pu voir et entendre. J’ai des choses à raconter, c’est certain, la plume, elle aussi a pris quelques congés, et puis égoïstement vouloir garder des choses pour moi, même si je sais que les lecteurs du blog apprécient mes billets. 

À l’écoute du marché, réfléchir à ce que je souhaiterais pour mon futur professionnel. S’autoriser désormais à vouloir le meilleur pour moi et non plus vouloir essayer d’être ce petit rond qui veut rentrer dans un carré. J’ai tenté pendant plusieurs années l’exercice du petit rond qui voulait rentrer dans un carré. Je dois vous le dire : ça ne marche pas.

Un rond ne rentre pas dans un carré. Je suis désormais un petit rond qui veut vivre, sans avoir à rentrer dans un carré. 

Quels ingrédients pour 2024 ?

Session zoom où on voit à gauche la slide "A roadmap to inclusive : Reaping the benefits", juste au dessus un bloc contenant le texte transcrit de ce qui est dit en live, à droite en haut vue sur Denis Boudreau et en bas à droite l'interprète ASL : Lizzy.

C’est vrai que je n’ai pas encore souhaité la bonne année par ici.

Alors, si jamais vous prenez des résolutions pour cette nouvelle année 2024, du style : Je décide de faire de mon lieu de travail un environnement inclusif !

J’ai assisté ce soir au webinaire de Denis Boudreau qui fût fort intéressant même si c’était en anglais. C’était une intervention transcrite et traduite en ASL (American Sign Language)

Dans ce webinaire d’une heure, il a donné les 15 clés pour un milieu de travail diversifié et responsabilisé pour un leadership inclusif. Le but étant que chacun se sente valorisé et respecté.

Je vous recommande chaudement le dernier ouvrage de Denis Boudreau, « The inclusive speaker » (en anglais) ainsi que son profil linkedin qui nous rappelle régulièrement les clés pour une inclusion réussie, et pas n’importe comment s’il vous plait 🙂

✨ Sur ce, je vous souhaite une excellente et heureuse année 2024 avec quelques ingrédients magiques : accessibilité, bienveillance, inclusion et surtout la santé.

T’as envie de faire pipi ?

3 entrées, une entrée pour les femmes, une entrée pour les personnes handicapées (en fauteuil en particulier) et une entrée pour les hommes. Quelques passants devant. On y voit la bande podotactile également qui mène aux toilettes

Tu te demandes bien ce que je vais raconter aujourd’hui, et puis quelle punchline ! 🙂

J’aime bien en fait. Ca interpelle et ça dénote sur les réseaux, surtout, surtout, c’est humain (sans oublier les personnes qui sont dialysées ou stomisées).

D’accord, j’ai énoncé une éventualité, l’humain fait pipi. Est-ce que vous voyez où je veux en venir ?

À Paris, les toilettes, en toute franchise, si ce n’est pas chez soi, on évite d’y aller à l’extérieur parce que des surprises, y’en a. Et avec les JO 2024 qui arrivent, j’ai un peu peur du résultat. C’était la parenthèse française.

Durant mon voyage au Japon, j’ai découvert des toilettes publiques qui pouvaient surprendre.

Il y a des toilettes publiques partout, mais quand je dis partout, c’est partout. C’est à dire qu’on peut y aller sans s’inquiéter de savoir si l’état des lieux va être correct ou pas. C’est comme à la maison. Je ne me suis jamais posé la question durant mon voyage. J’avais envie de faire pipi, j’y allais et je continuais ma journée.

Les toilettes au Japon, déjà, il y a la petite douchette automatisée. Je dois J’ai vu des toilettes équipées pour la plupart et parfois sans.
Presque toujours, il y avait du papier. À Paris, le papier il est inexistant hein.
Mais très souvent il y avait la douchette, avec tous les petits boutons qui nettoient ce qu’il faut (je vous laisse imaginer la scène, je ne l’écrirai pas), un bouton pour activer une petite musique ou un son de chasse d’eau pour couvrir mon intimité. C’est quand même royal !

Point accessibilité : les boutons sont tous transcrits en braille, en kanji, anglais et iconographie. Ils répondent aux besoins d’une population entière.

Plaque avec les boutons décrits en braille également. Stop, Arroser les fesses, Arroser le sexe féminin et relever la lunette des toilettes ainsi qu'un bouton pour régler la pression de l'eau.

Mais ce que vous savez pas, ou pas encore, c’est que parfois, on a la surprise de poser son arrière train sur une lunette de toilettes chauffée, oui. Ça m’est arrivé à plusieurs reprises. Que ce soit dans un domicile, un restaurant, un lieu public ou encore dans le métro. C’est vraiment agréable et je vous souhaite de découvrir cette expérience inédite.

Toilettes avec lunette fermée, deux rouleaux de papier prêts à l'usage, ainsi qu'un tableau de bord pour commander les toilettes (ouverture/fermeture, nettoyage, stop et pression de l'eau)

Les toilettes dans les lieux publics, c’est souvent genré. Femmes, hommes et c’est tout. C’est le cas en France. Sans oublier que souvent la table à langer, elle est chez la femme et jamais chez l’homme.
Au Japon, la table à langer est présente partout. Ca peut être un papa avec un bébé, ou une maman avec un bébé. On se pose pas la question.

