Quelques nouvelles et puis … la montagne

Aperçu des rayons du soleil malgré la montagne

Janvier et février sont passés à une vitesse impressionnante, j’ai continué à écrire de mon côté mais je n’avais pas publié grand chose.

Cela fait maintenant un an et trois mois que j’entends à nouveau avec mes implants cochléaires. J’ai toujours régulièrement des réglages pour mes processeurs et des séances d’orthophonie qui me donnent cette sensation d’être sur un palier d’évolution ces derniers mois, j’ai pas l’impression de progresser en terme de reconnaissance de bruit, d’écoute. Peut-être que tout se fait inconsciemment.

J’ai repris le travail en janvier à mi-temps, la réadaptation au bruit se fait progressivement encore aujourd’hui. La première matinée a été éprouvante pour moi à tel point que quand je suis rentrée, j’étais en larmes. Mon cerveau a eu mal face à cette multitude de bruits que je ne connaissais pas, sans compter le fait que je voulais être à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de moi. Mon corps s’exprimait par le biais des larmes de fatigue.

J’ai essayé de me blinder psychologiquement, de prendre sur moi, parce qu’il n’est jamais facile de sortir de sa zone de confort. Ca reste encore difficile. Heureusement que la patience est de mise à la maison. Devoir réapprendre à vivre au quotidien avec une nouvelle audition. Réapprendre à reconnaître de nouveaux sons encore une fois, même environnement mais nouvelle audition.

Réapprendre à gérer le temps de transport avec son lot d’incivilités, de problèmes, ne pas paniquer, ne pas stresser, lâcher prise, c’est pas aussi simple que je l’aurais cru après tout ce temps passé.

Nous sommes en mars, ça va déjà mieux, je supporte davantage. Mais il me faut quand même me couper 30 minutes du monde sonore et dormir parfois (c’est variable selon le degré de fatigue sonore) pour pouvoir arriver à supporter les sons du reste de la journée.

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Let it snow ! Let it snow ! Let it snow !

Pieds sur mon tapis d'entrée noir avec l'inscription "Hello" parsemé de neige

Oh the weather outside is frightful
But the fire is so delightful
And since we’ve no place to go
Let it snow, let it snow, let it snow

Quand la neige tombe, on a tous le regard émerveillé face à ces flocons qui tombent. Ces gouttes de pluie qui se sont transformées en flocons, essayer d’en voir la structure quand ils tombent. Nous sommes toujours sous l’émerveillement face à ce phénomène météorologique qui est magique.

Le silence est de mise, les sons sont étouffés comme si on nous avait enveloppés de ouate. Une sensation agréable, pour moi qui ai du mal avec les bruits parasites. J’en ai pas eu aujourd’hui. Merci la neige !

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Petite victoire du jour !

« Le train va stationner en gare quelques instants ( — pas compris  gmlblblmblbmlflmmlb — ) Merci pour votre patience »

Petite victoire de ce midi, danse de la joie intérieure surtout j’ai pensé à une amie implantée sur Montréal qui a vécu la même chose il y a peu !

C’est peut être insignifiant pour vous mais pour moi c’est énorme, surtout que la plupart du temps le son du micro est dégueulasse.

Cela dit, ils pourraient mettre des bandeaux défilants dans les rames des trains (tout ce qui est sur voie ferrée), ce n’est pas un truc qui est énorme à mettre en place et cela pourrait servir à tous.

Je me devais de l’écrire ici, c’est un détail certes, je ne suis pas en capacité de comprendre quand je n’ai pas la personne en face de moi, encore moins en environnement bruyant. Mon cerveau est en plein apprentissage, le chemin est long mais quand il y a de telles victoires aussi minimes qu’elles puissent paraître, j’essaie de savourer.

 

Le carnaval des animaux

Je passe pas mal de temps à écouter des morceaux plutôt classiques. Généralement dans les transports, ça m’évite de supporter le bruit du métal qui claque, qui cogne.

Ce matin, j’ai failli rater ma station de métro, c’est pour dire…

Parfois c’est doux, parfois c’est puissant, parfois il y a du rythme.

Je viens de découvrir le Carnaval des Animaux de Camille de Saint-Saëns. Mon cœur balance entre les différents morceaux.

L’écouter un jour en concert, c’est une idée. Merci Skaiette pour toutes ces découvertes musicales, j’adore et j’en redemande !

N’hésitez pas si vous avez des albums, morceaux à conseiller, je suis preneuse 🙂

Retour au monde sonore : 1 an déjà !