Siège bébé situé face aux toilettes permettant au parent de faire ses besoins tout en gardant son enfant sous les yeux.

J’ai beaucoup aimé le fait qu’on ait la possibilité de mettre son enfant avec soi dans les toilettes, j’aurais aimé que ça soit possible quand mon fils était bébé. Va faire pipi avec un bébé quand t’es à l’extérieur, c’est un peu mission impossible ou alors tu as trouze mille techniques.

Au Japon, on a très souvent des toilettes Femmes, Hommes, Personnes handicapées, et … ce que vous savez pas encore non plus et que vous allez bientôt savoir, c’est qu’il y a également des toilettes non-genrées. Enfin, j’ai compris ça comme ça. Je partage simplement mes découvertes. J’ai trouvé ça super.

Plaque de toilettes représentant un homme, une femme, une personne en fauteuil, une personne cardiaque (homme avec symbole + en bas à droite du bonhomme), un enfant et une barre arc-en-ciel

Entendre à l’interphone quand tu es sourde…

Saviez-vous que les interphones sont les ennemis des personnes sourdes ?

Pas plus tard que ce matin, mon interphone a sonné méchamment à tel point que j’ai cru que la personne à l’autre bout du combiné était bloquée sur le bouton d’appel.

Je déteste les interphones. Ce sont pas mes amis.

Je les déteste et pourquoi ? Parce que je peux mimer le fait de mettre le combiné sur mon oreille, ça n’empêche pas que je peux éventuellement entendre du bruit dans ce combiné mais je ne comprends pas !

Entendre n’est pas comprendre.

Ce matin, j’ai décroché à la première sonnerie, j’ai parlé dans le combiné, ça a re-sonné direct dans mon oreille, autant dire que c’est très désagréable. J’ai re-parlé dans le combiné un peu plus fort en me disant qu’il entendait pas ce que je disais. L’avantage ou l’inconvénient de la surdité, c’est que je suis tout le temps à me préparer à toutes les réponses possibles d’un seul coup.

Finalement c’est fatiguant de prévoir une réponse A, si c’est pas la réponse A, ca va être la réponse B, et que ce n’est pas la réponse B, mais la réponse C… À la fin, je suis un peu agacée pour être polie, parce que quand même… je veux bien faire des efforts mais je ne peux pas faire des efforts surhumains. C’est fatiguant !

Ça a re-sonné encore, parce que finalement le livreur n’a pas fait l’effort de checker sur son paquet à livrer les différentes informations. À la fin, j’ai dû sortir pour réceptionner le paquet et j’ai dû lui dire que je n’entendais pas.

Comment savoir que la porte est ouverte ? En général, j’ai la main sur la porte et j’attends de ressentir une vibration pour ouvrir celle-ci.
S’il n’y a pas de vibration, alors j’attends un temps raisonnable pour que mon interlocuteur ait le temps d’ouvrir et je pousse la porte par intermittence, jusqu’à réussir à ouvrir la porte pendant que le loquet s’ouvre.

Et puis, pour mes amis aveugles ou malvoyants, souvent les interphones ne sont pas accessibles car il n’y a pas d’informations indiquées ou vocalisées.
Les modèles de dernière génération commencent à arriver mais le clavier n’est pas toujours accessible.

Pensez que si vous avez des interphones chez vous, au bureau, et que vous recevez une personne sourde, pensez qu’elle ne sait pas ce que vous racontez dans le combiné en général, donnez lui les informations avant son arrivée à savoir : le nom où sonner pour pouvoir avoir l’ouverture de la porte, pour connaître l’étage où aller, quelle porte, etc… Partagez les infos en amont !

Un des emblèmes du Japon, le Mont Fuji

Herbes hautes qui masquent le lac qui est entre le premier plan et l'arrière plan où est le Mont Fuji qui prend toute la largeur de la photo. Ciel bleu avec quelques nuages.

Découvrir le Mont Fuji, un des symboles importants du Japon était quelque chose d’important pour moi.
Son sommet est le plus haut du pays. 3776 mètres.
Il est également inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2017.

Il y a mille et une façons de le découvrir.

En réfléchissant, je me rends compte que je ne le connaissais qu’à travers un puzzle que j’ai fait quand j’étais enfant. Un puzzle de mille pièces que mon père avait acheté et qui est resté sur la table du salon pendant bien un bon moment ce qui avait le don d’agacer ma mère puisqu’il occupait l’intégralité de la table et que celle-ci était inutilisable durant ce temps.

Le ciel du Mont Fuji était tellement bleu, que toutes les pièces du puzzle du ciel étaient bleues. Seules les différences de forme de la pièce variaient mais le bleu était identique. La cîme enneigée du Mont, quand j’y repense, c’était une partie du puzzle facile à faire finalement puisqu’elle est pas si grande que ça. Ce qui nous avait pris du temps, c’est les plaines qui bordent le mont. Ces plaines sont symétriques ou presque et immenses. Autant dire que les pièces sont similaires puisque la symétrie était presque parfaite.

À l’instant où j’ai décollé pour le Japon, le 3 octobre dernier, je n’avais pas idée de ce qu’allait donner mon voyage en solo. Je n’avais rien planifié.

J’espérais pouvoir le voir secrètement quand j’étais en vol, mais les conditions n’étaient pas réunies et par la suite, j’ai appris malgré moi que le Mont Fuji ne se laissait pas si facilement admirer.

J’ai pris deux trains locaux, la Chüo-Sobu Line (JB) et la Chüò Line (JC) pour aller jusqu’au lac Kawaguchiko avec une escale à Otsuki. Le trajet de Tokyo à Otsuki est compris dans le JRpass. Le reste du trajet, j’ai dû compléter de 1170 yens, soit 7,5 euros environ. Le trajet dure 2h30 environ en partant de Tokyo. Je me suis laissée porter par le défilement des buildings assez hauts, qui ont précédé à des immeubles avec des rues bordées de fils électriques pour voir ensuite des maisons individuelles, et enfin la campagne, la verdure et les collines.

À l’approche du mont Fuji, les gens surveillent à travers les vitres du train s’ils voient le sommet. C’était assez drôle en fait, on aurait dit une rame entière de grands enfants qui guettent quelque chose de mystique. Dans le train, j’ai rencontré une américaine qui allait à un lac qui était un peu plus haut que celui où j’allais, et un couple de belges qui étaient arrivés depuis 3 jours mais en plein décalage horaire, motivés pour le voir aussi. Je l’ai entre-aperçu, rien que ça, c’était quelque chose.

À l’arrivée, je me suis rapidement éloignée de tout mouvement de foule. La gare de Kawaguchiko est prise d’assaut par les touristes, il y en a partout. Une vraie fourmilière. Moi qui étais seule et seule dans ma tête, j’ai trouvé ça insupportable tous ces gens qui savent pas où aller et qui bloquent les issues de la gare. J’ai été dans un konbini, prendre de quoi faire mon repas du midi et j’ai flâné dans les petites ruelles avoisinantes.

Vélo rouge et derrière tous les arbres qui ont leur feuilles qui varient du vert à l'orange voir rouge.

Mon idée était de louer un vélo électrique pour pouvoir faire le tour du lac. Pas de chance, la horde de touristes était déjà passée par là, je suis arrivée sur le coup de 14h30. Finalement, j’ai loué pour un vélo mécanique pour le reste de l’après-midi. Les gars de l’échoppe m’ont regardée partir tranquillement avec mon casque de vélo sur la tête et le sourire sur les lèvres.

Un joli tour de 20 kilomètres, avec un temps qui s’y prêtait bien, ni trop chaud, ni trop froid. J’étais encore en short, ce 24 octobre. Le mont Fuji n’étant visible qu’à partir d’une portion du lac.

Je me suis arrêtée dans un premier parc, le Yagizaki Park. Je pouvais en distinguer les bords mais pas le sommet dans son intégralité.

J’ai continué mon chemin tranquillement et j’ai trouvé quelques spots dépourvus de touristes pour faire mes photos. J’ai surtout attendu qu’il se dévoile. Quand je l’ai vu en entier, j’ai eu un sentiment indescriptible, de voir cette beauté, à la fois loin mais si imposante.

Oishi Park est le spot pour voir le mont Fuji dans toute sa splendeur. Il y a beaucoup de monde et il n’est pas évident de faire des photos sans qu’il y ait de personnes inconnues sur la photo. La photo de touriste que voilà ! Une gentille dame a accepté de me prendre en photo, c’est rare que je voie mes jambes sur les photos 🙂

Sophie en tee-shirt rose et short noir qui fait le signe victoire avec la main droite. Derrière elle, il y a un champ de bouquets de plantes qui varient du vert au rose fushia et en arrière plan le mont fuji dans toute sa largeur sans oublier les touristes qui sont éparpillés autour de ce spot photo.

J’ai terminé mon tour à vélo tranquillement, j’avais presque froid dans les zones où il n’y avait pas de soleil et la nuit commençait à tomber. Ce que je n’avais pas réalisé c’est qu’on était en montagne mine de rien ! Quand le soleil se couche à 17h, la température chute. Qu’est-ce que j’ai ri intérieurement de ma bêtise de ne pas avoir pris de gilet pour attendre le train du retour sur le quai…

Arrivée à Tokyo, je n’avais plus froid, on n’était plus en altitude mais en ville, je m’étais réchauffée dans le train avec un ekiben pris au vol dans une échoppe de la gare. 🙂

Mont Fuji visible à partir du Lac de Kawaguchiko
Prendre les train JR de Tokyo jusqu’à Otsuki.
Otsuki – FujiKawaguchiko : 1170 yens
Durée : 2h30

Location de vélo : Sazanami
400 yens de l’heure, 1500 yens la journée

Il y a aussi le Fuji Excursion qui part de Shinjuku.