Quand je relis ce billet qui date d’il y a un an, le 5 décembre 2016 je faisais mon retour dans le monde sonore grâce à l’activation de mes deux implants cochléaires. (Je suis dans une faille spatio-temporelle, hein, malgré l’actualité… triste entre autres avec Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday)

Joyeux anniversaire mes petites cochlées équipées d’électrodes qui retransmettent ces sons qui sont à la fois magiques et épuisants !

Nous sommes mercredi, j’ai un sentiment enfoui au fond de moi-même. Un sentiment que je n’arrive pas à définir. Depuis quelques jours, j’ai ce goût de métal dans la bouche comme l’an dernier. J’ai les tripes remuées depuis hier. Je m’en suis rendue compte à cause de la date anniversaire. Ce matin, je me suis réveillée avec un mal de tête, un étau qui te compresse le crâne. Toute la journée, il m’a suivi malgré les cachets.

Ce matin, j’étais toute chose. Les tripes, y’a rien à faire, attendre que ça passe.

Ce matin, seule et debout dans la cuisine, d’un seul coup, je me suis mise à pleurer. Pourquoi ces larmes ? Ce n’était pas de joie, de l’émotion, de la prise de conscience que cela fait que et déjà un an que cette journée particulière s’est passée. Ma gorge s’est serrée tout au long de cette journée.

J’ai tenté d’occuper mon esprit comme j’ai pu. D’ailleurs, n’hésitez pas à aller lire les billets du calendrier de l’avent des 24 jours de web qui a été mis en place par HTeuMeuLeu ! 😉 Continuer la lecture de « Retour au monde sonore : 1 an déjà ! »

Le bruit dans la cuisine

Photo de crêpière sur le gaz avec en fond un mur rose

Ce matin, j’ai préparé des crêpes.

Entendre le son du gaz qui arrive dans le conduit pour arriver sur le brûleur de la gazinière et entendre chaque trou s’enflammer à l’arrivée du gaz. Chose impressionnante que je n’aurais jamais pensé entendre un jour. Je ne pensais pas que cela faisait des sons.

Ou des bruits. Je n’arrive jamais à me dire que ce sont des sons mais le mot premier qui me vient à l’esprit est le bruit. Va falloir que je ressorte le dictionnaire, tiens.

Le son de la crêpière sur la gazinière, le métal qui s’entrechoque avec les grilles quand je la pose.

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Partie de billard : c’était il y a un an déjà

C’était il y a un an que je passais sur le billard au bloc.
C’était il y a un an que j’avais choisi le chemin de la bi-implantation.
À l’heure où j’écris mon billet, ils étaient en train de m’opérer où j’en ressortirai qu’à 22h sans pouvoir prévenir mes proches.
L’an dernier, à ma sortie de la salle de réveil, j’ai juste vu une infirmière qui m’a souhaité une belle vie sonore, je n’ai pas son nom, j’aurais bien aimé.
Quant à mes proches, je ne les ai pas vus quand je suis remontée dans ma chambre, même mon conjoint n’a pas pu monter, ils avaient refusé.
Je ne le verrai que le lendemain. C’est une chose qui m’a marquée et qui me remue encore les tripes aujourd’hui.

Déjà un an qui s’est écoulé. Garder que le positif de cette année qui vient de s’écouler, la première chose que je me dis est qu’est-ce qu’elle a été à la fois longue et courte.

Il y a eu des découvertes incroyables, formidables, aussi bien en sons qu’en personnes. Je n’ai pas perdu de sons en route, j’en ai découvert des nouveaux, retrouvé certains.

Des amis, j’en ai perdu en route mais j’en ai gagné d’autres. Et je les remercie d’être là aujourd’hui. Merci à vous de m’entourer si bien aujourd’hui. Merci à vous de m’aider à reconstruire mon nouvel univers sonore. Continuer la lecture de « Partie de billard : c’était il y a un an déjà »

Bavard comme une pie

Pies sur un rateau d'antenne

J’étais presque arrivée à mon domicile ce matin, je m’apprêtais à traverser le trottoir. J’ai entendu un son qui ne m’était pas inconnu mais qui n’arrêtait pas. Il était vraiment aigu.

Je me suis arrêtée. J’ai levé la tête, j’ai continué à avancer jusqu’à me rapprocher au plus près du son qui était aigu mais que je n’arrivais pas à remettre.

Une fois que j’eus mis un nom sur ce son si aigu et incessant, je suis restée peut être 10 minutes à l’écouter au milieu du trottoir. C’était drôle.

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#NonAuHarcèlement

Pour faire écho à l’enfance publiée ce matin sur mon blog, je me permets de rebondir sur le #NonAuHarcèlement. Encore une fois, une campagne qui me fait sortir de mes gonds parce que je suis aussi maman d’un petit garçon de 10 ans.

Ne connaissant pas vraiment l’origine de ma surdité, il aurait pu naître sourd lui aussi. Ce n’est pas le cas et il est quand même concerné par cette campagne. Mais je pense aux enfants sourds / malentendants, qui eux encore une fois, vont être oubliés puisque cette campagne ne comporte qu’un numéro principal :  le 3020 ainsi que 2 numéros verts (« Net écoute » et  « Non au harcèlement ») Continuer la lecture de « #NonAuHarcèlement »

Paris Web 2017, une superbe édition

Voilà une nouvelle édition qui vient de se terminer.

En 2010, j’avais un rêve c’était d’aller à Paris Web.

En 2011, mon rêve s’est réalisé, j’y suis allée en tant qu’oratrice, première fois où j’ai parlé devant un public. J’ai, par ailleurs, profité de la vélotypie et de temps à autre de l’équipe d’interprétation LSF.

Depuis 2011, il y a eu quelques personnes sourdes qui sont montées sur la scène, et j’espère qu’il y en aura d’autres. Merci Emmanuelle , Olivier et Stéphane ainsi que Sandrine et Fanny qui maitrisent la LSF.

En 2017, c’est un moi « en transition », mais j’ai préféré être avec vous que derrière mon écran.

C’est la deuxième année consécutive que je suis présente dans le staff, le cœur de l’association. En étant dans l’équipe d’organisation, on ne vit pas l’évènement de la même manière qu’un•e auditeur•e ou un•e orateur/oratrice (ne croyez pas que j’ai vu toutes les conférences, non, une seule, j’attends moi aussi avec impatience les vidéos sous-titrées – d’ailleurs je compte sur vous !).
Je ne vous dirai pas tout ce qui se passe dans les coulisses, ni dans les lieux fermés tenus au secret 🙂

Cette année, je n’ai pas été aussi présente que je l’aurais voulu, mais je suis heureuse d’avoir pu participer de loin ou de près (je laisse juge ceux qui sont concerné•e•s). Il y a toujours eu cette prise de conscience d’inclusion. Quand il y avait les réunions staff qui se déroulaient pour la plupart sur Skype, il y a toujours eu une personne qui synthétisait le tout. C’était suffisant pour moi pour suivre de loin les choses.

J’avais peur de ne pas y arriver.

Je suis contente d’avoir pu dépasser cette peur de la foule, du bruit ambiant avec mes nouveaux processeurs et la fatigue qui va avec.

Il est évident qu’il y a eu des moments où j’ai eu méchamment mal à la tête, où j’ai lâché prise, où j’ai craqué à cause de la fatigue, où j’ai pas pu suivre les conversations de groupe.

Je suis contente de m’être déguisée en bisounours rose et de voir qu’il était encore attendu par certaines personnes à l’apéro communautaire. Il ne faut pas croire que c’est facile pour moi de le faire, il faut juste se dépasser. Et je me rends compte qu’il fait finalement partie de moi, cet ours rose.

Je remercie les personnes qui ont osé venir me voir, échanger avec moi et parfois même me poser quelques questions qui étaient difficiles à formuler.

Je remercie les personnes qui m’ont soutenue en me disant qu’ils me lisaient, ça fait du bien aussi de le savoir et ça m’avait manqué ! (N’hésitez pas à me le dire des fois par mail, ça aide dans les coups durs, mine de rien)

Je remercie les personnes qui m’ont aidée à comprendre quand j’étais en difficulté pour comprendre.

Je remercie les personnes qui avec toute leur bienveillance ont partagé des moments de silence.

Être à l’accueil de l’évènement, 11 mois après mon opération : accueillir les gens alors que ma compréhension n’est pas parfaite, alors que je supporte difficilement le bruit, c’était un défi énorme pour moi personnellement, je suis fière de l’avoir fait.

Je remercie le staff de m’avoir fait confiance.

C’est un des meilleurs moments même s’il fût difficile de temps en temps à gérer.

Grâce à vous, je me suis encore une fois dépassée.

J’espère que cette nouvelle édition 2017 vous aura autant plu qu’à moi.

Note : le billet n’est peut être pas parfait, bien léché, mais il vient du cœur en toute sincérité.

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